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Liens
Grèce: des écoutes révèlent les liens étroits entre Aube dorée et la police
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
De nouvelles preuves accablent des membres du parti néonazi, en procès depuis 2015, accusés d'attaques contre des migrants, des antifacistes, et de meurtres politiques.
Jugés depuis 2015, 69 membres du parti néonazi d’Aube dorée, qui compte 16 sièges au Parlement grec, sont accusés d’avoir dirigé une organisation criminelle. Lundi et mercredi derniers, une série d’appels téléphoniques et d’échanges par SMS a révélé des liens étroits et une coordination entre les membres d’Aube dorée et la police hellénique, y compris les unités antiterroristes et anti-émeutes. Ces appels, qui ont été enregistrés pendant les opérations d’écoute téléphonique par les services de renseignements, ont détaillé les communications entre les membres du parti au sujet, notamment, de l’assassinat du rappeur antifasciste Pávlos Fýssas, le 18 septembre 2013. Giorgos Roupakias, membre du parti extrémiste, avait alors reconnu l’avoir poignardé.
De l’attaque au meurtre
Créé dans les années 80, Aube dorée a été officiellement enregistré en tant que parti politique en 1993, avant de devenir le troisième parti du Parlement grec en 2015. Il a été accusé d’attaques généralisées contre des migrants et des opposants politiques, y compris du meurtre, en janvier 2013, de Shahzad Luqman, un travailleur migrant pakistanais de 27 ans.
Une grande partie des nouvelles preuves introduites lors du procès, qui se tient à Athènes, se concentrent sur les enregistrements de conversations impliquant Sotiris Develekos. Membre d’Aube Dorée, il est accusé d’être impliqué dans une récente attaque contre un centre social de gauche au Pirée et soupçonné d’avoir été en contact direct avec un policier de l’unité antiémeute, qui l’a informé du mouvement de manifestants lors d’une contestation antifasciste. Dans un autre appel téléphonique, Sotiris Develekos admet avoir fait disparaître les preuves de l’assassinat de Pávlos Fýssas.
Des crimes racistes en forte augmentation
A la suite de cet assassinat politique, le nombre de crimes de haine et d’attaques d’extrême droite a considérablement diminué pendant plusieurs années. Cependant, la police grecque a documenté l’année dernière une forte augmentation des crimes racistes, qui ont presque triplé par rapport à 2016. Beaucoup des attaques qui ont eu lieu en 2017 ont également été attribuées à d’autres groupes d’extrême droite, comme l’organisation Crypteia, jusqu’alors inconnue, ou encore Combat 18 Hellas, un groupe néonazi responsable de dizaines d’attaques contre des squats, des centres sociaux de gauche et Mémoriaux juifs.
Les échanges téléphoniques révèlent par ailleurs que Tasos Pantazis, leader d’Aube dorée dans la banlieue athénienne, se vante d’avoir été averti de l’identité d’un indic par un policier antiterroriste. Pantazis a par le passé été accusé d’être impliqué dans des attaques brutales contre des communistes, des antifascistes et des migrants. Dans un SMS daté du 12 septembre 2013, un haut fonctionnaire d’Aube dorée a déclaré que lui et d’autres membres du parti avaient attaqué des syndicalistes communistes dans deux quartiers du Pirée : «Ils sont sortis pour accrocher des affiches et nous les avons battus.» Avant de rajouter : «Quarante de nos gens les chassent maintenant.» Le verdict du procès devrait être rendu cette année.




