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    Alger, les législatives du 4 mai n’intéressent personne

    Algérie

    Brève publiée le 30 avril 2017

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    Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

    http://mondafrique.com/alger-legislatives-4-mai-ninteressent-personne/

    Le 4 mai prochain, les électeurs Algériens sont invités à renouveler l’Assemblée Populaire Nationale. L’échéance ne semble pas intéresser les Algériens qui sont beaucoup plus préoccupés par la cherté des produits alimentaires touchés, ces derniers temps, par une flambée des prix jamais égalée à ce jour. A titre d’exemple, le kilo d’ail se vend (1800 DA) au 10ème du salaire moyen (18000 DA).

    Au-delà des préoccupations quotidiennes que constituent le chômage, la crise de logement et la cherté de la vie, les électeurs algériens sont blasés par la fraude massive des élections et l’intrusion grandissante de l’argent sale dans toutes les joutes électorales. Autant de « règles du jeu » parfaitement admises.

    Achats de conscience

    L’invasion de l’argent sale dans la vie politique algérienne vient d’être officialisée par le parti du pouvoir, le FLN, à travers son Secrétaire Général (SG), Djamel Ould-Abbès. Trois des enfants de ce dernier ont été accusés par les services de sécurité d’avoir en leur possession d’importantes sommes d’argents en Dinars et en Euros. Selon les informations receuillies, ils n’auraient nullement nié qu’ils marchandaient les listes électorales. Des listes que leur père, le SG du FLN, a validé sans la moindre hésitation.

    Cet évènement rapporté par un certain nombre de titres de la presse algérienne pourtant dociles, a été le coup de grâce porté à ce qui reste d’un électorat qui voulait encore croire à la régularité du déroulement du scrutin. C’est ce qui augure d’un taux de participation beaucoup moins élevé que celui de 2012 qui avait atteint à peine les 43,14% (chiffre officiel du Conseil Constitutionnel). Un chiffre que contestent nombre d’observateurs et de partis politiques de l’opposition malgré sa faiblesse.

    En 2012, sur 21.645.841 électeurs, le FLN a raflé la mise avec juste 1.704.047 voix pour devenir la première force politique du pays, suivi par le RND qui a récolté 524.057 voix. Le FFS de feu Aït-Ahmed 4ème force politique s’est contenté de 188.275 voix. Des chiffres qui reflètent parfaitement le divorce du peule algérien d’avec une classe politique éclaboussée régulièrement par des scandales de corruption, de népotisme et de détournements de deniers publics.

    Au dessus des lois

    Dernier scandale en date est à l’actif du vice-président sortant de l’Assemblée Nationale, Djamel Bouras. Ancien marchand ambulant dans les marchés du Nord de la France converti en exportateur de voitures d’occasion vers l’Algérie, ce député qui se présente comme beau-frère du président Bouteflika s’est permis de fouler au pied la loi électorale. Il n’a pas tenu compte de la décision prise par la commission des candidatures qui a refusé une candidate qui ne répond pas aux critères d’éligibilité et dont la carte de séjour d’une durée d’une année devait expirer le 12 avril, soit à quelques jours du scrutin.

    Les législatives du 4 mai ne feront qu’approfondir le fossé séparant le peuple algérien de ses gouvernants. Des gouvernants qui préfèrent la fuite en avant sans prêter la moindre attention aux appels pour une moralisation de la vie politique. C’est ce qui accentue le sentiment de « hogra «  (mépris) dont souffrent les Algériens depuis de longues années. D’aucuns s’attendent à un taux de participation plus faible que celui de 2012 qui était déjà bien en dessous de la moyenne.

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    http://www.francetvinfo.fr/elections/legislatives/les-algeriens-de-marseille-plus-interesses-par-le-duel-macron-le-pen-que-par-les-legislatives-en-algerie_2166838.html

    Les Algériens de Marseille plus intéressés par le duel Macron-Le Pen que par les législatives en Algérie

    La communauté algérienne de France est appelée aux urnes, à partir de samedi, pour les élections législatives en Algérie. À Marseille, le scrutin suscite moins d'intérêt que la présidentielle en France.  

