Ailleurs sur le Web [RSS]

Lire plus...


[RSS] Compte
	Blue Sky Compte
	Mastodon Youtube Page Facebook de la TC Articles traduits en castillan Articles traduits en anglais Articles traduits en allemand Articles traduits en portugais

Un mois de grèves et de luttes : Avril 2026

Lien publiée le 25 mai 2026

Blue Sky Facebook

Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

https://blogs.mediapart.fr/courant-de-lutte-transsyndical-et-interprofessionnel/blog/240526/un-mois-de-greves-et-de-luttes-avril-2026

Des grèves des ouvrièr.es de Samsung Electronics en Corée, jusqu'aux coiffeuses salon de coiffure Paris 10e

Chaque mois, nous vous proposerons une brève présentation des conflits qui se déroulent ou se sont déroulés dans la période en question, en France mais aussi à l’international.

Nous savons parfaitement que la liste qui suit n’est que partielle. Eh oui ! L’information sur les grèves et les luttes n’est pas la mieux partagée par les médias, il faut aller la chercher. Et pourtant, des grèves, il y en a ! En France, et ailleurs dans le monde, y compris dans des pays que les médias mainstream nous présentent comme les modèles à suivre, États-Unis ou Allemagne, car les salarié.e.s y seraient dociles, pas comme les salarié.e.s français.es "réfractaires"! Si vous avez des informations à nous transmettre à propos de votre grève ou d’une grève dont vous avez connaissance, n’hésitez pas à nous en faire part en nous écrivant à netournonspaslapage@gmail.com

Clôture rédactionnelle de cet article : lundi 18 mai 2026

A L’INTERNATIONAL

Allemagne

A la Lufthansa, ça grève encore ! Pour la 3e fois cette année, les membres d’équipage ont répondu à un appel à la grève lancé à 20000 agent.es dans la nuit du 9 au 10/4, si bien suivi qu’il a conduit à l’annulation de centaines de vols (90% ont été supprimés sur la compagnie mère et sa filiale CityLine, qui n’ont opéré aucun vol sur Munich et sur Francfort !). Aucune avancée obtenue de la direction, selon le syndicat UFO, en particulier sur les inacceptables dégradations des conditions de travail induites par la nouvelle convention collective (« surcharge de travail », « quasi-imprévisibilité » des plannings, « raccourcissement des préavis »).

Puis le syndicat des pilotes, Vereinigung Cockpit, a appelé à une autre grève, les 13 et 14/4, autour du conflit existant sur les retraites et sur les rémunérations. Le mouvement touche à la fois la Lufthansa et ses filiales CityLine, Eurowings et Lufthansa Cargo (fret). Les syndicalistes dénoncent, ici aussi, le refus de négocier des patrons. Des centaines de vols ont été annulés, mais il semble que plus de la moitié ait été maintenue. 43% des vols étaient annulés à Francfort le 13/4.

Belgique

Grève chez Bpost (la poste en Belgique) démarrée fin mars, et qui a duré au moins jusqu’au 24/4, face des attaques patronales. Plusieurs choses ne passaient pas auprès des travailleurs.ses jusqu’à la signature par les organisations syndicales d’un accord d’accompagnement des mesures patronales : les conditions de titularisation ; la modification des horaires de travail (avec des « horaires retardés » ayant pour conséquence de faire perdre un temps considérable aux agent.es en zone urbaine) ; la flexibilité des horaires au plan annuel en fonction de l’activité. Pour faire passer la pilule, les directions syndicales ont obtenu le passage du ticket restaurant de 8 à 10€ et le maintien du bonus annuel sur les bénéfices de Bpost jusqu’à 2027… En tout cas, cette grève a considérablement gêné l’activité de Bpost, avec des bureaux et des centres fermés. Bruxelles et la Wallonie ont été beaucoup plus touchés que la Flandre.

A Liège, à l’approche du 27/4, les enseignant.es du secondaire se sont mis.es en grève contre une réforme gouvernementale qui voudrait les obliger à travailler plus, en passant de 20 à 22 heures de service devant élèves, sans revalorisation salariale ; cela alors que les profs savent bien que 20h devant élèves seulement, c’est déjà au moins 40 à 45h de travail hebdomadaire au total.

Comores

Grève dans les stations-service de Moroni le 18/4, contre l’abus de position dominante de la société comorienne des hydrocarbures (SCH, société d’État) qui gère l’importation et la distribution d’hydrocarbures, et qui est soupçonnée de favoriser sa propre station-service.

