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Wallonie (Belgique): le PTB (gauche antilibérale) s’envole à 25%
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Les socialistes, empêtrés dans leurs affaires de gouvernance, sont en déroute. L’extrême gauche en profite, en Wallonie et à Bruxelles.
Waterloo rouge. Si la politique belge, et singulièrement la francophone, est un champ de bataille, alors, ne cherchez pas qui va endosser le costume du grand perdant. Un sondage réalisé par l’institut Dedicated Research, avec des conditions identiques à celles d’autres baromètres (La Libre, RTBF), sur la période 23-27 juin, fait apparaître un véritable séisme politique: le PTB devient le premier parti en Wallonie et le Parti socialiste coule très profondément.
Ce sondage a été commandité et payé par le Mouvement réformateur (MR) au vu de l’absence des sondages habituels dans les médias. Le MR n’est bien entendu intervenu en rien dans les résultats bruts de ce sondage que nous vous livrons. Fait particulièrement intéressant, le coup de sonde a été réalisé la semaine dernière, soit une semaine après que le président du cdH Benoît Lutgen a débranché la prise des gouvernements régionaux. Les sondés ont donc également baigné dans les affaires de mauvaise gouvernance qui tournent en boucle dans les médias.
Avec l’affaire du Samusocial à Bruxelles et de Publifin à Liège, les casseroles de la mauvaise gouvernance ont été traînées trop longtemps par un Parti socialiste aujourd’hui exsangue et proprement ratissé par le PTB.
Quels sont les constats?
En Wallonie, c’est un séisme. Le PTB, si on devait voter aujourd’hui, serait ni plus ni moins le premier parti wallon avec 24,9% d’intentions de vote. C’est un bond de 19,4 points par rapport aux élections législatives de 2014. L’extrême gauche, portée par un médiatique Raoul Hedebouw, n’a jamais atteint de tels sommets en Belgique. À noter qu’en un seul trimestre, depuis mars dernier, le PTB a encore enregistré une ascension de 4,5%.
Le MR est le second parti wallon et se place avec 23,2% dans la roue de l’extrême gauche. Les libéraux ont légèrement profité du dernier trimestre (+ 0,5%) et affichent un recul de 2,6 points par rapport au scrutin de 2014.
En troisième position wallonne arrive le Parti socialiste. C’est sans précédent: le PS est pointé à 16% d’intentions de vote, une chute de 16% par rapport aux élections législatives de 2014 où les socialistes avaient enregistré un score de 32%. En Wallonie, c’est donc une déroute qui attendrait le PS si l’on devait se rendre aux urnes, puisque la moitié de ses électeurs se détournerait purement et simplement de lui. Les affaires de mauvaise gouvernance, l’indécision au sommet du parti, les tergiversations en matière d’éthique ont donc rattrapé le PS dans les sondages. Et de la manière la plus violente qui soit.
En troisième position wallonne arrive le Parti socialiste. C’est sans précédent: le PS est pointé à 16% d’intentions de vote, une chute de 16% par rapport aux élections législatives de 2014 où les socialistes avaient enregistré un score de 32%.
Ecolo est virtuellement 4e parti wallon. Les verts ont légèrement grimpé au cours du dernier semestre (+ 0,2) et depuis le dernier scrutin (+ 3,2%) et pointent désormais à 11,4%. Il est en revanche très important de noter qu’Ecolo dispose de la plus importante réserve de voix chez les indécis. 30% des indécis/électeurs flottants indiquent qu’il est "très probable" ou "possible" qu’ils votent pour Ecolo lors des prochaines élections – ce qui doperait considérablement les verts en Wallonie. Pareil pour les libéraux: 23% d’opinions favorables parmi les indécis et 21% pour le PTB.
A noter, côté wallon toujours, que le cdH pointe à 9,8% d’intentions de vote, stable sur le dernier trimestre, mais que la perte de 4,2% est sèche par rapport à 2014 où le parti scorait à 14%.
MR premier à Bruxelles
Fait historique, encore une fois, le Parti socialiste, parti de l’ex-bourgmestre de Bruxelles Yvan Mayeur et de sa collègue Pascale Peraïta, n’est désormais plus que le 5e parti bruxellois!
À Bruxelles, le MR a grimpé de 2% lors du dernier trimestre et est la première formation politique bruxelloise (20,7%), même si en recul (-1,2%) par rapport aux élections fédérales de 2014.
Lors d’une période secouée par l’explosion des affaires de mauvaise gouvernance liée au CPAS de la Ville de Bruxelles et au Samusocial, outre le MR, c’est Défi qui tire son épingle du jeu. Le parti d’Olivier Maingain campe désormais comme deuxième parti bruxellois (15,7% d’intentions de vote) et a enregistré un bond de 4,9% par rapport aux élections de 2014.
Fait historique, encore une fois, le Parti socialiste, parti de l’ex-bourgmestre de Bruxelles Yvan Mayeur et de sa collègue Pascale Peraïta, n’est désormais plus que le 5e parti bruxellois! Le PS pointe à 10,9% alors qu’Ecolo (12,5%) et le PTB (14,1%) sont respectivement en 4e et 3e place en Région bruxelloise. Ainsi le PS a-t-il perdu 14,7% d’intentions de vote puisqu’en 2014, il avait enregistré un score de 25,6% aux élections.
Si on votait aujourd’hui, il y aurait au Parlement fédéral 20 députés PTB et seulement 11 socialistes.
Le paysage politique belge, si ce sondage devait se vérifier, serait profondément bouleversé.
La N-VA demeure de loin le premier parti flamand et compterait 26 députés au Parlement fédéral, mais le PTB (20 députés) associé à son parti frère PvdA (6 députés) se hisserait au rang de la N-VA sur la première marche du podium.
Les libéraux francophones avec 18 députés seraient le troisième parti en Belgique. Reste à voir l’impact d’un tel sondage sur le Parti socialiste. Visiblement, la voie du durcissement à gauche n’est pas payante puisque le PTB rafle la mise. Un dilemme qui animera peut-être les discussions en marge du congrès que le PS consacre à la gouvernance ce week-end.




