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À la RATP : du 13 septembre à la perspective de la grève générale illimitée
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Crédit Photo: Par Lundeux — Wikicommons
Depuis plusieurs semaines, la direction de la RATP a fait le choix d’une répression très importante contre les élus syndicaux impliqués dans la journée de grève du 13 septembre 2019. Le résultat de cette politique supposément intimidante a été au contraire de renforcer la détermination des salarié-e-s, syndiqué-e-s ou non, à combattre le projet de réforme des retraites ainsi que la casse de leur statut et la mise en concurrence des transports en commun en région parisienne.
Leur détermination s’est exprimée dans les rassemblements de solidarité avec leurs collègues visés par des sanctions, par exemple le 12 novembre en soutien à Ahmed Berrahal où nous avons filmé plusieurs interviews.
La direction recule
Ainsi, lors de ce rassemblement de soutien devant le dépôt de bus Flandre à Pantin, les prises de parole de collègues et d’élus syndicaux, ainsi que de syndicalistes d’autres secteurs et de militants politiques venus affirmer leur solidarité, ont été suivies d'un envahissement du département des ressources humaines. Cette action marquante ainsi que l’afflux important au rassemblement ont contribué à faire reculer la direction : alors qu’elle menaçait carrément de révoquer Ahmed, la sanction retenue au final a consisté en un seul jour de mise à pied. Et en même temps, la direction peine à justifier les nombreuses irrégularités constatées par Ahmed et les autres élus pendant leurs contrôles de sécurité, ce qui ne manque pas d’attiser la colère. À en juger par l’atmosphère des rassemblements, on peut d’ores et déjà être sûr que la grève sera forte à partir du 5 décembre 2019 et paralysera Paris.
Préparer le 5 décembre et les suites
La journée du 13 septembre a constitué une formidable démonstration de force qui a permis aux salarié-e-s de nombreux secteurs de relever la tête et de comprendre ceci : c’est de nous tou-te-s que dépend la défense du système des retraites ainsi que la préservation et l’extension des éléments de justice sociale conquis par les générations passées. C’est également l’action du 13 septembre qui a permis de lancer la perspective d’une grève à partir du 5 décembre contre le projet de réforme des retraites. Cette date, d’abord imposée par les salarié-e-s et les militants syndicaux de terrain à la RATP, a depuis été rejointe par des appels à la grève reconductible de nombreux secteurs puissamment organisés de la classe ouvrière comme la SNCF, EDF, les raffineries, les dockers de Marseille et du Havre ! D’autres secteurs, comme les hôpitaux, l’aviation et l’Éducation nationale, ont aussi lié leurs propres luttes à cette date et au combat d’ensemble contre la politique de casse sociale du gouvernement. Dans ces conditions, une grève générale illimitée, qui paralyserait le pays jusqu’à ce que Macron à genoux abandonne sa réforme et démissionne, semble tout à fait possible à partir du 5 décembre.
Face à la désinformation et à la répression, c’est aux salarié-e-s de la RATP de diriger elles/eux-mêmes leur grève, avec des délégués, et un comité central de la grève. En élisant sur tous leurs lieux de travail des délégués au comité central qui ont leur confiance, en demandant des comptes à ces délégués tous les matins en assemblée générale, les grévistes auront la garantie de contrôler eux-mêmes toutes les décisions importantes.
Les salarié-e-s de la RATP ne pourront pas sauver leur régime spécial de retraite en restant isolé-e-s (ni d’ailleurs combattre efficacement la répression !). L’issue de ce combat dépend de l’unité de notre classe, de sa capacité à se battre contre le projet de réforme dans son ensemble. Il est donc important de tisser des liens avec les autres secteurs en lutte pour pouvoir aller jusqu’au bout. Il est particulièrement important de formuler des revendications qui unifient notre classe, comme le retrait pur et simple du projet de retraite et l’amélioration du système existant pour tout le monde, par exemple avec le départ à la retraite à 60 ans (55 pour les métiers pénibles) et le taux de retraite à 100% du meilleur salaire.
Enfin, les grévistes de tous les secteurs devront éprouver leur unité et leur force dans l’action. On peut s’attendre à des manifestations importantes malgré l’absence de transports en commun : dans celles-ci, la visibilité des secteurs les plus combatifs comme la RATP sera importante pour entraîner les autres dans la grève.
Victor





