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Gilets jaunes : a-t-on vu des «sulfateuses» à acide dans les manifs, comme le dit un syndicaliste policier ?
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Des syndicalistes policiers se sont confiés à France Bleu à propos d'équipements utilisés contre eux par certains manifestants. Mais les preuves font défaut.
Question posée par Pierre le 01/03/2019
Bonjour,
Deux jours avant l’acte XVI des gilets jaunes (qui s'est tenu le 2 mars), un CRS du syndicat Alliance s’inquiète de la manifestation prévue à Nantes, où il sera déployé. Il déclare à France Bleu Loire Océan: «On sait qu’on va ramasser des boulons, des pavés et de l’acide. Certains manifestants ont une sulfateuse sur le dos et ils balancent de l’acide sur les forces de l’ordre.»
Vous nous interrogez sur la présence de «sulfateuse» dans les manifs des gilets jaunes. Cet objet, aussi appelé «pulvérisateur» en agriculture, se compose d’un réservoir, parfois accroché dans le dos, et d’un spray qui permet de projeter du liquide. A en croire le syndicaliste d’Alliance, des manifestants l’auraient donc utilisé pour pulvériser de l’acide sur les forces de l’ordre.
Pas de remontées à la hiérarchie
L’auteur de l’article de France Bleu indique à CheckNews que sa source ne lui a pas dit où une sulfateuse aurait été utilisée.
Mais le délégué national Alliance des CRS, Johann Cavallero, lui, en est certain : «On a vu des pulvérisateurs à Nantes, lors des manifs de décembre, et avant au moment de la ZAD, ainsi qu’à Paris, en décembre et en janvier», assure-t-il à CheckNews.
Pourtant, selon la préfecture de Loire-Atlantique, l’usage de ce matériel «n’a pas été constaté à Nantes». De son côté, la préfecture de Paris explique n’avoir reçu aucune remontée du terrain dans ce sens. Au niveau national, le service d’information et de communication de la police nationale (Sicop) confirme: «On n’a pas recensé cette pratique.» Même son de cloche, enfin, à la direction centrale des CRS.
Le syndicaliste balaie ces contradictoires, assurant que ses informations viennent «du terrain». Et nous renvoie vers une autre source policière, qui requiert l’anonymat. Elle assure à CheckNews avoir eu «plusieurs» remontées de CRS sur le terrain, qui aurait été confrontés à cet équipement. Mais notre interlocuteur n'indique ni où, ni quand, ni combien de fois cette situation s’est produite. Il n’a pas non plus pu, pour l’heure, nous procurer de preuves matérielles ou de témoignages directs de la présence de ces sulfateuses en manif.
Comme CheckNews vous l’expliquait dans un précédent article, des jets d’acide ont toutefois été constatés, selon les parquets de plusieurs villes, depuis le début du mouvement. Au moins deux condamnations pour ce motif ont été prononcées par la justice contre des gilets jaunes, dans le Doubs et en Indre-et-Loire.
Lance-amarres : deux sources et deux dates
Un internaute nous a aussi saisis sur ce même papier de France Bleu, concernant la déclaration d’un autre syndicaliste : «"Désormais, [les manifestants] nous lancent des pétards scotchés avec des clous qui peuvent blesser, observe le secrétaire départemental Unité SGP FO, à Nantes. Mais, ce qui est très dangereux et peut même être mortel, c’est l’utilisation de lance-amarres. C’est un matériel très puissant qui envoie une fusée et qui a été utilisé lors de la dernière manifestation."»
Vous nous demandez si un fusil lance-amarre - qui sert aux marins à projeter un cordage sur une très longue distance - a été employé contre les forces de l’ordre lors du mouvement des gilets jaunes. Contacté par CheckNews, le syndicaliste interrogé par France Bleu maintient : un fusil lance-amarre aurait été utilisé contre des fonctionnaires de police le 23 février, au cours d’une manifestation de gilets jaunes, sans faire de blessé sérieux, à Nantes. De son côté, le Sicop rapporte l’utilisation d’un fusil lance-amarre, dans cette même ville, par un gilet jaune… le 22 décembre.
La préfecture de Loire-Atlantique assure n’avoir connaissance d’aucune de ces deux utilisations.
En résumé : deux membres des forces de l’ordre assurent, sur la base de témoignages qui leur ont été rapportés mais que nous n’avons pu vérifier, que des sulfateuses à acide sont bien présentes dans certains cortèges de gilets jaunes. Les préfectures des lieux concernés et les directions de la police disent n’avoir jamais eu de remontées en ce sens. Quant à l’utilisation de lance-amarres, elle a été par deux fois rapportée à Nantes (par un syndicaliste et par le Service com' de la police), à deux dates différentes, sans que la préfecture de Loire-Atlantique n’en ait eu connaissance, et sans que nous n’en ayons eu de preuve matérielle.




