[RSS] Twitter Youtube Page Facebook de la TC Articles traduits en castillan Articles traduits en anglais Articles traduits en allemand Articles traduits en portugais

Agenda militant

Actualités et analyses [RSS]

Lire plus...

Newsletter

Twitter

Soutien aux travailleurs/se-s et aux organisations anticapitalistes anglaises qui militent pour le Brexit !

Pour en finir avec l’Union européenne des capitalistes !

Ce jeudi 23 juin, le référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE s’annonce très serré. La dynamique en faveur du Brexit était très forte, mais elle a été brisée, voire inversée, par l’assassinat de la députée travailliste Jo Cox (pro-UE) par un fasciste anglais. Pourquoi un référendum aujourd'hui ? Parce que Cameron, pour gagner des voix et maintenir l'unité du parti conservateur, l'avait promis lors des législatives de 2015.

Un vote de classe

La bourgeoisie européenne et la majorité de la bourgeoisie britannique (une minorité nationaliste et ultra-libérale ayant toujours été contre la participation de lu Royaume-Uni à l’UE) fait une campagne acharnée en faveur du « Brimain » (rester dans l'UE). La bourgeoisie et les médias prédisent une catastrophe économique en cas de Brexit. Comme pour tous les référendums sur l’Union européenne (Maastricht en 1992, TCE en 2005 en France), la bourgeoisie tente d’intimider la population pour qu’elle vote « bien », c’est-à-dire conformément aux intérêts du capital. Malgré ces intimidations, les travailleur/se-s du Royaume-Uni s’apprêtent à rejeter massivement l’UE : les deux-tiers des pauvres s’apprêtent à voter pour le Brexit, alors que les deux-tiers des riches sont pour le Brimain. Sociologiquement, comme pour Maastricht ou le TCE en France, c’est un vote de classe qui se profile.

Les travailleur/se-s ont raison de vouloir rompre avec l’UE !

Certes, dans la conscience des travailleur/se-s en Angleterre comme dans celle de toutes les classes ouvrières, on perçoit les effets de la crise du mouvement ouvrier, le poids des idées fausses et des préjugés, notamment xénophobes, voire nationalistes. Ces idées et préjugés doivent être combattus patiemment : c’est le rôle quotidien des organisations révolutionnaires et des militant-e-s lutte de classe. Mais il n’en reste pas moins que l’UE est perçue à juste titre par la grande masse des travailleur/se-s comme une machine de guerre contre leurs intérêts. L’UE est un cadre de coopération entre bourgeoisies pour faciliter le démantèlement des acquis sociaux. Rompre avec ce cadre ne règle en soi évidemment aucun problème, mais cela prive la bourgeoisie d’une arme qu’elle a méthodiquement perfectionnée depuis 50 ans. C’est une bonne raison de ne pas être neutre ou, pire, de faire campagne pour le Brimain comme le fait malheureusement une partie de l’extrême gauche britannique1. Comme Cameron, le parti travailliste fait aussi campagne pour le Brimain, ce qui le coupe de plus en plus de sa base ouvrière du Nord de l’Angleterre ou du Pays de Galles, qui cède de plus en plus aux sirènes de l’UKIP, parti d’extrême droite xénophobe (Nigel Farage)2. Corbyn (le dirigeant du Labour) en est conscient, et c’est ce qui explique qu’il a fait une campagne peu enthousiaste pour le Brimain3.

La campagne pour le Brexit est dominée par l’aile souverainiste du parti conservateur (Boris Johnson) et par l’extrême-droite xénophobe de l’UKIP4. Ils se saisissent de l’aspiration légitime de la population à rompre avec un cadre anti-démocratique et anti-social pour l’emmener sur un terrain nauséabond, celui de la chasse aux immigrés, du repli sur soi. Mais ce serait une erreur pour l’extrême gauche de confondre l’aspiration à la démocratie, au refus des injonctions et des carcans de l’UE, avec le nationalisme et la xénophobie. Nous devons au contraire expliquer que ces aspirations sont perverties par l’extrême droite, et que la « souveraineté » à défendre est celle du pouvoir des travailleurs, impliquant non seulement de rompre avec l’UE, mais aussi avec toutes les institutions du capital. Notre internationalisme ne voit pas l’UE comme un progrès qu’il faudrait parachever. Il faut au contraire démanteler l’UE pour construire un autre cadre de coopération entre les peuples, une Europe socialiste des travailleur/se-s.

