Agenda militant

    Ailleurs sur le Web [RSS]

    Lire plus...


    [RSS] Compte
	Blue Sky Compte
	Mastodon Youtube Page Facebook de la TC Articles traduits en castillan Articles traduits en anglais Articles traduits en allemand Articles traduits en portugais

    La Banque de France identifie des signaux financiers comparables à l’avant crise des subprimes de 2008

    économie

    Lien publiée le 25 juin 2026

    Blue Sky Facebook

    Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

    La Banque de France identifie des signaux financiers comparables à l’avant crise des subprimes de 2008

    «On voit réapparaître des ingrédients qui nous font penser à la crise passée», a déclaré la seconde sous-gouverneure de la Banque de France Agnès Bénassy-Quéré, mettant en garde contre la montée du crédit privé.

    Le «plus jamais ça» s’applique mal au monde de la finance. La Banque de France a fait mercredi un parallèle entre la place prise aujourd'hui par la dette dite «privée», car accordée à des entreprises par des prêteurs non bancaires, et celle des subprimes peu avant 2008, responsables du déclenchement de la dernière grande crise financière. «On voit réapparaître des ingrédients qui nous font penser à la crise passée», a déclaré la seconde sous-gouverneure de la Banque de France Agnès Bénassy-Quéré, lors de la présentation d'un rapport sur la stabilité financière.

    Les montants en jeu «sont assez comparables, de l'ordre de 1500 milliards de dollars pour les subprimes en 2006 , soit le même ordre de grandeur pour le crédit privé» aujourd'hui, a-t-elle indiqué. Une différence cependant : l'économie s'étant largement développée en 20 ans, la taille relative du crédit privé est plus faible que ne l'était celle des subprimes, des crédits hypothécaires alors accordés à tour de bras à des ménages modestes peu solvables.

    Valorisation «assez opaque» du crédit privé

    Le crédit privé est «assez opaque en termes de valorisation», a relevé France Agnès Bénassy-Quéré, et présente des difficultés pour savoir exactement «qui détient quoi». Cela est dû notamment au phénomène de titrisation, déjà accusé de tous les maux en 2008. Il revient à regrouper des crédits pour les transformer en actifs destinés à être vendus en «tranches» sur les marchés financiers. Ces produits structurés transfèrent le risque de défaut d'un prêteur initial à d'autres, le rendant difficile à mesurer dans les bilans des acteurs financiers au fil des différentes structurations et reventes.

    «Comme ce n'est pas un marché organisé, on peut avoir le même phénomène de défiance qu'on a connu en 2008», a prévenu l'économiste. Toutefois, les institutions exposées «ne sont pas très endettées», a-t-elle précisé, contrairement aux emprunteurs immobiliers américains du mitan des années 2000. L'exposition est a priori limitée pour les acteurs financiers français, d'environ 1% pour les assureurs, moins pour les banquiers, selon l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), adossée à la Banque de France.

    Fonds dits «alternatifs»

    Le marché du crédit privé, en développement depuis une dizaine d'années, traverse depuis fin 2025 une période de défiance, notamment aux États-Unis. Les investisseurs sont inquiets d'une potentielle hausse des taux de défaut de la part des entreprises spécialisées dans le logiciel. «L'exposition croissante du crédit privé au secteur de l'IA rend par ailleurs cette classe d'actifs vulnérable à une révision à la baisse des anticipations de revenus de ce secteur», ajoute la Banque de France dans son rapport.

    L’institution a également attiré l’attention sur les marchés d’actions aux États-Unis, très largement tirés par quelques valeurs technologiques. Ils «restent vulnérables à un brusque retournement», a averti Mme Bénassy-Quéré. La banque centrale française note enfin la place de plus en plus importante prise par les fonds dits «alternatifs», ou «hedge fund», dans la détention de la dette souveraine française.