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La Grèce va supprimer le droit de vote des étrangers aux élections municipales
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
(Le Monde) La Grèce s'apprête à supprimer le droit de vote des étrangers aux élections municipales, prévues dans trois mois, afin de se conformer à une décision du Conseil d'Etat l'ayant jugé anticonstitutionnel, a indiqué jeudi 13 février un membre du ministère de l'intérieur grec.
Un amendement dans ce sens a été déposé mercredi à la commission parlementaire avant un vote prévu à l'Assemblée la semaine prochaine, selon la même source. Le droit de vote des étrangers, ressortissants des pays hors de l'Union européenne et possédant un permis de séjour en Grèce, avait été adopté en 2010 et mis en œuvre la même année lors des élections locales grâce à une loi du gouvernement socialiste de Georges Papandréou.
Un an plus tard, le Conseil d'Etat, la plus haute juridiction administrative, a jugé que cette loi était anticonstitutionnelle car le droit de vote n'est réservé, selon la Constitution grecque, qu'aux seuls citoyens grecs. « Si on ne vote pas cet amendement quiconque pourrait au lendemain des élections recourir à la justice etannuler les élections », a indiqué au Parlement le ministre de l'intérieur, Yannis Michelakis, pour justifier la décision du gouvernement de coalition entre droite et socialistes d'annuler cette mesure.
L'OPPOSITION VENT DEBOUT
Toutefois, l'amendement a provoqué l'ire de l'opposition de la gauche radicale, Syriza, qui est au coude-à-coude avec la droite gouvernementale selon les derniers sondages. « Alors que le Conseil d'Etat a déclaré anticonstitutionnelles (...) des lois sur des mesures d'austérité, le gouvernement se précipite pour seconformer uniquement avec la décision sur le vote des immigrants », a déploré Alexis Mitropoulos, député de la Syriza, cité par les médias.
Le Keerfa, mouvement regroupant des organisations antiracistes, a qualifié l'amendement de « provocation antidémocratique ». « L'ironie est que les socialistes du Pasok, qui avaient voté cette mesure, vont la supprimer en tant que parti de la coalition gouvernementale », souligne-t-il. Possédant une faible majorité parlementaire, le gouvernement avait été contraint au début de la semaine deretirer l'amendement, craignant un nombre insuffisant de députés pour le voter, avant de le réintroduire mercredi dans un nouveau projet de loi.
Prévues pour les 18 et 25 mai, et coïncidant avec les européennes, les élections locales sont perçues comme un test politique compte tenu du discrédit du gouvernement, au pouvoir depuis juin 2012 et tenu responsable de la poursuite des mesures d'austérité pour la quatrième année consécutive depuis l'éclosion de la crise.




