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Chasse aux DRH : Muriel Pénicaud a annulé sa venue

Brève publiée le 12 octobre 2017

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

On peut aussi voir les saloperies de BFN-TV ici :

http://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/ultra-gauche-la-chasse-aux-drh-12-991261.html

http://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/ultra-gauche-la-chasse-aux-drh-22-991267.html

Chronologie de la journée

https://paris-luttes.info/chasse-aux-drh-muriel-penicaud-a-8835

  • 19h30 : Cinq personnes en garde-à-vue d’après les médias.
  • 14h30 : De nouveaux interpellé.e.s sortent du commissariat du 5e. Possibilité de se rendre devant.
  • #ChasseauxDRH, la préf’ ment. Le préfet Delpuech sur les traces de Cadot
  • Muriel Pénicaud, la ministre du travail, a annulé sa venue, et "ça n’a rien à voir avec la manifestation"...
  • 13h33 : D’après la pref, il y aurait eu 41 interpellations. Les personnes amenées dans le 5e étaient en fait 25, seule une d’entre elles n’est pas sortie, au moins trois autres ont été amenées ailleurs. Le quartier autour du commissariat est bouclé.
  • 12h40 : Une quinzaine de personnes interpellées. 4 sont arrivées au commissariat du 5e arrondissement. Ils sortent au compte goutte. La police fouille les bois.
  • 11h40 : Solidaires tient un point fixe, les flics sont en nombre et déployés. Quelques véhicules ont pris feu. Plusieurs personnes ont été interpellées ou sont actuellement nassées.
  • La permanence téléphonique de la Coordinaition anti-répression est active : 07 53 13 43 05

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http://www.lesinrocks.com/2017/10/12/actualite/chasse-aux-drh-nous-voulions-montrer-la-collusion-entre-le-pouvoir-et-la-classe-capitaliste-11996341/

Ce 12 octobre, à l'appel d'un collectif d'intellectuels et de militants syndicaux, un contre-rassemblement a empêché la venue de Muriel Pénicaud au Congrès des DRH, au bois de Boulogne. Le porte-parole de Solidaires, à l'origine de l'événement, nous explique ses motivations.

L'intitulé était volontairement humoristique, mais il n'a vraisemblablement pas faire rire la ministre du travail, Muriel Pénicaud. Ce 12 octobre, l'Union Syndicale Solidaires, ainsi qu'un collectif d'intellectuels et de militants syndicaux (dont Frédéric Lordon, Alain Damasio, Daniele Linhart, Xavier Mathieu ou encore Gérard Mordillat) ont appelé à une "chasse aux DRH" dans le bois de Boulogne, où se tenait le congrès des DRH (Engie, Bouygues, Michelin, Société Générale, Canal +, La Française des Jeux, Renault ou encore Orange étaient représentés). Alors que Muriel Pénicaud, autrefois DRH de Danone, devait s'y rendre ce matin-même, elle a annulé son déplacement.

Ils étaient une petite centaine à plomber l'ambiance de la fête annuelle des DRH ce matin, lors d'un rassemblement qui s'est soldé par "41 interpellations" pour "dégradations de biens privés" et "violences" contre les forces de l'ordre, selon la préfecture. Le porte-parole de l'Union Syndicale Solidaires, Eric Beynel, nous explique les motifs de ce happening politique.

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Quel était le motif de cette "chasse aux DRH" ? Qu’est-ce qui l'a déclenchée ?

Eric Beynel – Cet été, nous sommes tombés sur le programme de ce congrès de l’association des DRH. Non seulement le programme en lui-même était sévère dans les termes qu’il employait vis-à-vis des travailleuses et des travailleurs, mais en plus il se targuait d’inviter "la DRH de l’entreprise France" : Mme Pénicaud. Cela nous est apparu comme l’équivalent du Fouquet’s de M. Sarkozy : une ministre du Travail qui vient rendre des comptes à l’association des DRH, c'est-à-dire à celles et ceux qui l’ont mandatée pour casser le code du travail, comme elle le fait avec les ordonnances.