Corée du Sud

A Pyeongtaek, 40 000 salarié.es de Samsung Electronics ont manifesté le 23/4 pour dénoncer une politique de rémunérations opaque et injuste et obtenir des hausses de salaires et des primes. Alors que les résultats de l’entreprise croissent de façon vertigineuse avec le développement de l’IA, le mécontentement grandit à la base face une direction qui ne pense qu’à satisfaire les actionnaires, et les syndicats exigent une hausse de 7% sur tous les salaires, des primes de productivité qui ne soient plus plafonnées, et 15% des bénéfices d’exploitation reversés aux salarié.es sous forme de primes. Si rien ne bouge, le syndicat majoritaire a annoncé une grève de 18 jours à compter du 21/5. Si cela se fait, c’est la production de composants essentiels à l’IA qui serait bloquée. Ajoutons que dans d’autres secteurs du conglomérat, ça commence à bouger : à Samsung Biologics, 2200 travailleurs.ses ont manifesté le 21/4 et fait grève à 75% le 1/5, pour… changer la structure décisionnelle de l’entreprise.

États-Unis

Menace de grève pour l’instant, mais qui ferait du raffut si elle se concrétisait, brandie par un syndicat qui représente 2000 salarié.es du service alimentaire du SoFi Stadium à Los Angeles. Un ultimatum qui porte sur la période même de la Coupe du Monde de foot, et qui a plusieurs volets : refus net de la présence de l’ICE sur place, une menace pour les travailleurs.ses étranger.es et les spectateurs.rices ; conditions de travail, avec la protection des emplois syndiqués, l’amélioration des conditions de travail et l’engagement patronal du refus du recours à l’IA et à l’automation pour remplacer la main-d’œuvre.

Inde

Dans un pays marqué par les difficultés économiques liées au blocage du détroit d’Ormuz (hausse des prix du gaz, de la nourriture, etc.) les conflits du travail se sont multipliés en mars-avril : alors que certain.es abandonnaient l’usine et rentraient au village pour dépenser moins, une vague de grèves et de manifestations a fait reculer les patrons. Dans l’Haryana, où l’industrie automobile est très concentrée, les ouvrier.es ont gagné 35% de hausse salariale.

Liban

Plusieurs syndicats du secteur public (civils et militaires) ont appelé à la grève le 27/4. Le ministre des finances venait de déclarer que le versement des rémunérations promises mi-février pour les fonctionnaires en activité ou en retraite. Une grève d’avertissement, présentée comme une première étape.

Royaume-Uni

Le 7/4, après avoir rejeté une proposition gouvernementale (+3,5% de hausse salariale cette année + des remboursements de frais d’examens obligatoires) présentée comme définitive, mais qui ne compensait même pas des années d’érosion salariale et d’effectifs insuffisants, les médecins résidents ont entamé une grève de 6 jours.

OUTRE-MER

Martinique

La grève des avocat.es a fortement touché la France, en ce mois d’avril. En Martinique aussi. Elle a démarré le 31/3 et y a été reconduite, avec un secteur pénal totalement à l’arrêt jusqu’au 20/4. A cette date les avocat.es ont repris le chemin des audiences, mais ont décidé d’un jour de grève « justice morte » par semaine. Les avocat.es dénoncent la Loi SURE, un projet très problématique de Darmanin, qui modifierait la logique de la justice criminelle. Les avocat.es refusent l’introduction du « plaider coupable » et la « justice Fast Food » qui, sous prétexte de désengorger les tribunaux, ferait courir un gros risque aux droits de la défense.

Depuis la mi-mars, grève des salarié.es de Transaglo : pas de bus ni de BHNS à Fort-de-France, Schoelcher et au Lamentin. Au cœur de la lutte, l’application (ou la non-application) d’un accord signé en mai 2025 sur l’harmonisation des salaires. L’interprétation patronale conduit à des rémunérations différentes à poste équivalent. A mi-avril, on s’orientait vers l’organisation d’un audit complet (financier, juridique, organisationnel et stratégique) du système de transport public martiniquais. Mais avant même de parler de reprise du travail, il faudrait déjà disposer de matériel en état de marche : après un mois de conflit, sur 53 bus, seule une vingtaine était en état de bon fonctionnement !

Polynésie

Début avril, le syndicat des personnels navigants techniques d’Air Tahiti déposait un préavis de grève, comprenant 6 revendications face à une direction qui n’a jamais voulu les entendre, concernant l’organisation du travail, la planification, les conditions de travail et de repos, les droits aux congés et la récupération entre deux services. La grève, illimitée, a démarré comme prévu le 10/4 (en début de week-end de fin de vacances scolaires), et elle a pris fin dès la signature d’un accord le dimanche 12/4 au soir.

