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Algérie. Deux jours – le 19 et le 20 avril – qui marquent un moment clé
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

La manifestation du 19 avril à Alger commence
Par Meziane Abane
Les Algériens sont déterminés à sortir en masse aujourd’hui (19 avril 2019) afin de maintenir la pression pour le départ de ce qui reste du système. Après Belaïz et le départ imminent de Sidi Saïd et d’autres, ce sont Bedoui, Bensalah et Gaïd Salah qui seront appelés à partir. Entre-temps, Bensalah a adressé des invitations à une centaine de personnalités politiques et du mouvement en vue de «participer à une rencontre lundi 22 avril au Palais des nations». Le MSP (Mouvement pour la société et la paix) a déjà fait savoir qu’il «ne participera pas à la rencontre».
L’interdiction des manifestations et les interpellations arbitraires de militants, notamment à Alger, occupent les discussions des Algériens depuis deux semaines. Le caractère pacifique des manifestations du vendredi a été violé, non par les manifestants qui ont démontré encore une fois leur attachement au caractère pacifique de leur mobilisation, mais par les forces de sécurité qui représentent l’Etat.
Certains affichent des craintes quant à la suite du mouvement. D’autres rassurent et appellent au maintien de la mobilisation qui voit chaque semaine ses fruits, notamment avec les démissions en chaîne de représentants du pouvoir, dont celle de Bouteflika pour commencer, celle du président du Conseil constitutionnel perçue comme une victoire par les étudiants, mardi dernier, au moment même de la réussite de leur manifestation dans la capitale.
Les étudiants sont parvenus à franchir le barrage sécuritaire près de la Grande-Poste – lieu baptisé Espace des luttes – que des éléments des forces de maintien de l’ordre tentaient de leur interdire. Une chose est sûre: le comportement des policiers a changé depuis le septième vendredi, voire depuis le samedi 6 avril. On parlait déjà de l’interdiction des manifestations sans pour autant préciser la partie qui est derrière la décision.
A-t-elle émané de la police et sa tutelle, à savoir le ministère de l’Intérieur, tous deux soumis aux ordres du Premier ministre, Noureddine Bedoui? Car le chef de l’Etat par intérim, Abdelkader Bensalah, fraîchement installé, n’avait même pas encore pris officiellement ses fonctions. Cette interdiction était-elle la volonté du ministère de la Défense nationale et son chef d’état-major, Ahmed Gaïd Salah, que beaucoup qualifient de vrai détenteur de la décision politique depuis la démission de Bouteflika?
Les Algériens n’ont pas encore de réponse, mais ils ont eu, en contrepartie, des faits réels que les témoignages et les vidéos filmées sur place authentifient.
Respect
«Gaïd Salah se comporte en chef de l’Etat, parle à la place du chef de l’Etat et incite comme un chef de l’Etat au respect de la Constitution. L’armée doit laisser le peuple exercer sa souveraineté. Elle doit accompagner la transition et non la gérer», rappelle Saïd Salhi, vice-président d’une des ailes de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (Laddh).
Le chef d’état-major ne cesse de rappeler la relation de «confiance» entre le peuple et son armée, appelant au «respect de la Constitution et au non-recours à la violence contre le peuple». Il pointe du doigt «des parties obscures, comme il les appelle, dont l’ancien patron des services secrets, le général Toufik, et Saïd Bouteflika (frère de l’ex-président), qu’il accuse, de vouloir faire avorter la révolution des Algériens».
Il remet en cause le travail accompli par la police l’accusant elle aussi d’avoir failli dans la gestion des manifestations pacifiques et d’avoir cherché volontairement à «provoquer des affrontements avec les manifestants». «Nous avons donné des instructions claires et sans équivoque pour la protection des citoyens, notamment lors des marches», a-t-il révélé mardi dernier, lors de sa visite dans la région de Ouargla.
Ce qui est certain, c’est qu’il y a eu interdiction des manifestations depuis deux semaines. Plusieurs personnes, dont des manifestants et des journalistes, ont été arbitrairement embarquées pour être libérées des heures plus tard, parfois tard dans la nuit.
Le rassemblement des libertés organisé chaque jour à 17h au niveau de la Grande-Poste, à Alger, est réprimé depuis son initiation. Des militantes du Rassemblement Action Jeunesse (RAJ) et du Mouvement démocratique et social (MDS), interpellées dans ce rassemblement, le 13 avril dernier, ont été contraintes de se déshabiller à l’intérieur de la sûreté de daïra de Baraki (banlieue algéroise) par une policière, ce qui a suscité une vague d’indignation de la part des militants, de la société civile, des partis politiques et des internautes sur les réseaux sociaux.
