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Canicule, capital et macronie
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
https://aplutsoc.org/2019/07/01/canicule-capital-et-macronie/
Le fait politique du moment, c’est … la canicule. Car la violence de ce «coup de chaud» faisant découvrir les 40, 45° et plus à beaucoup de régions de France confirme et renforce l’urgence climatique, qui est une urgence politique.
Nos gouvernants le savent. Non pas qu’ils envisagent de réduire réellement les émissions de gaz à effet de serre. Il serait dans l’absolu facile d’interdire les vols de bombardiers, de rationaliser les transports aériens pour les réduire dans de grandes proportions, d’interdire les gros navires comme ceux qui menacent Venise de submersion, de stopper les feux de torchères pétrolières et les exploitations de gaz de schiste, de mettre en extinction en quelques années la production pétrolière et charbonnière tout en généralisant le solaire, l’éolien et les petits barrages, de sanctuariser en préservant les populations présentes les forêts tropicales, notamment – et le tout rapidement. Il n’y a aucun obstacle technique majeur à réaliser cela. L’histoire de l’humanité a connu, lors de guerres, de révolutions, de phases d’expansion économique ou de grands travaux, des entreprises par elles-mêmes plus difficiles.
Mais telle n’est pas l’intention de nos gouvernants, car ils sont mandatés par le capital, et que la combustion des hydrocarbures n’a pas pour finalité les besoins humains et sociaux réels, mais la reproduction et l’accumulation du capital. D’ailleurs, l’accord commercial qu’ils viennent de signer avec le Mercorsur de Bolsonaro est catastrophique pour l’environnement …
Donc que disent-ils et que font-ils?
Macron appelle «tout le monde» à agir, de manière indistincte : il va falloir «changer nos comportements». Il ne s’agit pas des pétroliers, ni des marchands d’armes et de leurs acheteurs, ni des firmes aériennes et navales. Il s’agit des gens, de la population, sommée de s’adapter. Ils veulent nous faire subir leur réchauffement, nous le faire payer, et en user pour relancer encore les modes d’accumulation du capital.
Un signe, encore peu remarqué, ne trompe pas. Dans les éléments de langage gouvernementaux et officiels, le «développement durable» est en recul. Cette formule tarte à la crème signifiait poursuivre le développement (du capital) tout en le rendant «durable» pour les générations futures. De plus en plus (et jusque dans les nouveaux programmes de Géographie de la réforme du lycée, qui, pour la première fois, intègrent explicitement la réalité et la centralité du réchauffement !!), cette expression est remplacée par une autre tarte à la crème : la «transition». Vers quoi ? Cela n’est pas dit. Il va falloir que «nos sociétés», il va falloir que «les populations», il va falloir que «tout le monde», accepte et intègre la «transition».
Qu’est-ce à dire ? Il se trouve que nous avons un ministre qui porte ce nom. François De Rugy est «ministre de la Transition écologique». Alors même que le louche Castaner, ministre de l’Intérieur, est obligé de demander une enquête à propos des violences policières commises contre un rassemblement pacifique exigeant des mesures réelles et rapides contre les émissions de gaz à effet de serre, M. De Rugy, ci-devant dirigeant «écologiste» (très similaire en son temps aux dirigeants actuels d’EELV), a déclaré quant à lui que «le temps n’est plus aux manifestations».
Pour lui le temps est à la répression et même le thème de la lutte contre le réchauffement … ou de l’adaptation forcée au réchauffement … enfin, bref, la fameuse tarte à la crème, la «transition», est un moyen de répression.
Cette utilisation cynique et potentiellement meurtrière de l’alibi de la «transition», transition du capital au capital en fait, participe pleinement de la dérive «illibérale» de la V° République macronienne en dehors de toute norme d’État de droit.
Les deux dernières semaines en France n’ont pas connu de vagues de manifestations comme à d’autres moments de l’année, et pourtant le niveau barométrique des violences policières est resté élevé. Outre cette inadmissible agression du 28 juin dernier au pont Sully, on a vu ces attaques nocturnes contre de jeunes fêtards à Nantes à l’issue de la fête de la musique, conduisant à la disparition de l’un d’eux, probablement noyé, et à un déni préfectoral semblable à celui qui concerne les violences policières dans tout le pays.
Nous aurons l’occasion de revenir sur les nouveaux développements de la crise de régime en France. Mais pour revenir à la canicule, rendons-nous compte qu’à l’échelle mondiale, l’alerte de l’année 2019 s’abat violemment sur l’Inde. Thème absent des récentes élections indiennes, c’est un coup de chaud à 50° que l’Inde a connu ces dernières semaines. Si cela se reproduit et s’aggrave, comme cela va être le cas si on n’agit pas au niveau global dans les toutes prochaines années, c’est l’existence de dizaines de millions, voire de centaines de millions, d’êtres humains qui est en cause. Tel n’est pas le sujet pour M.M. Macron, De Rugy – ou Modi (président indien).
«Sans révolution socialiste, et cela dans la toute prochaine période historique, la civilisation humaine toute entière est menacée d’être emportée dans une catastrophe.» On peut discuter, trouver ces mots (de Trotsky, 1938), datés, millénaristes, etc. (ils envisageaient en leur temps la guerre mondiale). Ils n’en sont pas moins adaptés au moment présent, à un point que leur auteur ne pouvait imaginer.




