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Le Big Bang de Clémentine Autain passe la seconde

Lien publiée le 10 octobre 2019

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Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

http://www.regards.fr/politique/article/le-big-bang-passe-la-seconde

Trois mois après leur premier grand rendez-vous, les initiatrices du Big Bang, Clémentine Autain et Elsa Faucillon, entament leur Acte II : rassembler plus large encore la gauche et les écologistes.

Ils affichent leur union et leurs ambitions. Ce mercredi 9 octobre, sous le ciel d’automne de Paris, dans un café proche de la place de la République, Clémentine Autain (LFI), Elsa Faucillon (PCF), Guillaume Balas (Génération.s) et Alain Colombel (EELV) ont convié la presse pour annoncer les suites du Big Bang, initié le 30 juin dernier.

« Un parfum de Big Bang s’est développé » depuis cet été, avance la députée insoumise. Elle constate un « changement de ton », le fait que « des mots réapparaissent » dans la bouche des représentants politiques, notamment à l’université d’été de LFI à Toulouse ou encore lors de la Fête de l’Huma, ou encore dans plusieurs villes en vue des municipales. Mais si la gauche se parle, on reste très loin du compte.

Et pour cause : aux élections européennes, « personne n’a écrasé personne ». Ces élections ont dessinées une gauche divisée et faible : avec pas moins de six listes, pour un score cumulé de 32,52%. Sauf que la division conduit à l’échec. Et, pendant ce temps-là, l’extrême droite et l’extrême centre se partage le haut de l’affiche, seuls. Les 13% d’EELV n’auront fait que donner des ailes aux autruches. Clémentine Autain regrette les « tentations du repli partidaire et de l’hégémonie ». Long est le chemin.

Se rassembler pour contre le « duopole RN/LREM »

En trois mois seulement, Clémentine Autain déplore le renforcement de la « menace du duopole RN/LREM », l’extrême droite étant bien aidée par la « courte-échelle faite par Macron avec le débat sur l’immigration ». Un constat déjà opéré au sortir des européennes, un constat qui s’aggrave et qui pousse la gauche au rassemblement.

Le Big Bang présente alors deux scénarios : rassembler la gauche et les écolos ou bien laisser le champ libre au « fascisme à la française », pour reprendre l’expression de Guillaume Balas. « Il est urgent d’élargir », lance le représentant de Génération.s. Pour se faire, ils proposent de se faire « facilitateurs de la mise en mouvement d’une gauche éparpillée ».

Un « archipel ». Voilà la métaphore choisie pour illustrer l’état d’esprit. Un « espace commun et des îlots ». Et Alain Colombel d’ajouter qu’il ne faut « pas nier ou renier l’histoire de la gauche ni l’imaginaire écologiste, mais les fondre ».

Lier sans tambouille

Pas question de croire qu’il suffit de scander « rassemblement » pour que celui-ci advienne. Pas question non plus de faire une union qui ne serait que tambouille, que cartel des gauches, que soupe aux logos. Clémentine Autain veut que le Big Bang soit « un rassemblement sur l’état d’esprit et sur le contenu ».

Le projet sera sans nul doute décrié, moqué même, comme il l’a été à ses débuts. L’union de la gauche a mauvaise réputation. Mais les acteurs du Big Bang le martèle : il n’y a « pas d’autre issue que le rassemblement ». Depuis quelques temps, les tentations hégémoniques prennent le pas. Par facilité, par égo. Avec quels résultats ? Celui des européennes ? Pour contrecarrer celles et ceux qui seraient plus enclins à d’autres chemins, Guillaume Balas ne se fait pas d’illusion : il faudra leur « montrer que cette envie d’union existe », leur « démontrer qu’on ne peut pas gagner tout seul ». Reste à la gauche à « dépasser ses contradictions ».

Ne pas manquer (à) la société

La députée communiste Elsa Faucillon insiste sur un point précis : pendant que les partis de gauche s’écharpent sur des points programmatiques ou stratégiques, la société, elle, se mobilise. « Il y a des aspirations à des bouleversements. » Les gens n’attendent pas – plus – que les partis soient moteur. La défiance est bien installée et l’écart entre ce que les citoyens réclament à chacune de leur manifestation/occupation et ce que raconte le politique depuis des années ne cesse de se faire large.

Quand la jeunesse marche pour le climat, quand Extinction Rebellion agit de façon spectaculaire, où sont les politiques ? « Ils sont le symptôme de l’incapacité des forces politiques à être à l’écoute de la société, résume Alain Colombel. On veut effacer ce creuset et bousculer nos appareils. »Guillaume Balas insiste lui sur un point : « Syndicalistes et citoyens me disent très souvent qu’ils attendent de nous qu’on se rassemble, qu’on fasse notre boulot, pour pouvoir avoir des perspectives ». Et l’ancien député européen prévient : « À l’issue des municipales, il ne faut pas qu’on ait l’air de ne pas avoir été à la hauteur », sinon, la pente sera très raide en vue de 2022.

La présidentielle, au Big Bang, on n’élude pas le sujet. À l’instar de Clémentine Autain : « Ce qui est bien en politique, c’est d’avoir une stratégie au long court, pas une tactique en vue de la prochaine élection ». Et Guillaume Balas de préciser : « On ne peut pas se permettre d’arriver éclatés en 2022 et ainsi prendre le risque de voir le fascisme l’emporter ». Le ton est alarmiste. Il faut dire que la situation est grave. Urgemment. Pour toutes ces raisons, les membres du Big Bang espèrent voir fleurir des répliques de juin 2019, partout en France.