Les routes qui mènent vers Alger ont été fermées aux gens qui tentaient d’atteindre la capitale afin de participer aux manifestations du vendredi. Vendredi dernier, des manifestants, dont des femmes et des enfants, ont été ciblés par des tirs de grenades lacrymogènes.
Certains ont même eu affaire à l’unité GOSP (Groupement des opérations spéciales) de la police nationale, dont le comportement a été qualifié par les manifestants de «très violent», ce qui a semé la terreur à Alger. Vendredi matin, plusieurs manifestants se sont vus confisquer leurs drapeaux berbères par la police.
Alors que beaucoup dénoncent une volonté du pouvoir, à travers sa police, de diviser les Algériens et de vouloir affaiblir la mobilisation en recourant à la violence, la police, contre toute attente, a démenti, refusant d’assumer sa responsabilité dans ce qui s’est passé depuis deux semaines, dont la décision d’interdire les manifestations comme en attestent ses communiqués rendus publics le 6 avril.
Anniversaire
Mais Gaïd Salah persiste, notamment quand il appelle à protéger les manifestants, lui qui affirme que l’armée va accompagner la transition dans le pays.
Le lendemain même, des éléments des services de sécurité ont pénétré à l’intérieur de l’université de droit, à Saïd Hamdine, et ont créé l’émoi dans la famille universitaire, ce qui a été confirmé par le recteur de l’établissement. Les deux parties se déresponsabilisent, ce qui mène à se demander qui est derrière ces interdictions et ces interpellations? Un expert en sécurité très au fait des arcanes militaires, qui a souhaité garder l’anonymat, tente à travers son analyse d’expliquer ce qui se passe: «L’incident de l’université de droit est le fait de Gaïd Salah qui est tombé dans la paranoïa de la France et des ONG étrangères. Il pensait que des éléments d’une ONG s’étaient introduits dans l’université, d’où l’intervention de ses éléments afin d’y faire face et de les interpeller. Sinon, il n’est pour rien dans l’interdiction des manifestations et les interpellations de manifestants initiées par Noureddine Bedoui. Je pense que ce dernier a pris cette décision pour des raisons techniques et non politiques. Il voulait que les éléments de la police se reposent quelques jours avant la marche du vendredi après tout le cumul de travail enduré avant même le début de la révolution.» Et d’ajouter : «Sinon, la relation entre Saïd et le général Toufik existe. Ces derniers veulent une transition pilotée par Bedoui, ce que refuse Gaïd Salah qui souhaite une transition sans l’actuel Premier ministre qui reste très proche de Saïd Bouteflika et de l’ancien pouvoir. Je pense aussi que Gaïd Salah se sent de plus en plus isolé. Il a eu l’accord de l’état-major pour tout assainir, mais aussi de se retirer à la fin de sa mission. Sauf qu’il souhaite aussi mettre un de ses proches à la tête de l’Etat avant de partir. Il y a réellement sabotage, d’un côté comme de l’un autre, contre la révolution du peuple. Mais les deux parties savent exactement qu’elles ne peuvent rien face à 20 millions d’Algériens. C’est la raison pour laquelle la mobilisation doit continuer. Le peuple vaincra sans doute.»
C’est aussi ce que pensent beaucoup d’Algériens. Ces derniers, notamment sur les réseaux sociaux, ne comprennent pas toutes ces accusations contre l’une ou l’autre partie, ces communiqués qui viennent affirmer ou infirmer telle ou telle position, du moment que le slogan des manifestants est clair et n’a pas changé. «Ils vont tous partir» ou «Yetna7aw ga3» (Gaïd Salah, le général Toufik, Bedoui, Bensalah, tout le système)! «Nous voulons une Algérie nouvelle», espère une militante sur les réseaux sociaux.
Les Algériennes et les Algériens sont déterminés à sortir encore une fois en masse. Ce week-end sera mouvementé, notamment samedi 20 avril, anniversaire du double Printemps berbère et noir [soulèvement en Kabylie et répression d’une grande brutalité en 2011]. La mobilisation est au rendez-vous. Quant au peuple, il est déterminé à aller jusqu’au bout. (Article publié dans El Watan, le 19 avril 2019)




