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Prof à la gomme
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
(France télévision) En à peine quinze jours, un journaliste s'est fait engager comme prof de maths contractuel… sans avoir la moindre qualification. Sérieusement ! Les failles du système de recrutement de l'Education nationale mises en évidence par "Envoyé spécial".
Envoyé spécial. Prof à la gomme
Devenir prof de maths en quinze jours, avec un faux diplôme et en sachant à peine faire une mutiplication ? C'est possible, comme le montre cette plongée édifiante dans les failles du système de recrutement de l'Education nationale, diffusée le 3 novembre 2016 dans "Envoyé spécial".
"Tel que vous me voyez, je ne suis pas très rassuré", nous avoue Paul Sanfrouche avant de donner le premier cours de maths de sa vie. Il faut dire que pour le journaliste d''Envoyé spécial", 3 fois 8 font… soit 32, soit 21 ! Comment un tel cancre en calcul peut-il se retrouver devant vingt-cinq collégiens ? Où sont les exigences de l'Education nationale ?
Chaque année, 25 000 contractuels recrutés
Devant la pénurie de profs, elles ont été revues à la baisse. Plus besoin du Capes, le diplôme des enseignants, suivi de deux années de formation. En théorie, trois ans d'études dans la matière enseignée suffisent. Mais chaque année, 25 000 contractuels, c'est-à-dire des CDD, sont recrutés en urgence. Eventuellement via Pôle emploi, voire les petites annonces…
En tout, Paul Sanfourche aura postulé dans douze académies pour quatre matières dans lesquelles il n'a pas les compétences requises. Il aurait pu facilement enseigner le français dans l'académie de Créteil, la plus déficitaire − même s'il ne sait plus ce qu'est une proposition subordonnée relative. Ne restait qu'à remplir un dossier …
Des profs de maths très recherchés
Poussant l'expérience plus loin, le journaliste s'est inventé un MBA de finance décerné par une école bidon pour postuler à un poste de prof de maths. En voie de disparition, les enseignants dans cette matière sont particulièrement recherchés : leur effectif a chuté de 9% en neuf ans. Paul Sanfourche a donné cinq réponses fausses sur six questions posées lors d'un "entretien d'embauche" de huit minutes ? Il connaît tout juste le théorème de Pythagore ? Il n'a aucune expérience de la pédagogie ? Cela ne l’empêchera pas d'enseigner les maths.
Démonstration faite, Paul Sanfourche finira par démissionner, malgré l'administration qui tente de le retenir… car "la situation la pire, pour la proviseure, c'est de n'avoir personne en face des élèves". Aux dernières nouvelles, il n'a pas été remplacé.
Une enquête de Paul Sanfourche, Julien Ababsa, Karim Annette et Olivier Gardette, diffusée dans "Envoyé spécial" le 3 novembre 2016.




