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Émancipation : Refuser le piège de la "conférence sociale"
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Défendre les retraites des salariéEs du public comme du privé,
Refuser le piège de la "conférence sociale"
Les contre-réformes des retraites mises en place depuis 20 ans ont dégradé les retraites et les conditions de vie de l’ensemble des salariéEs. Les femmes, les salariéEs précaires ou ayant connu le chômage… sont particulièrement touchéEs, les retraites de misère se multiplient. Le contexte de crise du capitalisme aggrave encore cette situation, l’espérance de vie en bonne santé ayant régressé en France depuis 2009 et ne dépassant pas 65 ans.
La précédente contre-réforme avait été massivement combattue en 2010. Aujourd’hui, sur la base d’un déficit largement créé par les multiples cadeaux dont bénéficient les classes dominantes, le gouvernement prépare une nouvelle contre-réforme, qui irait encore plus loin que celles de l’UMP. Le rapport Moreau, qui doit servir de base à ce projet, propose une série de dégradations considérables : allongement de la durée de cotisation, désindexation des retraites, augmentation de CSG et des impôts pour les retraitéEs (perte de l’abattement de 10%)… dans l’immédiat l’ensemble des salariéEs verraient leur retraite encore réduite davantage, et au-delà c’est le système par répartition, solidaire par nature, qui est ciblé : l’objectif est de parvenir à un système basé sur l’épargne individuelle. La campagne médiatique actuelle visant à opposer salariéEs du public et du privé est faite pour occulter ces réalités.
La seconde "conférence sociale" convoquée par le gouvernement les 20 et 21 juin sera centrée sur la question des retraites. Elle prendra appui sur les préconisations de la commission Moreau : ainsi François Hollande a exprimé son intention d’augmenter la durée de cotisation avant même le début de la "conférence sociale". Aujourd’hui il est possible de constater les résultats de la première "conférence sociale" de juin 2012 ouverte sous les auspices de la baisse du "coût du travail" : des milliards d’euros de cadeaux au patronat, et un très grave recul des droits pour les salariéEs (Accord national interprofessionnel). Les résultats de la seconde "conférence sociale" sont déjà écrits, et ses buts sont clairs : par le biais de "concertations" diverses et variées, éviter une mobilisation d’ampleur contre les projets gouvernementaux et ainsi faire entériner les reculs déjà programmés. Défendre les retraites est donc contradictoire au fait de participer à la "conférence sociale".
Il appartient au mouvement syndical de combattre les reculs que veut imposer le gouvernement : non pas en participant à toutes les "concertations", "discussions", etc… mais en construisant la mobilisation pour le retrait de tout projet de régression : par la grève interprofessionnelle public-privé jusqu’à satisfaction y compris par le blocage économique du pays ; et en portant une orientation de défense du code des pensions, d’amélioration de la situation de toutEs les salariéEs en réaffirmant la légitimité des revendications des travailleurEs (retour aux 37,5 annuités, à la retraite à 60 ans à taux plein…), de refus de tout nouvel allongement de la durée de cotisation. Le boycott dans l’unité de la "conférence sociale", marquerait un premier refus du projet gouvernemental, et fournirait un appui pour la nécessaire mobilisation du monde du travail.