A Mahina (Tahiti), un mouvement de grève a démarré le 10/3 à SIPAC (important importateur et distributeur alimentaire) impliquant 45 salarié.es sur 120. A l’origine de la lutte, une exigence de hausse salariale, un refus croissant des pressions internes, la dénonciation du non-respect de certains aspects de la convention collective du commerce, et la faiblesses des possibilités d’évolution dans la boite. La grève a pris fin le 6/4, un accord ayant été signé par le CSTP-FO et la direction.

Réunion

Comme en Martinique et ailleurs, la grève des avocats a eu un fort impact à la Réunion, avec une machine judiciaire au ralenti pendant plusieurs semaines, avec des audiences retardées.

Les personnels des cliniques privées, avec une coordination des 5 groupes hospitaliers privés présents dans l’île, ont démarré une grève illimitée le 20/4, pour des revendications salariales, une prime de vie chère (pour combler l’écart avec le secteur public) et de meilleures conditions de travail (en vrac : un manque patent de personnel ; trop de patient.es par soignant.es ; la volonté d’en finir avec le manque de reconnaissance et la grande souffrance au travail). Des piquets de grèves tournants (diverses cliniques) ont été organisés, ainsi qu’une opération escargot (non bloquante), après la fin de non-recevoir de l’ARS. Le 27/4, après une réunion avec la Préfecture, l’intersyndicale déclare : « On a trouvé un accord qui va être proposé au niveau national, la grève est terminée » !!! Cela concerne en particulier la prime de vie chère. Et la grève s’est arrêtée.

EN FRANCE

Métallurgie

Grève des 75 salarié.es de NDC Foundry à Rochefort (17) le 10/4, pour s’opposer à la fermeture de leur boite. Alors que leur patron bloquait la vente à un repreneur pour faire monter les enchères, la grève a poussé les élu.es du coin à faire pression sur le patron pour accepter l’offre qui lui était faite.

Industrie automobile

On savait depuis longtemps que, malgré ses dénégations mensongères, la direction de Stellantis avait décidé de sacrifier son site de Poissy. Avec un arrêt de production programmé d’ici 2028, causant la suppression de quelque 900 emplois, on entre dans le dur ! Cela, sans compter les emplois induits ou sous-traitants, dont le nombre cumulé est évalué à 3 fois le précédent. Et cela, en dépit des sacrifices consentis par les travailleurs.ses ces dernières années (travail gratuit le samedi, pendant les pauses…). Vue comme une première étape de la mobilisation, la grève massive du 23/4 s’est accompagnée d’une la manifestation de près de 500 personnes (grévistes et soutiens) devant la mairie de Poissy. Le même jour, des rassemblements se tenaient à Sochaux, Metz, Besançon, Vesoul… Vesoul qui devrait aussi perdre des emplois… transférés en partie à Poissy ! La CGT Stellantis annonce une autre action en juin.

Chimie

Mitsubishi a annoncé la fermeture de son site de Balan (01) d’usinage plastique et la mise au chômage des 35 salarié.es sur place. Alors que les profits de Mitsubishi sont à la hausse, les indemnités de départ proposées étaient minables, tandis que l’accumulation des plans sociaux dans la chimie rendent très difficile la reprise d’un emploi. Le 8/4, leur AG a décidé de la grève, averti les médias et établi la liste des revendications, notamment des indemnités allant jusqu’à 100 000€ selon l’ancienneté. La grève a duré 2 jours, Mitsubishi acceptant ces exigences.

Un appel à la grève avait été lancé par la CGT Argedis, filiale de TotalEnergies en charge du réseau. 200 stations-service étaient appelées à la grève le vendredi 17/4 (veille des départs en vacances en région parisienne). L’objectif : obtenir une aide au paiement du carburant de leurs salarié.es, alors que son prix explose. Lorsque la demande d’une augmentation salariale a été formulée poliment à Total, la direction a refusé ; puis elle a accepté de distribuer des miettes. D’où la grève !

Le 10/4, le groupe britannique Synthomer, spécialiste de la chimie de spécialité (ex-Goodyear), a vu éclater, dans les ateliers de son usine du Havre, une grève pour des embauches. Elle a été reconduite jusqu’au 16/4, avec 100% de grévistes parmi les travailleurs.ses en équipes successives alternantes. La grève a obtenu la création de 5 CDD et d’au moins 50€ sur le salaire de base.

