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Non au quadrillage des quartiers populaires, au racisme policier et à la violence judiciaire qui couvre des violeurs
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Déclaration de Philippe Poutou.
Jeudi dernier, à la cité des 3 000 à Aulnay-sous-Bois, un banal contrôle de jeunes par des flics soi-disant « spécialisés » dans l’intervention dans les quartiers « difficiles » a dégénéré. Cette fois-ci c’est Théo, un jeune homme de 22 ans, qui se retrouve hospitalisé, avec 60 jours d’Interruption Totale de Travail suite aux violence des flics qui ont été jusqu’au viol. Son crime ? Ne pas avoir laissé un policier gifler un gamin !
Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Alors que les 4 policiers ont été placés en garde à vue pour viol en réunion, le parquet de Bobigny a requalifié, hier, en « violences avec armes par dépositaires de l’autorité publique » sous le prétexte hallucinant que « le coup n’aurait jamais dû être porté, mais il n’y avait en revanche aucune connotation sexuelle, ni volonté d’humiliation », selon une source proche de l’enquête citée par Le Parisien. Depuis quand un viol est-il qualifié par la revendication du violeur ? Comment peut-on oser dire qu’il n’y a pas de volonté d’humiliation quand un jeune homme interpelé se retrouve avec son pantalon sur les chevilles et qu'un coup de matraque est porté horizontalement jusqu'à provoquer une "plaie longitudinale du canal anal, profonde de 10 centimètres, ainsi qu'une section du muscle sphinctérien" (comme on peut le lire dans ; target="_blank">un article publié sur le site de RTL) ?
La colère est légitime et elle est immense à Aulnay, à tel point que même le maire, pourtant ardent défenseur des policiers, ex « Monsieur Police de Sarkozy », s’est fendu d’une déclaration, affirmant que « cette requalification est vécue par les Aulnaysiens comme un détournement de vérité ».
Finalement, le juge d’instruction chargé de l’enquête a pris en compte cette colère et poursuit un des policiers pour viol.
Comme dans l’affaire Adama Traoré et les poursuites contre ses frères, après tant d’autres, le NPA, avec tous les collectifs qui luttent contre les crimes policiers (presque toujours impunis), exige la vérité et la justice pour Théo. Plus largement, les quartiers populaires ne doivent plus être des zones dans lesquelles les policiers peuvent impunément jouer les cow-boys, assurés d’un paratonnerre judiciaire ! Il faut en finir avec le quadrillage sécuritaire de ces quartiers, ainsi qu'avec le ciblage et les violences racistes de la police !
Pour le NPA, la police doit être désarmée, au contraire des mesures prises sans cesse ces vingt dernières années. Nous revendiquons également la dissolution de tous les corps spéciaux intervenant et réprimant brutalement dans les quartiers populaires (comme la BAC ou les Brigades spécialisées de terrain). Pour en finir avec les contrôles au faciès, qui sont le support et le prétexte à tant de violences policières, nous réclamons aussi la mise en place d'un récépissé à chaque contrôle (promesse de Hollande en 2012, aussitôt enterrée).