C’est cette collusion que vous souhaitiez dénoncer ?

Oui, une collusion entre le pouvoir en place depuis l’élection de Macron et la classe capitaliste. C’était la mise en lumière de cette réalité, qui se voulait bien évidemment discrète : il n’y avait pas eu de communiqués tonitruants annonçant la venue de la "DRH de l’entreprise France" dans la presse, tout cela se faisait en catimini au bois de Bologne, à 2700 euros les deux jours au Pré Catelan [un restaurant trois étoiles Michelin, ndlr]. On a saisi cette occasion pour braquer les projecteurs sur cet événement.

Considérez-vous ce contre-rassemblement comme un succès? 

Oui. Nous avons enregistré deux succès symboliques : d’une part l’association qui organisait le congrès a changé l’intitulé de son programme et a supprimé la notion de "DRH de l’entreprise France" pour la transformer en ministre du Travail ; d'autre part Mme Pénicaud n’est pas venue ce matin. L’objectif de notre mobilisation est donc parfaitement rempli. On a cru comprendre en revanche que la préfecture de police et gouvernement cherchaient à allumer des contre-feux rapides en parlant de nombreuses arrestations…

Il y aurait eu 41 arrestations en effet, dans la "mouvance contestataire" selon le communiqué…

Solidaires assume d’être une mouvance contestataire, en effet. On conteste radicalement les ordonnances et le pouvoir. Ce matin nous étions encadrés par des forces gendarmesques en nombre. On avait prévu de se retrouver avec celles et ceux qui avaient le temps pour un pic-nic autour du lac après le rassemblement, mais des gens qui sont partis en groupe ont été arrêtés pour des contrôles d’identité. Il y en a déjà au moins 25 qui sont sortis sur les 41 proclamés par la préfecture de police. Je parle donc de "contre-feu" : on peut prétendre avoir arrêté 41 personnes, mais encore faut-il avoir des motifs pour les conserver.

L’intitulé de votre événement pouvait prêter à confusion... 

C’est de l’humour, on n’avait pas d’armes ! Comme l'événement avait lieu au bois de Bologne, en période de chasse, on a joué cette carte, qui nous semble toujours un bon véhicule politique.

Ce type d'action directe rappelle "l’apéro chez Valls" organisé par Nuit debout l’année dernière. Pensez-vous que cette agit-prop soit efficace ?

En tout cas, elle prouve qu’en dépit des différences de stratégie qu'on peut avoir, nous partageons des objectifs communs. Et que sur ces objectifs, on peut agréger des forces que le pouvoir cherche systématiquement à diviser. Sa communication cet après-midi en est une nouvelle démonstration.

Le "cortège de tête" s’est mobilisé en votre faveur le 10 octobre, en distribuant des tracts. Pensez-vous qu’il peut converger avec le mouvement syndical traditionnel ?

On ne s’est jamais mis en opposition au cortège de tête, y compris sur ses formes d’action. D’ailleurs de nombreux militants de Solidaires sont dans le cortège de tête, de Sud-PTT, Sud-aérien ou Sud-Education. On s’est toujours considéré comme un outil au service du mouvement social. Pour nous l'ensemble du cortège constitue le mouvement social. On ne fait pas de distinctions. Ce serait une erreur stratégique que de le diviser.

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Quelles sont les prochaines échéances politiques et sociales pour vous ?

Nous appelons à une journée d’action le 19 octobre, avec la CGT. L’intersyndicale se réunit le 24 octobre, et elle doit pour nous lancer un appel clair et ferme pour une journée de grève interprofessionnelle au mois de novembre, contre les ordonnances. Il est impératif de construire une unité large et solide de tous ceux qui sont prêts à arrêter le rouleau compresseur capitaliste.

Propos recueillis par Mathieu Dejean