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Qui a tué Ben Barka ?
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
http://www.matierevolution.fr/spip.php?article5020
Le général De Gaulle : « Ce qui est sûr, c’est qu’il faudra établir la vérité et en tirer toutes les conséquences. »
Mais il s’en est bien gardé...
Le 8 novembre 1965, après avoir reçu un courrier de la mère de Mehdi Ben Barka, le président de la République lui fait répondre par l’ambassadeur de France à Rabat :
"Veuillez faire savoir à la mère de Mehdi Ben Barka que le général de Gaulle a bien reçu la lettre qu’elle lui a adressée et qu’il tient à l’assurer que la justice exercera son action avec la plus grande rigueur et la plus grande diligence."
L’Etat français n’a toujours pas livré et ne livrera pas son secret...

LES FAITS
Le 26 octobre 1965, Ben Barka, opposant politique marocain et un des plus importants leaders de la lutte d’indépendance, est interpellé à Paris sur le trottoir devant le cinéma qui jouxte le drugstore Publicis par deux hommes qui présentent des cartes de police.
Le 2 novembre, une instruction est ouverte par le juge Louis Zollinger. L’enquête est confiée à la brigade criminelle dirigée par le commissaire Bouvier. Il prend connaissance des premiers procès-verbaux et d’informations obtenues par le commissaire Caille. Celui-ci lui apprend le rôle de Figon et d’un nommé Antoine Lopez dans l’enlèvement. Il lui indique également que Ben Barka a été conduit dans une villa de Seine-et-Oise connue de Figon et que le général Oufkir serait venu chez Lopez le lendemain. Bernier, informé par des étudiants marocains, confirme que des allées et venues de voitures (dont un véhicule immatriculé corps diplomatique) ont été remarquées à Fontenay-le-Vicomte. Le même jour, le journal Le Monde signale que le général Oufkir "aurait fait une visite rapide à Paris dans la journée de vendredi (29 octobre)"
Le mercredi 3 novembre, le général Oufkir arrivé de Genève la veille, participe à un cocktail offert au ministère de l’intérieur en l’honneur de quatre gouverneurs marocains qui terminent un stage d’études de trois mois en France. Il y rencontre le préfet de police Maurice Papon et le ministre de l’intérieur Roger Frey. Il s’envolera le lendemain pour le Maroc avec le chef de la police Ahmed Dlimi.
Se sachant recherché, Antoine Lopez, surnommé "Savonnette" ou "Don Pedro" se présente lui aussi, est entendu par la police et placé en garde à vue. En sus de son poste d’inspecteur principal d’Air France à Orly, Lopez est un "honorable correspondant" (informateur) du SDECE. Il est également l’indicateur de la Brigade mondaine (mœurs et stupéfiants) de la Préfecture de police à Orly. Il entretient parallèlement des relations suivies avec de hauts dignitaires marocains, dont le général Oufkir. Plusieurs truands parisiens comptent parmi ses amis. Ses nombreux contacts et les services qu’il leur rend lui vaudront plus tard d’être qualifié d’ "agent triple, voire quadruple". Lopez reconnaît avoir organisé "l’enlèvement" à la demande de "Larbi Chtouki", qui s’avère être un émissaire des services spéciaux marocains. Il pensait ainsi organiser un entretien privé et pacifique entre Oufkir et Ben Barka. En récompense de ce service, les Marocains lui auraient fait miroiter un poste important à la compagnie Royal Air Maroc. C’est Lopez qui a sollicité l’intervention de deux policiers, avec lesquels il entretenait des contacts professionnels. Il prend bien garde cependant de ne pas les nommer lors de ses premiers interrogatoires. Il dit avoir informé au préalable son supérieur au sein du SDECE le colonel Marcel Le Roy-Finville, chef du "Service 7".
Antoine Lopez était à bord de la 403 banalisée où sont montés Ben Barka et les deux policiers. Ils ont expliqué à Ben Barka qu’une importante personnalité marocaine voulait le rencontrer. Un nommé Julien Le Ny était également à bord. Lopez a guidé le véhicule vers une villa de Fontenay-le-Vicomte appartenant à Georges Boucheseiche, qui fait partie de ses relations et pour qui travaillent Le Ny, Jean Palisse et Pierre Dubail. Tous quatre sont des repris de justice qui ont été plusieurs fois condamnés par la justice française. Georges Boucheseiche est un ancien gangster. Il a fait partie de la Gestapo française et a rejoint en 1946 le Gang des Tractions avant, en compagnie notamment de Pierre Loutrel (dit Pierrot-le-fou) et Jo Attia. Il a été condamné pour le recel du cadavre de Loutrel, puis a fait plusieurs années de prison pour avoir racketté un diamantaire pendant l’occupation. Dans les années 1950, il s’est converti dans les hôtels de passe et les maisons closes, à Paris et au Maroc. Il est réputé avoir rendu des services à la DGER puis au SDECE lors de l’indépendance du Maroc et la guerre d’Algérie. Palisse et Dubail ont surveillé l’interpellation de Ben Barka, puis ont devancé la 403 des policiers à Fontenay-le-Vicomte.
Lopez indique qu’il a informé Oufkir de la présence de Ben Barka à Fontenay-le-Vicomte, puis l’a accueilli à Orly le lendemain à 17 heures, l’a conduit chez Boucheseiche et lui a laissé les clefs de sa propre maison sise à Ormoy non loin de Fontenay. Il mentionne également la présence à Orly d’un étudiant marocain nommé El Mahi. Le commandant Dlimi, directeur de la sûreté marocaine était arrivé peu de temps auparavant en compagnie d’un policier marocain nommé El Houssaini. Le lendemain à 5 heures du matin, Lopez raccompagnera Oufkir, Dlimi et El Houssaini à Orly. Oufkir s’envole pour Genève, Dlimi et El Houssaini pour Casablanca.
Mehdi Ben Barka assassiné le 29 octobre 1965 avec l’aide du gouvernement français