Pétrochimie

Quelques jours avant la grève des stations Total (voir plus haut), ce sont les raffineurs.ses qui étaient en grève le 14/4, à l’appel de la CGT, revendiquant non seulement des hausses de salaires, mais aussi une baisse du prix des carburants, de les bloquer à 1,50€. Les sites de la Mède, Grandpuits, Oudalle et la plateforme Normandie ont participé, cette dernière avec vote d’une AG sur le piquet de grève.

Pharmacie

Sur le site Mirabel de Riom (63), les salarié.es de Fareva (sous-traitant et façonnier dans la pharmacie, parapharmacie, cosmétique…) se sont mis.es en grève le 27/4, après des NAO qui semblaient s’être conclues pas trop mal, mais dont l’issue a été remise en cause par la direction, qui décide alors la non-reconduction des effectifs en CDD, d’avoir des salarié.es en moins, d’intensifier le travail des autres. Cela alors que l’usure au travail et l’ambiance délétère entraine déjà un taux d’absentéisme de 12,5%.

Autres industries

Agro-alimentaire

Le groupe Cémoi produit du chocolat et des confiseries, avec une quinzaine d’implantations dans le monde, et en France, 9 plus 2 entrepôts. À Perpignan (66), malgré la bonne santé de la boite, la direction de l’usine (environ 400 salarié.es) a fait une proposition minable pour les NAO, bien inférieure au coût de la vie. Les syndicats ont appelé à la grève à partir du 7/4, suivie dans l’usine et dans les bureaux, pour exiger +1,7% pour tous.tes (la direction proposait 1,2%) et 1200 à 1500€ de prime annuelle. Un piquet s’est immédiatement mis en place. Face à une direction qui faisait la sourde oreille, la grève a duré jusqu’au 13/4, lorsque l’AG a voté la reprise du travail, plutôt amère !

Luxe

A Aulnay de Saintonge (17), le groupe Chanel a racheté en 2021 les Ateliers de May, où 70 à 90 salarié.es payé.es au SMIC ont débrayé fin mars et début avril, pour exiger 400€ d’augmentation de Chanel (3,5 milliards d’euros de bénéfice net en 2025 !)

Transports

SNCF et autres Rail

Une grève a touché les TER de la région Rhône-Alpes le 10/4. A Lyon-Perrache et Lyon-Part-Dieu, presque tou.tes les contrôleurs.ses étaient en grève contre le projet de passage, cet été, à équipement-agent-seul sur la ligne Mâcon-Lyon-Valence, ce qui veut dire à la fois des trains sans contrôleur.se à bord et 25 suppressions de postes. Ce jour-là, une autre journée de grève a été votée en AG pour le 23/4. Elle a eu lieu, et s’est accompagnée d’une manif.

Un autre sujet de mécontentement a conduit des cheminot.es à la grève le 23/4 : la fin annoncée des « visites avant expéditions » par lesquelles les agent.es vérifient que les rames sont vides de voyageurs.ses avant retour au dépôt. Encore une mesure d’économie qui joue avec la sécurité des usager.es et du personnel !

Transports aériens

Chez EasyJet, le syndicat UNAC (minoritaire) a appelé l’ensemble du personnel naviguant à une grève de 24h le 6/4, le lundi de Pâques, en réaction à des NAO insatisfaisantes sur les salaires et des conditions de travail qui se dégradent (non-respect du planning, changements inexorables et remplacements en hausse, etc.) avec des équipages au bord de la rupture. Le syndicat dénonce l’immobilité de la direction. Les 6 bases EasyJet en France ont été touchées le 6/4 : Orly, CDG, Nice, Lyon, Bordeaux et Nantes, mais la direction se targuait de n’avoir annulé que trois vols.

Frêt / transport routier de marchandises

A XPO Logistics à Cuisery (71), après une première manche le 2/4, une vingtaine de salarié.es se sont mis.es en grève le 7/4 dans un cadre intersyndical (CGT, Unsa, CFDT, FO) pour obtenir une revalorisation salariale, les NAO n’ayant toujours pas débouché sur un accord.

Cros-de-Montvert (15)

Les 27 et 28/4, les chauffeurs.ses de la Sopa (société qui exploite une usine de retraitement de cadavres d’animaux) ont fait grève contre leurs mauvaises conditions de travail. Pour bien faire leur travail, il faudrait plus d’effectifs et plus de camions. Faute de cela, il y a eu des burn-out. La grève a perturbé la collecte des cadavres d’animaux et impacté plusieurs départements (Cantal, Dordogne, Corrèze, Lot…).

