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En Grèce, on peut exploiter des migrants, leur tirer dessus impunément
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
lesoir.be, 1 août 2014
En 2013, des employés d’une ferme grecque avaient tiré sur leurs travailleurs – des migrants embauchés illégalement – alors qu’ils réclamaient six mois d’arriérés de salaires.
Le verdict de la cour d’appel de Patras en Grèce a provoqué la stupeur du pays. Le propriétaire d’une ferme de fraises à Manolada dans le Péloponnèse, accusé d’agression et d’emploi illégal de migrants, a été acquitté. Les faits remontent au mois d’avril 2013. Alors que 200 Bangladais employés illégalement demandent leurs 6 derniers mois de salaire impayés, un superviseur, sous le regard de ses collègues, ouvre le feu au fusil de chasse. Une trentaine d’employés a été blessée, sept d’entre eux étaient dans un état critique.
« Un jour noir pour la justice grecque »
Comme le rapporte un billet de blog de Mediapart, le contremaître de la ferme a lui aussi été acquitté. Les surveillants, l’un condamné à 14 ans et sept mois de prison, le second à huit ans et sept mois, étaient en liberté en attendant l’appel du jugement. L’extrême gauche grecque, les associations anti-racisme et les travailleurs migrants ont fermement condamné le verdict, évoquant « un jour noir pour la justice grecque ». L’avocat des travailleurs bangladais a jugé la décision « outrageuse et dégradante » et a affirmé avoir « honte d’être grec ». À l’annonce du verdict, les Bangladais qui attendaient devant la cour d’appel ont éclaté en sanglots avant de protester contre la clémence de la justice.
Des conditions de travail inhumaines
Au-delà du verdict qui a provoqué la colère, l’affaire a mis en lumière les conditions de travail inhumaines des migrants embauchés illégalement. Selon le Guardian, de plus en plus de médias locaux enquêtent sur le travail des Bangladais en Grèce. Leurs conclusions sont alarmantes : règles d’hygiène inexistantes, sanitaires absents, salaire ridicule si tant est qu’il soit versé… Du côté des politiques, l’extrême gauche grecque est montée au créneau. Vassiliki Katrivanou, parlementaire, a déploré le message envoyé par la cour : « un travailleur étranger peut mourir comme un chien dans le verger ». Elle estime que le verdict « laisse la place à de nouvelles victimes en fermant les yeux sur le caractère brutal, inhumain et raciste de l’exploitation subie par les travailleurs sur le terrain ». La décision de la cour d’appel a été prise lors de la Journée mondiale contre la traite des personnes.






