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Argentine. Le temps du post-macrisme et de l’albertisme. Changement de rôles?
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Par Emiliano Guido
Le macrisme attend un miracle pour se faire réélire en octobre, mais les principaux sondages indiquent que ce qui est vraiment en jeu, ce sont les conditions dans lesquelles l’opposition va revenir. En même temps, Alberto Fernandez cherche à renforcer les apports en votes aux plans législatif, fédéral et des Etats. De plus, il vise, de manière plus ou moins couverte, à imposer sa propre voix au sein du Frente de Todos [la candidate à la vice-présidence, pour rappel, est Cristina Fernandez de Kirchner].
Albertisme et Macrisme
La deuxième phase de la campagne présidentielle argentine a commencé avant le 7 septembre, date officielle fixée par la justice électorale pour la reprise des spots publicitaires et des activités de propagande. Selon l’institut de sondage D’Alessio/Berensztein, l’image positive d’Alberto Fernández est passée à 46% et celle de Macri à 37%. Les chiffres les plus inquiétants pour le parti au pouvoir sont liés, selon les personnes consultées, sur la situation de l’économie: huit Argentins sur dix considèrent qu’ils sont dans une situation pire qu’il y a un an et sept sur dix rejettent la gestion économique de Mauricio Macri. Lorsqu’il s’agit de prédire quel sera le résultat électoral concret en octobre, les perspectives sont encore plus amères pour le macrisme. Selon Federico Gonzalez, l’un des rares sondeurs dont les prévisions sur le PASO [élections primaires obligatoires qui se sont déroulées le 11 août 2019] étaient proches de corroborer les résultats, Alberto Fernandez peut récolter un plus grand nombre de voix que sa compagne de campagne, l’ancienne présidente et sénatrice actuelle Cristina Fernandez, aux élections de 2011, où elle a remporté 54% des votes.
Face à ce scénario sans précédent, plusieurs doutes se font jour. Juntos por el Cambio [Ensemble pour le changement, coalition de Macri] a-t-il comme horizon l’échéance électorale d’octobre ou son objectif dans la phase actuelle de la campagne est-il de commencer à construire le post-macrisme? Alberto Fernandez devrait-il continuer à porter le costume du candidat ou se présenter comme président virtuel pour gagner en autorité, non seulement devant les Argentins, mais dans la grande maison Justicialiste [courant péroniste diversifié]?
Une question d’identité
Jorge Liotti, rédacteur en chef de la rubrique Politique du quotidien La Nación, a expliqué à Brecha que le gouvernement lui-même a plus d’une réponse à la première question: «Dans le parti au pouvoir, il y a des désaccords internes sur les enjeux de l’élection. Un secteur du gouvernement comprend qu’il y a encore une chance d’inverser le résultat des élections et propose donc de revenir à la stratégie d’une lutte franche contre le kirchnerisme. Toutefois, le secteur majoritaire de la Casa Rosada [résidence présidentielle] propose de donner la priorité à l’urgence économique et, en tout cas, de reprendre la campagne ayant pour objectif l’échéance du 27 octobre. Dans cette aile, on parle d’une force politique bien structurée post-gouvernementale. En ce sens, elle souligne l’importance de conserver le leadership du gouvernement de la ville de Buenos Aires, de la province de Mendoza et de certaines municipalités dans la province de Buenos Aires.
Jorge Liotti pressent un post-macrisme dans lequel le large éventail de couleurs de ses affiches actuelles se modifiera avec force, maintenant, au moment où les les décisions les plus sensibles seront prises par le petit cénacle des dirigeants effectifs: «La durabilité du macrisme sera également soumise au nombre de votes qu’il obtient en octobre. Si Ensemble pour le changement évite le désastre d’une crise économique profonde et évite également de passer au-dessous du seuil des votes obtenus en août, il aura probablement une chance de se consolider comme une option de ferme opposition. Mais, certainement, ce sera sous une forme différente, avec d’autres acteurs politiques et un leadership plus hétérogène. A l’avenir, je vois cette coalition avec moins de composantes du PRO [Parti proposition républicaine, formation de Mauricio Macri] «pures» à sa table de décision.»
Nicolás Tereschuk, politologue à l’Université de Buenos Aires, a averti Brecha que le macrisme, s’il redevient opposition, disposera d’une vraie une tribune, car, selon lui, Ensemble pour le changement a ciselé une identité politique, celle de l’anti-péronisme, avec de fortes racines sociales dans le pays: «Le non-péronisme a une identité et une base sociale claires. Reste à savoir si la coalition officielle reste politiquement unifiée ou si elle sera divisée après une défaite, comme cela s’est produit à d’autres moments de l’histoire. Et cette situation va dépendre, d’une part, de ce qui se passera au cours des prochains mois dans l’économie et, d’autre part, de la réaction du prochain gouvernement.»
La garde-robe d’Alberto
Que fera Alberto Fernández dans les semaines à venir? Liotti estime qu’«il traverse un passage politique très étroit»: «Lorsqu’il revêtira le costume de candidat et qu’il attaquera le gouvernement actuel, il le fera sur une tonalité très négative en matière économique et financière. Je ne pense pas qu’il abandonnera son rôle d’opposition dans la nouvelle phase de la campagne. Il ne cessera pas de critiquer le gouvernement, y compris à propos de mesures comme le rééchelonnement de la dette et le contrôle des capitaux. Or, ces mesures ont été proposées par lui et ont encouragé de facto le gouvernement Macri à les adopter.»
Enfin, pour le rédacteur en chef de La Nación, «il est encore trop tôt pour voir si l’albertisme [Alberto Fernandez] est né. Le schéma électoral de la coalition Frente de Todos est très large. Dans cette coalition coexistent des secteurs identifiés avec Alberto Fernández, mais aussi avec La Cámpora [organisation fondée par le fils de Nestor et Cristina Kirchner], et Sergio Massa, ainsi que des maires de l’agglomération de Buenos Aires, et des gouverneurs. Il s’agit d’une alliance très diversifiée, qui n’a pas encore été entièrement consolidée. Aujourd’hui, ils sont tous dans le même bateau dans l’attente du triomphe électoral, mais ce n’est que lorsqu’ils seront au gouvernement que l’explication commencera sur la répartition des quotas de pouvoir respectifs. Je crois qu’il y aura du désenchantement; certains l’emporteront sur d’autres. Mais j’insiste: pour l’instant, il n’existe pas de système de gouvernance consolidée a priori.» (Article publié dans Brecha, le 20 septembre 2019; traduction rédaction A l’Encontre)