Transports urbains

Brest

Après un préavis de grève reconductible déposé par la CFDT, la grève du réseau Bibus a démarré le 7/4 avec 83% de participation parmi les conducteurs.rices et des services de maintenance complètement paralysés. Là comme ailleurs, des salarié.es épuisé.es dénoncent un manque cruel d’effectifs. La grève s’est installée, sous la forme de 59 minutes par jour, et durcie avant la fin avril, les grévistes accusant la direction RATP-Dev de détruire la boite. Depuis le 27/4, la grève, c’est toute la journée, et la participation ne diminue pas. Les salarié.es en charge de l’accueil sont en grève aussi. Les grévistes exigent notamment des emplois en CDI et non en CDD, un plafonnement de la sous-traitance, le respect des accords d’entreprise…

Caen (14)

14 lignes du réseau Twisto ont été perturbées totalement ou partiellement le 10/4. A Caen, c’est RATP Dev qui exploite les transports en commun de l’agglomération. Ce jour-là, 108 conducteurs.rices d’un de ses sous-traitants, les Autocars Delcourt, étaient en grève pour des revendications de salaires et de primes (forte réduction des primes de nuit, suppression de primes en cas de changement de planning).

Laval (53)

Le 30/4, les salarié.es des TUL (transports urbains lavallois) étaient massivement en grève, perturbant fortement le trafic. Cela concerne, selon la CFDT (qui a lancé le mouvement), 80% des conducteurs.rices, des agent.es à l’atelier et des hôtesses à l’agence. A l’origine de cette grève, des conditions de travail de plus en plus dures, et des NAO tendues, avec une proposition patronale de 0,8%, vécue comme profondément injuste.

Paris-RATP

Suite à une proposition patronale de « hausse salariale » de 0,08% pour 2026, puis une journée de mobilisation CGT, une grève illimitée a démarré le 7/4 à l’atelier de Vaugirard de maintenance des équipements du ferré de la RATP, un mouvement qui touche une partie des 170 agent.es (dont 120 à la production) et qui est organisé en AG, très respectueux de la démocratie et de l’égalité dans la prise de parole, avec un piquet de grève qui se met en place tous les matins. Les grévistes luttent contre des salaires trop bas (face à une complexité croissante du travail) et des conditions de travail plus dangereuses et qui se détériorent, notamment avec le très détesté outil Magellan (Capgemini) de suivi de production. Les grévistes veulent une augmentation de 50 points, soit 327€ pour tous et toutes.

Quimper (29)

Le 29/4, le réseau de bus QUB de la ville a été touché par une grève qui a impacté 30% des lignes, sur la question des salaires et les conditions de travail qui se dégradent depuis la reprise par RATP Dev.

Secteur des services privés

Finance/banque/assurance

Grève à Mondial Assistance le 16/4 au Mans (72), face à deux menaces annoncées : des emplois en péril vu le développement de l’IA ; la délocalisation d’une partie de l’activité vers des plateformes d’assistances basées à l’étranger.

Informatique/logiciel/Nouvelles technologies

Le 7/4, chez Concentrix, un centre d’appels situé près de Vitré (35) et qui regroupe 440 salarié.es, les syndicats dénoncent un décision unilatérale de l’employeur, qu’ils jugent illégale, et qui conduit à casser encore plus les acquis (prime d’ancienneté, mutuelle). Sud et la CFDT ont appelé à une grève illimitée, la CFTC à débrayer. Quant au centre d’appels Concentrix de Montceau-les-Mines (71), il était en grève le 17/4, à l’appel de la CGT. Ici, alors que le climat de travail est de plus en plus tendu, les salarié.es ont appris ce matin-là que leur prime de participation, annoncée à 400€, ne dépasserait pas 50€.

Conflit depuis le 16/4 chez Linxens, dans une usine qui produit des connecteurs pour cartes à puces, basée à Buchelay, près de Mantes (78), et propriété d’une entreprise d’État chinoise depuis 2018. 100 des 188 salarié.es de la boite sont en grève et veillent jour et nuit à empêcher la production de sortir de l’usine. Depuis le rachat de l’usine, tous les acquis sociaux sont attaqués (polyvalence forcée, modulation horaire…) et des coups sont reçus quotidiennement (menaces de licenciement, surcharge de travail). Les grévistes exigent l’abandon des projets de régression sociale, une prime de 2000€ par salarié.e et de vraies garanties sur l’emploi local. Jusqu’à la fin du mois d’avril, la grève bloquait énormément la production.

