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Les Argentins manifestent contre les réformes économiques de Macri
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Les syndicats négocient avec le gouvernement pour des hausses de salaires afin de compenser la forte inflation annuelle, qui dépasse les 20 % depuis dix ans.
Plusieurs syndicats argentins ont lancé un avertissement au gouvernement en mobilisant des dizaines de milliers de personnes mercredi 21 février à Buenos Aires contre les réformes économiques du président de centre-droit Mauricio Macri. Les manifestants étaient 400 000 selon les organisateurs, 140 000 selon les autorités municipales.
« Le gouvernement méprise les travailleurs et hypothèque le pays en s’endettant », a déclaré à la tribune le chef de file du mouvement, Hugo Moyano, patron du puissant syndicat des camionneurs et principale figure syndicale du pays. Il met en avant la perte constante de pouvoir d’achat, alors que les syndicats sont en plein bras de fer avec les autorités pour négocier les hausses de salaires destinées à compenser la forte inflation.
L’opposition menée par l’ex-présidente Cristina Kirchner (2007-2015), affaiblie par les dernières élections législatives d’octobre, a mobilisé ses troupes mercredi, bien que Mme Kirchner et M. Moyano aient longtemps été en conflit.
Les plus démunis des 42 millions d’Argentins souffrent d’une forte hausse des prix. Depuis dix ans, l’inflation annuelle dépasse les 20 % dans la troisième économie d’Amérique latine. En arrivant au pouvoir fin 2015, Macri avait promis d’en finir avec l’inflation. La tâche s’avère plus ardue que prévu pour le président, qui file cependant vers une réélection en 2019.

Le chômage s’est également aggravé ces dernières années. Après une récession de 2,3 % en 2016, l’économie est repartie de l’avant en 2017, mais la croissance de 2,8 % n’a pas notablement amélioré la condition des Argentins. Le gouvernement table pour 2018 sur une inflation annuelle de 15 % (elle était déjà de 1,8 % pour le seul mois de janvier).
La corruption des syndicalistes
Pour Moyano, la manifestation est également une démonstration de force, alors qu’il est soupçonné par la justice de blanchiment d’argent. Président du prestigieux club de football Independiente, Hugo Moyano est un riche syndicaliste, comme beaucoup d’autres dirigeants syndicaux en Argentine.
Le président argentin a réagi en lançant une charge, sans les citer, contre les syndicalistes corrompus. « Nous souhaitons des solutions sans extorsion, sans comportements mafieux », a dit le président.
En janvier, le patron d’un petit syndicat d’employés administratifs de l’éducation, Marcelo Balcedo, a été emprisonné après que la police à découvert 6 millions de dollars en liquide dans des coffres-forts à son nom en Uruguay. Plusieurs syndicats importants, plus conciliants vis-à-vis du gouvernement, ont refusé de s’associer à la mobilisation de mercredi. Historiquement, les syndicats ont une grande influence dans la vie politique de l’Argentine, mais sans large union syndicale leur influence se dilue.
« Les syndicats sont la colonne vertébrale du mouvement péroniste », a rappelé l’ancien chef du gouvernement de Mme Kirchner, Anibal Fernandez. Depuis la dictature (1976-1982), les péronistes, inspirés du général Juan Peron (1946-1955), ont été au pouvoir de 1989 à 1999 et de 2002 à 2015.




