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Une grève très puissante à la RATP
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Le « service minimum » anti-grève instauré par Sarkozy en 2007, gardé par Hollande et légué à Macron, ne fonctionne pas et c’est très bien ainsi. Mme Sibeth N’diaye est «solidaire dans sa voiture de fonction » (sic) des « otages » de la grève. Mme Pécresse (LR) et Berger (LREM) appellent à légiférer pour que l’on puisse réquisitionner les grévistes.
Les personnels se sont réunis en assemblée générale les jours précédents et ont fait de cette grève leur grève, décidant ainsi de sa réussite. La discussion sur la poursuite et sur la prochaine est engagée. Le syndicat UNSA en tête depuis les élections professionnelles de 2018 (où la participation baisse de 65 à 43% par la vertu du vote électronique qui isole les personnels, et où l’UNSA à 30,19% passe devant la CGT à 30,11%), déclare « Notre régime de retraite est la seule vraie compensation aux contraintes de service public que nous subissons quotidiennement. »
En effet. Et quand M. Édouard Philippe fait le malin en opposant le chauffeur de bus RATP qui a encore le droit de partir à 55 ans et le chauffeur de bus havrais, il met sans le vouloir en lumières le fait que le départ à 55 ans devrait concerner tous les chauffeurs de bus de France !
L’UNSA-RATP de fait dit là tout autre chose que l’UNSA, dont le secrétaire général Laurent Escure a été comme par hasard reçu par Macron la veille de cette grève : il se déclare « ouvert » à la remise en cause des « régimes spéciaux » et prétend ne pas vouloir engager de bataille perdue à l’avance. Autrement dit, il veut qu’il n’y ait pas de bataille : comme ça, les salariés auront perdu tout de suite. Ce n’est pas du réformisme, c’est de la politique : celle de Macron.
L’expression « régime spécial » est un leurre. « Il faut supprimer les 42 régimes spéciaux pour que règne l’égalité », nous serinent les éditorialistes en rangs serrés.
En vérité, il y a :
1) le régime général des retraites par répartition de la grande majorité des salariés, qui fait partie de la Sécurité sociale conquise en 1945 quand le pays était trente fois moins riche, complété par les régimes Agirc-Arrco, et qui consiste en un salaire mis en commun (que ce soit la part «employeur» ou la part «salarié») ;
2) le Code des pensions civiles et militaires des fonctionnaires dont l’existence est liée au statut de la Fonction publique que le gouvernement veut détruire, est lui aussi un salaire prolongé dû, dans ce cas, par l’État-employeur ;
3) les régimes dits « spéciaux » (SNCF, EDF, RATP, Ouvriers d’État …) … ne sont pas si « spéciaux » : comme les précédents, ils reconnaissent des droits garantis mais de plus, ils les complètent en raison des pénibilités et sujétions propres aux professions concernées. Les prétendus « réformistes » disent discuter « pénibilité » dans les « concertations » avec le gouvernement. Mais la prise en compte de la pénibilité, la voilà ! Macron veut la détruire !
Macron et Delevoye ne veulent pas « uniformiser », ils veulent détruire : leur projet liquide le droit à la retraite ou à la pension garantis par la répartition des cotisations (salaire socialisé) ou par l’engagement de l’État envers ses agents (dans le cas des fonctionnaires).
Ce n’est donc pas un système « universel » mais un système individualisé, éclaté. Il n’y aura plus « 42 régimes » nous serinent les éditorialistes ignares.
Tu l’as dit, bouffi : il y en aura 65 millions !
Et sans aucune garantie de droits puisque chaque individu aura un certain nombre de « points » dont le montant sera variable en fonction des décisions annuelles du pouvoir !
Le plan Macron-Delevoye, c’est la fin du droit à la retraite, voilà la vérité.
Pourquoi la grève de la RATP ce jour est-elle ressentie comme un avertissement général ?
Parce que, loin d’être un mouvement particulier pour une cause « spéciale », elle annonce la nécessité et démontre la possibilité du Tous ensemble pour les retraites et contre Macron, indissociablement.
Si cela est possible, cela veut dire qu’il y a une perspective politique dans ce pays : celle de l’affrontement social général et central.
Venez en discuter avec Aplutsoc le dimanche 20 octobre 14h au Maltais rouge, 40 rue de Malte, Paris, métro Oberkampf ou République.
13-09-2019.