Presse – médias – communication

Crise à La Tribune : le 7/4, les journalistes ont voté à 92% et avec une participation de 89%, pour un préavis pour une grève reconductible dès le 13/4. Ils et elles rejettent le PSE où seuls 32 des 56 postes doivent être recréés dans un nouveau pôle d’information économique après le rapprochement avec la chaîne BFM Business, filiale de CMA Media qui a imposé le PSE, et elle-même filiale du groupe CMA CGM, appartenant au milliardaire Rodolphe Saadé. Les grévistes veulent : préserver plus de postes ; un projet éditorial clair ; une forte hausse des conditions de départ. Suite à une insatisfaisante réunion du CSE le 13 au soir, la grève était votée à nouveau pour le 21/4, ce qui a eu lieu.

Pour le 21/4 aussi, la rédaction de Challenges avait voté pour un débrayage, à 88% et avec 89% de participation. Une grève pour la première fois depuis son lancement en 1982. Motif : 3 mois après le rachat du journal par LVMH, il n’y a toujours aucun plan d’investissements et de développement, et la charte d’indépendance a été solennellement dénoncée. Les grévistes exigent aussi, notamment, la fin du gel des embauches en CDI, et une concertation sur un lieu de déménagement.

Commerce-distribution

Chez Carrefour-Cora, le syndicat majoritaire, la CFTC, appelait les 17 000 salarié.es à débrayer le 1/4. Une grève déclenchée par le non-alignement des salaires Cora sur ceux de Carrefour depuis la reprise il y a près de 2 ans De plus les conditions de travaillent se dégradent. Le 1/4 à Remiremont (88) par exemple, une soixantaine de salarié.es tenaient un piquet devant le magasin.

A Monaco, c’est le 3/4 que Carrefour a connu un débrayage surprise avant appel à la grève le 4/4 pour les salarié.es de l’hypermarché. Cela, faute d’accord sur la prime d’intéressement et de participation.

Il faut aussi noter la grève, avec piquet et filtrage des camions, à l’entrepôt Carrefour Supply Chain de Sennecé-lès-Mâcon (73) à partir du 28/4, et à l’appel de l’intersyndicale CGT-CFDT. Les grévistes et leurs délégué.es sont exaspéré.es par le niveau des dividendes versés aux actionnaires, en comparaison des 10 à 15€ d’augmentations proposées lors des NAO, et exigent une autre répartition des richesses.

Marseille : les magasins Zeeman (1300 magasins,180 000 employé.es en Europe) ont vu leurs salarié.es faire grève les 8 et 11/4. Les grévistes (au SMIC) réclament une hausse des salaires et un 13e mois.

Nettoyage – Traitement des déchets

A Grenoble (38), grève victorieuse début avril pour 9 salariées et 1 chef d’équipe de DESPS, chargé.es du nettoyage de 3 EHPAD de l’association « L’Arbre de vie », face à des conditions de travail qui se dégradent depuis le rachat d’Elior par Derichebourg (propriétaire de DESPS) et au management toxique (heures impayées, retenues indues, contrats non signés…). Les 3 EHPAD se sont rejoints dans la grève. La goutte d’eau : le patron de l’agence et une cheffe ont convoqué des travailleuses pour pause trop longue, alors qu’elles attendaient le paiement de leurs heures depuis des mois !). Après 7 jours de grève, ladite cheffe a été mise à l’écart, les manques salariaux ont été réglés, et la surcharge de travail va être étudiée.

Grève à partir du 29/4 d’une partie des 193 travailleurs.ses du site de gestion et de traitement des déchets de Triade Électronique, près d’Angers (49), à l’appel des syndicats. Après l’échec des NAO, les grévistes exigent entre 2 et 3% de hausse salariale et une reconnaissance de l’ancienneté.

Éducation

Inter-degrés

A partir du 31/3 et début avril, semaine de mobilisation nationale dans le 1er et le 2nd degré, avec une forte participation des AESH, dans un cadre intersyndical et contre l’austérité dramatique qui sévit.

Premier degré

Exemple : à Lavaur (81), grève bien suivie le 2/4 dans le 1er degré, avec rassemblement (100 personnes, enseignant.es, parent.es et élèves) contre les suppressions de classes à la rentrée 2026.

Second degré

Au lycée Voltaire d’Orléans (45), plus de 40 enseignant.es se sont mis.es en grève le 9/4, alors que leur établissement perd 100 heures d’enseignement à la rentrée prochaine, ce qui implique notamment la fermeture d’une classe de seconde.

Supérieur

Le 2/4, personnels et enseignant.es de Paris 1 ont fait une grève, bien suivie dans tous les services, et soutenue par des étudiant.es, contre l’austérité et les mesures réactionnaires dans les universités. La crise dans l’enseignement supérieur et la volonté gouvernementale de la faire payer aux étudiant.es étranger.es (droits d’inscription accrus) ne passent pas, alors que la dégradation des conditions de travail et la souffrance au boulot s’étendent. 200 grévistes ont rédigé un cahier de revendications, remis à la présidence (fin des frais d’inscription différenciés ; internalisation des métiers sous-traités ; paiement des heures non-rémunérées ; à travail égal, salaire égal ; hausse des salaires, embauches massives ; contractualisation des vacataires). L’AG a décidé aussi de retenir les notes jusqu’au 9/4.

