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Toyota Onnaing (Nord): pour baisser les salaires, la direction s'attaque aux primes
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Ces deux dernières années, cette prime avait atteint environ 3 000 euros par an, la même pour tous, versée tous les trois mois. Même si une prime n'est pas assurée comme un salaire, les 700 ou 800 euros en plus chaque trimestre permettent à beaucoup de remettre à niveau le compte en banque et de payer des factures.
Lors de la première réunion, jeudi 29 novembre, la direction annonçait que, soit elle supprimait tout bonnement la prime, soit cette dernière serait soumise à de nouveaux critères... qui s'avèrent beaucoup plus restrictifs.
Devant l'indignation des délégués -- tous syndicats confondus, FO, CGT, CFDT, CFTC, CGC -- la direction a vite abandonné la suppression et avancé de nouveaux critères sur la sécurité, la qualité et la production, toujours aussi injustes qu'avant mais inatteignables, ceci comme condition pour avoir la même prime qu'avant. Ils entraîneraient donc une diminution d'au moins 2 000 euros par an. Le ton était donné !
Quant aux salaires, l'augmentation proposée est ridicule : 0,5 % d'augmentation générale, soit environ 7 euros par mois pour un salaire ouvrier. Les augmentations individuelles seraient au total de 0,4 %... Les loyers, le gaz, l'électricité, l'essence, la nourriture, augmentent bien plus que cela. Avec des augmentations pareilles, la réalité est qu'on s'appauvrit.
Bien entendu, la direction nous abreuve de soi-disant arguments comptables : TMMF (filiale française de Toyota) serait à découvert de 199 millions d'euros, le budget serait en déficit de 48 millions d'euros. Mais tout cela n'est que le résultat de procédés comptables entre Toyota France et Toyota Europe, pour tenter de justifier les sacrifices qu'ils veulent faire avaler. Toyota se débrouille pour mettre artificiellement les comptes de l'usine dans le rouge. Au bout du compte, les profits pour les actionnaires sont toujours au rendez-vous !
La réalité est que le groupe Toyota a cumulé officiellement 26 milliards de bénéfices en six ans. Il a donc largement les moyens de maintenir la prime, d'augmenter réellement les salaires et d'améliorer les conditions de travail par des embauches massives.
La direction tente évidemment de faire du chantage : si les syndicats ne signent pas l'accord avant le 31 décembre, il n'y aura plus d'intéressement. Et elle vient de sortir la vague promesse d'embaucher 160 CDI au cours de l'année... ce qui ne permettrait même pas d'embaucher tous les intérimaires.
Alors, depuis cette annonce, les discussions sont de plus en plus nombreuses dans les ateliers. Il n'est pas question d'accepter la baisse des rémunérations, et des groupes de travailleurs commencent à discuter de la préparation d'une grève.
Correspondant LO