    La communauté algérienne, établie à l’étranger, commence à voter samedi 29 avril pour choisir ses députés à l'occasion d'un scrutin organisé en Algérie, le jeudi 4 mai. À Marseille, où vivent 300 000 Algériens, la plus importante communauté de France, le scrutin ne suscite pas beaucoup d'intérêt. 

    La volonté d'abstention

    Au marché aux puces de la cité phocéenne, où se retrouve une grande partie de la communauté algérienne, les affiches et les tracts électoraux sont interdits pour éviter d'éventuelles tensions. Mais, dans la grande halle, de toute façon, de nombreux commerçants et passants ont décidé de bouder les urnes. "Je n'ai jamais voté. Je ne voterai jamais. Ce sont tous des menteurs, il n'y a que la racaille, que la magouille. Ça ne sert à rien de voter", lance un homme. Un autre confie qu'il "ne croit pas au système",donc qu'il ne votera pas. "Qui va gagner ? Ceux qui ont le pouvoir, l'armée ! Je ne vote pas !", s'indigne encore un autre client.

    "Je me sens plus Française"

    Beaucoup de défaitisme et d'amertume chez ces Algériens et Franco-Algériens qui, souvent, se sentent plus Français qu'Algériens, comme Samia, vendeuse de vêtements musulmans : "Je ne vais pas voter parce que je m'intéresse plus au pays dans lequel je vis, la France. C'est vrai que je n'ai pas le regard sur l'Algérie. Je me sens plus Française. Mon père va voter, c'est important pour lui mais moi, je ne me suis jamais intéressée à la politique."

    Dans la boutique voisine, Mourad possède la double nationalité, mais il se "considère plutôt comme Français car je suis issu de la deuxième génération". "Je ne suis jamais allé voter de ma vie pour les élections algériennes. Je suis toujours allé voter pour les élections françaises, depuis que j'ai 18 ans. Donc, cela veut dire que je ne me sens pas concerné par ce qu'il se passe au niveau politique en Algérie," explique ce quinquagénaire. 

    Je ne savais même pas qu'il y avait des élections en Algérie.

    Mourad, Franco-Algérien de Marseille

    à franceinfo

    Les rares qui se sentent concernés par ces élections législatives ne savent pas pour qui voter. "Le régime va changer un peu quand même. C'est obligé parce qu'on en a marre de la dictature. Moi, je veux qu'ils mettent des jeunes en Algérie", indique un homme âgé. "Combien de partis ? Je ne sais pas, une vingtaine à peu près", avance un autre quand son voisin admet qu'il ne connaît, "ni les partis, ni les candidats". En fait, les Algériens de Marseille semblent bien plus intéressés par la présidentielle en France que par les législatives dans leur pays d'origine.

    En France, les ressortissants algériens peuvent voter samedi 29 avril et dimanche 30 avril dans les 186 bureaux de vote mis à disposition de 8h à 19h. En revanche, le 4 mai, seuls les sièges des postes consulaires seront ouverts pour voter, de 8h à 19h.

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    http://www.iris-france.org/93338-elections-legislatives-en-algerie-quels-enjeux/

    Le point de vue de Kader Abderrahim

    En Algérie, la campagne électorale a débuté pour les élections législatives qui se tiendront le 4 mai prochain. Toutefois, l’indifférence de la population algérienne semble régner. Le point de vue de Kader Abderrahim, chercheur à l’IRIS.

    Quels sont les principaux enjeux liés à cette élection ? Doit-on s’attendre à ce que le Front national de libération (FLN) remporte de nouveau le plus grand nombre de sièges ?

    Le principal enjeu de cette élection réside dans la participation. Le pouvoir l’a très bien compris et use de tous les moyens à sa disposition pour tenter de convaincre les Algériens d’aller voter. En termes d’image, ce serait catastrophique pour ce régime à bout de souffle d’afficher un taux de participation inférieur à 30%. Il y a 5 ans, le taux de participation s’élevait à environ 33-35%, ce qui était déjà peu. Aujourd’hui, être en dessous du seuil des 30% signifierait que l’Assemblée n’a absolument aucune représentativité.