Santé-social

Travail social

L’Institut Méditerranéen de Formation (IMF), spécialisé dans le secteur du travail social et médico-social, connaissait une (nouvelle) grève le 3/4. Les conditions de travail et d’études des formateurs.rices se dégradent avec l’austérité. Le mécontentement grandit, la direction réprime, notamment pour éviter le renforcement des liens enseigant.es/étudiant.es, essentiel pour la suite.

Dans les hôpitaux

A Lyon (69), grève des urgences à l’hôpital de la Croix-Rousse, avec manif en ville le 2/4 : les grévistes dénoncent une qualité de soins dégradée et un épuisement des soignant.es, refusent des suppressions de postes et exigent du personnel (infirmière, aide-soignante, brancardier) pendant les travaux d’agrandissement de leur service.

Fin avril, c’est une grève dans 7 services qui a démarré dans les hôpitaux de Chartres (28) : urgences, réanimation, angiographie, SMR, cardiologie 3 et chirurgie viscérale, ainsi que dans l’EHPAD de l’hôtel-Dieu, où un manque d’effectifs est inédit et insupportable. Mobilisation particulière le 28/4.

Santé privé

Le 20/4, des employé.es de l’hôpital mère-enfant de l’Est parisien (propriété de la fondation de la Croix Saint-Simon, privé non lucratif) étaient en grève contre la probable fermeture de l’établissement et sa reprise par le secteur privé lucratif. Ceci vient en plus, selon la CGT, d’irrégularités comptables et d’un management autoritaire. La nature même de l’établissement, qui vise notamment à accompagner les parents (les mères surtout) dans la consolidation du lien parent-enfant en bas âge, est menacée.

Près de Nantes (44), à l’hôpital privé Confluent, il y a maintenant davantage de lits en oncologie, mais pas assez de personnel. Infirmières et aides-soignantes grévistes dénoncent la dégradation de la qualité des soins et réclament des moyens humains supplémentaires en cancérologie.

Des aides à domicile de l’entreprise « Bien dans sa maison » à Cholet et Saint-Macaire-en-Mauges (49) étaient en grève, encore début avril, pour obtenir des indemnités kilométriques plus élevées vu la hausse des prix du carburant, mais aussi pour dénoncer des plannings surchargés.

Appel de la CNSA (premier syndicat des ambulancier.es privé.es) à une « journée blanche », la grève des ambulances privées le 8/4 contre la crise majeure de la profession, avec de nombreuses défaillances et des conditions de travail qui se dégradent, des coûts qui explosent (carburants…) et pour réclamer la réduction des temps de travail non rémunérés. Tout ou partie des missions étaient en pause de 9h à 20h selon les départements, et des rassemblements d’ambulancier.es ont eu lieu.

Grève contre le manque de moyens à la polyclinique Bordeaux-Nord, à partir du 20/4, lancée par la CGT. Les conditions de travail se dégradent au quotidien, avec des sous-effectifs permanents, des changements de planning et de service au dernier moment, tout cela alors que les salaires stagnent.

Grève illimitée à la polyclinique Médipôle Saint-Roch de Cabestany (66), à partir du 24/4. Les grévistes ont aussitôt été rejoint.es par la clinique Saint-Pierre (du même groupe Elsan). Au 5e jour de grève, il y avait environ 300 grévistes. Le 29/4 la polyclinique Méditerranée (Elsan) a aussi rejoint la grève. Tout cela arrive suite à un désaccord sur les NAO. La lutte porte sur les conditions de travail et les rémunérations : CGT et CFDT demandent une hausse des salaires, un 13e mois et une compensation pour la prime de participation. La direction sert largement les actionnaires ! La grève continue en mai.

Autres Fonction publique

Personnels pénitentiaires

Le 27/4, les surveillant.es de prison ont été appelé.es à faire grève par le syndicat Ufap-Unsa Justice pour dénoncer des conditions de travail qui se dégradent (surpopulation carcérale, agressions…).

Collectivités territoriales

Après une grève en mars, bibliothécaires de Chambéry (73) à nouveau en grève début avril contre l’austérité municipale et ses conséquences : manque d’effectifs, conditions de travail qui se dégradent.

