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Face au mépris de la métropole, les éboueurs de Marseille reprennent la grève
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
La grève des éboueurs repart depuis mardi à Marseille suite aux mensonges de la Métropole concernant un accord signé en décembre après un mouvement d'ampleur. Les travailleurs de la deuxième ligne protestent contre le refus d'une prime et le refus de la Métropole de les protéger face à la cinquième vague.

La grève des éboueurs repart à Marseille, après un vote en assemblée générale qui fait suite au préavis déposé lundi par Force Ouvrière (FO, syndicat majoritaire dans la profession).
En septembre et en décembre dernier, les éboueurs étaient en grève suite à la décision de la Métropole de Aix-Marseille Provence d’augmenter les heures de travail des agents de collecte dans le cadre de la l’application par les collectivités territoriales de la loi de transformation de la fonction publique votée 2019 et devant s’appliquer ce mois-ci .
Ces grèves avaient donné suite à un accord le 14 décembre dernier entre la Métropole et FO.
Aujourd’hui, FO considère que la Métropole ne respecte pas tous les engagements qu’elle avait promis de tenir pour mettre fin à la précédente grève. « Ce sont des revendications qui ont abouti, qui ont été accordées et qui devaient être listées avant Noël. Et à la rentrée, on nous a dit : ’non, vous n’avez rien compris’. On a affaire à des menteurs » explique Patrick Rué, secrétaire général FO des agents territoriaux au micro de BFM Marseille.
Deux éléments principaux suscitent la colère des agents marseillais. Le premier concerne la sécurité des agents durant cette période de pandémie. Force Ouvrière avait demandé un aménagement des horaires pour permettre aux agents de ne pas se changer dans les dépôts afin de limiter les contacts et la contamination au Covid-19, une protection légitime en pleine cinquième vague et alors que le variant Omicron circule plus que jamais, avec 464 769 nouveaux cas en 24h mardi dernier, le gouvernement continuant sa stratégie du laisser-faire.
« Les agents qui sont sur le terrain méritent d’être protégés (...) Aujourd’hui, quand sont publiés les chiffres sur le Covid, on voit qu’il y a des clusters régulièrement dans des secteurs et il semble qu’on s’en fout », dénonce Patrick Rué.
Les agents de collecte, travailleurs emblématiques de la « deuxième ligne » face au Covid, s’insurgent donc contre le mépris du gouvernement et contre la complicité de la Métropole qui ne fait rien pour limiter les contacts entre agents.
Le deuxième élément se porte sur la « prime de dimanche », qui devait être accordée aux éboueurs marseillais travaillant le dernier jour de la semaine et la nuit. Selon le secrétaire général FO, cette prime a été acceptée lors de l’accord de décembre. Or, FO dénonce un changement de comportement de la part de la Métropole depuis la signature de l’accord. « Elle a été accordée le 20 décembre, et le 4 janvier, on nous dit que finalement ce n’est techniquement pas possible. Ensuite, on nous a dit qu’on n’a pas l’argent. Pourquoi pas, mais si on a pas l’argent, on ne l’avait déjà pas le 20 décembre, ça veut dire qu’on nous a menti », dénonce le syndicaliste.
Une attaque de plus contre des agents dont les conditions de travail sont parmi les plus difficiles, qui ne connaissent pas le télétravail et qui tiennent la collectivité à bout de bras. Des conditions de travail difficiles auxquelles s’ajoute l’absence de soins : « à la métropole il n’y a pas de médecin du travail, par conséquent certains agent territoriaux n’ont pas de suivi médical depuis 2011 ou même 2008 » nous disait en octobre un des agents de collecte.
Ceci alors même que la pénibilité de ce travail nécessite un suivi important, allant jusqu’à deux visites par an. Face aux demandes des syndicats de recrutement « la métropole ne fait rien si ce n’est prendre des engagements avec des entreprises privées ».
Désormais, de nombreux endroits de Marseille sont concernés par le mouvement de grève. Selon Force Ouvrière, les secteurs des 4e, 5e, 6e, 8e, 11e et 12e arrondissements de la ville ont notamment arrêté le ramassage des déchets.
Cette mobilisation entre dans le cadre de la contestation des secteurs issus de la seconde ligne qui ont continué à faire tourner la société pendant la crise sanitaire. À l’image des grèves inédites dans le milieu de la grande distribution, du transport et dans certains secteurs de l’industrie, la grève des éboueurs portent sur l’augmentation des salaires et des conditions de travail dignes après été confronté à l’augmentation des prix mais aussi les réformes qui détruisent leur statut.
Comme le soulignait justement la CGT métropole Aix Marseille Provence lors du mouvement de septembre, seule la construction d’un rapport de force peut faire plier la métropole. Preuve en est que l’extension de la grève à d’autres communes en décembre dernier avait permis de faire plier la Métropole.
Dans ce contexte, il est nécessaire de faire le lien avec les mobilisations en cours dans la santé et l’éducation contre le protocole sanitaire bidon du gouvernement mais aussi pour plus de moyens matériels, humains et des conditions de travail dignes. Ainsi, c’est dans ce sens que la date intersyndicale du 27 janvier doit être construite afin de construire le rapport de force pour faire plier le gouvernement. L’ensemble des secteurs qui défendent les services publics, luttent pour leur salaires et pour obtenir des conditions de travail dignes doivent s’unir afin que toute la colère accumulée ces dernières années soit visible dans les rues.