    Concernant le FLN, le nombre de siège qu’il obtiendra ne présente en réalité que peu d’intérêt. Ces élections ne servent ni à avoir une idée précise des rapports de force politiques internes du pays, ni à élire des gens représentatifs de la société algérienne. Elles ont plutôt une fonction d’affichage et de communication car elles ont vocation à être diffusées à l’extérieur de l’Algérie, pour pouvoir déclarer « on respecte un calendrier électoral et on organise des élections ». Le FLN a un jeu de répartition des tâches avec le Rassemblement national démocratique (RND), l’autre parti représentant le sérail algérien. Mais la question de savoir qui sortira majoritaire de ce scrutin n’est vraiment pas l’enjeu principal de ce rendez-vous électoral.

    Ces élections législatives permettent donc juste de gérer le statu quo et éventuellement, dans l’hypothèse positive, de donner une indication sur la manière dont pourrait se dérouler la succession du président. Pour résumer, les deux seuls enjeux sont donc la participation et l’éventualité de fournir un baromètre quant à la succession présidentielle.

    La révision constitutionnelle de 2016 octroie-t-elle une nouvelle dimension aux élections législatives ?

    En théorie, la réponse serait oui car cette révision constitutionnelle donnait davantage de prérogatives au Parlement. Cependant, dans les faits, celui-ci reste simplement et malheureusement une chambre d’enregistrement. Cela est principalement dû au fait que les députés ne sont pas représentatifs car ils sont désignés, plutôt qu’élus. Cela ne leur donne donc ni une légitimité, ni une assise sociale qui permettent de s’exprimer en s’appuyant sur des électeurs.

    Ainsi, on observe toujours une distorsion entre les textes et les faits. Or, il est préférable de s’attacher aux réalités plutôt qu’aux mots. Et la réalité, c’est que malgré cette réforme constitutionnelle, le Parlement n’a pas acquis la légitimité de représentativité qui devrait être la sienne.

    Les observateurs s’attendent donc encore à un fort taux d’abstention. Comment expliquer ce désintérêt de la population algérienne envers ces élections ?

    Pour toutes les raisons déjà évoquées, les Algériens se sont depuis longtemps détournés de la politique. À partir du moment où les élections ont une fonction de représentation du régime et non pas de représentativité de la société, pourquoi les Algériens se mobiliseraient-ils ? Ils disent constamment que la politique ne sert à rien, que les élus ne sont là que pour se servir eux-mêmes, etc.

    Il faut aussi rappeler que le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a été élu pour un quatrième mandat alors qu’il est malade et qu’il n’a pas fait campagne. Face à ce président « fantôme » et cette absence de représentation, 40 millions d’Algériens s’estiment humiliés et ne se sentent donc pas concernés par la vie politique.

    On assiste donc à une forme de désespoir social, qui s’exprime aujourd’hui de façon nihiliste par la violence des confrontations permanentes contre l’État et ses symboles. Il est très difficile de retisser le lien entre les Algériens et la politique. Or, le problème est que le pouvoir ne tente de le faire qu’au moment des échéances électorales. Les cinq années précédentes, le gouvernement n’a lancé aucune grande campagne de mobilisation ou de sensibilisation sur l’importance de participer aux élections et de s’inscrire sur les listes électorales. Aujourd’hui, ce n’est donc que soudainement que l’on assiste à une mobilisation du pouvoir sur ces questions. Une personne a même été traduite devant la justice pour avoir appelé au boycott. Dans ces conditions, difficile de considérer l’Algérie comme un État démocratique ou comme un État de droit.

    Certains petits partis d’opposition appellent à boycotter ces élections pour protester contre leur manque de transparence. Leurs craintes sont-elles justifiées ?

    Oui, c’est justifié et compréhensible. Ces partis considèrent qu’il n’y a plus rien à attendre de ce régime et que la participation aux élections a surtout pour vocation de le légitimer et non pas de participer à un processus démocratique. On peut donc certes comprendre ce boycott. Néanmoins, la politique de la chaise vide est toujours un mauvais choix. En effet, il est toujours important d’être dans l’arène, afin d’y faire valoir ses points de vue vis-à-vis de ses compatriotes et non pas seulement envers les représentants politiques. Il ne s’agit pas de porter de jugement de valeur sur le boycott mais de rappeler que le contexte rend important d’échanger et de profiter de toutes les occasions données pour diffuser ses idées.