Grève reconductible à la crèche Babilou de Montauban (82), à partir du 24/4. Les employé.es ont droit à être représenté.es par la CGT, la direction refuse et veut leur imposer des entretiens individuels

Protection sociale

Le régime de protection sociales des agriculteurs.rices et salarié.es agricoles, c’est la MSA. La MSA Grand Sud dans les départements 11 et 66 était en grève le 2/4 à l’appel de FO. A l’origine : des revendications salariales (FO dénonce 25% de perte de pouvoir d’achat en 10 ans), des inégalités de traitement (pas de prime Segur pour la MSA) et des inquiétudes sur l’emploi.

Autres grèves, dans le secteur privé

Avocats

Dès le 1/4, le projet de loi « SURE » de Darmanin sur la justice criminelle a mis en grève de très nombreux barreaux et avocat.es du pays. Sur 164 barreaux dans le pays, 87% (soit plus de 140) étaient mobilisés contre ce texte. C’est surtout l’instauration d’un « plaider-coupable » criminel (censé réduire les délais d’audiencement) qui ne passe pas auprès des avocat.es, qui se disent attaché.es à une justice de qualité. Or, en introduisant une procédure de reconnaissance de culpabilité dans le domaine criminel, la réforme étend le principe du plaider-coupable à des affaires beaucoup plus graves ; et le projet signifie la fin des jurys populaires, des auditions de témoins, des expertises discutées en audience et des débats publics.

A Paris, le mouvement commence par une grève du zèle de l’ensemble des procédures pénales, urgentes ou non, correctionnelles comme criminelles. A Nantes (44), avec un barreau de 1400 avocat.es, la grève a d’emblée été totale et illimitée. A Brest (29), le barreau de 270 avocat.es a démarré le 2/4 avec une grève totale. A Carcassonne (11), la grève a démarré le 2/4, censée aller jusqu’au 10/4, ou plus loin si nécessaire ; elle est totale sur le secteur du pénal (sauf cas spécifiques). A Lyon (69), c’est une grève totale dans toutes les juridictions qui a été lancée du 3 au 16/4. A Laon (02), la quasi-totalité des avocat.es est mobilisée. A Mulhouse (68), la grève a pour conséquence le report des audiences à après Noël 2026. Le barreau de Limoges (87), dans le mouvement depuis le 3/4, a décidé de prolonger le 10/4.

La grève est nationale mais parfois (un peu) moins suivie, ou bien elle a démarré un peu plus tard : À Chartres (28), par exemple, la grève était partielle le 2/4. A Montpellier (34), elle a débuté le 9/4.

La mobilisation a atteint son maximum le 13/4, jour d’examen du texte au Sénat avec une journée « Justice morte ». A Paris, le barreau (35000 avocat.es) y avait appelé dès le début. Cette journée a été bien suivie un peu partout, notamment à Pau (64) ; à Brest (29) où la poursuite de la grève a été décidée au moins jusqu’au 17/4.

Après l’adoption du texte par le Sénat (avec modifications) le 14/4, la grève s’est prolongée dans un certain nombre de barreaux, souvent sous des formes modifiées : par exemple, à Angers (49), avec une grève perlée dans l’ensemble des domaines un jour par semaine ; au barreau de Mende (48), la grève démarrée dès le 1/4 a été prolongée jusqu’au 21/4, les avocat.es portant un rabat rouge en signe de protestation. A fin avril, de nombreux barreaux étaient encore mobilisés sous une forme ou sous une autre.

Coiffeuses salon de coiffure Paris 10e

La grève avec occupation démarrée le 3/3 à l’Institut Sabadou & Jade, sur le Bd de Strasbourg (Paris-10e) s’est poursuivie en avril. L’équipe, majoritairement sans papiers, des 9 coiffeuses et esthéticiennes et les 4 barbiers, luttent toujours pour récupérer leurs salaires auprès de leur patron-voyou : il a par exemple exigé 250€ par mois auprès des 9 employé.es en situation irrégulière en échange de fiches de paie, avant de cesser de les payer. Les grévistes dénoncent aussi leurs conditions de travail indignes. Le 9/4, un rassemblement de la CGT devant ce salon rappelait tout cela.

Cinéma UGC Paris-Les Halles

Grève reconductible à partir du 18/4 dans ce cinéma (« le plus fréquenté au monde »), contre les bas salaires, les effectifs insuffisants et la non-reconnaissance de la pénibilité du travail (travail tard le soir, le week-end, difficultés à prendre des congés, agressions verbales et physiques de la part de certains clients). Les grévistes exigent une hausse du salaire fixe d’au moins 5%, une prime de pénibilité, une prime d’effort mensuelle et des effectifs suffisants.