Les deux plus grands partis d’extrême gauche (le SWP5 et le Socialist Party) font campagne pour le Brexit, d’un point de vue classiste et internationaliste. Au lieu de faire la morale aux travailleur/se-s en leur expliquant que vouloir rompre avec l’UE, c’est être raciste ou faire le jeu de l’extrême droite, ils s’appuient sur leur conscience de classe élémentaire qui leur fait rejeter l’UE pour faire avancer cette conscience dans le sens de l’anticapitalisme.

Le Brexit ouvrirait une crise politique majeure au Royaume-Uni et ébranlerait l’ensemble de l’UE... donc nous sommes pour !

Le Brexit produirait immédiatement une crise politique majeure. Le gouvernement Cameron chuterait, le parti conservateur volerait en éclats, et de nouvelles élections pourraient profiter au parti travailliste de Corbyn, malgré son front commun et honteux avec Cameron. Quoi qu’il en soit, la bourgeoisie anglaise serait affaiblie dans son face à face avec son prolétariat, puisqu’elle perdrait l’appui de l’UE. En outre, le Brexit pourrait déclencher une crise financière (de fait déjà latente) au Royaume-Uni et au-delà, affaiblissant la bourgeoisie qui n’a plus beaucoup de cartouches pour faire face à un nouvel épisode de crise aiguë. Le Brexit serait également un point d’appui pour les travailleurs des autres pays de l’UE. Les institutions de l’UE seraient affaiblies, et les travailleur/se-s prendront conscience qu’il est possible d’en finir avec des constructions présentées comme indéboulonnables. C’est de ce point de vue que les autres travailleurs/se-s d’Europe doivent soutenir le Brexit : affaiblir l’UE, c’est affaiblir toutes les bourgeoisies de l’UE, donc c’est faciliter notre lutte ici en France contre la patronat et le gouvernement.

Pas d’internationalisme sans rupture avec l’UE

Certains à l’extrême-gauche nous expliquent que ces phénomènes de crise et de décomposition ne peuvent que profiter à l’extrême droite. Ils en tirent alors la conclusion qu’il faut faire bloc avec la bourgeoisie européiste au pouvoir pour sauver l’UE. C’est au contraire ce positionnement politique catastrophique qui laisse les partis d’extrême-droite apparaître frauduleusement comme les seuls opposants conséquents aux gouvernements en place. La force de l’extrême droite tient en grande partie à notre faiblesse, notamment au refus de se saisir des questions concrètes pour les articuler à notre perspective anticapitaliste et internationaliste, celle d’un gouvernement des travailleurs expropriant les capitalistes, reconstruisant l’économie pour satisfaire les besoins et refondant les relations avec les autres peuples sur des bases de coopération égalitaire et fraternelle.


1 Cf. http://npa2009.org/idees/international/tribune-contre-le-racisme-pour-un-vote-stay-critique

2 L'UKIP (Parti de l'indépendance du Royaume-Uni) a été fondée en 1993. Il a obtenu 27,5% aux élections européennes de 2014. C'est un parti libéral sur le plan économique et anti-immigrés, pour la rupture avec l'UE.

3 Corbyn, qui fait partie de l'aile gauche du parti travailliste, a pris la tête du parti en 2015. Il était opposé à l'UE, comme l'ensemble de la gauche du parti travailliste qui avait fait campagne pour la sortie de l'UE en 1975. Aujourd'hui, une petite minorité du parti (http://www.labourleave.org/) fait campagne pour le Brexit alors qu'environ un tiers de sa base (la plus ouvrière) s'apprête à voter pour le Brexit.

4 L'UKIP (Parti de l'indépendance du Royaume-Uni) a été fondée en 1993. Il a obtenu 27,5% aux élections européennes de 2014. C'est un parti libéral sur le plan économique et anti-immigrés, pour la rupture avec l'UE.

5 Cf. http://npa2009.org/idees/international/tribune-pour-un-lexit-un-brexit-de-gauche

Télécharger au format pdf

Ces articles pourraient vous intéresser :

Royaume-Uni

Brexit : Corbyn cède aux pressions de la bourgeoisie et demande un nouveau référendum

Corbyn a fini par céder aux pressions de la droite du Labour : il demande qu'un nouveau référendum soit organisé avec deux alternatives : soit le Brexit négocié par Theresa May, soit le maintien dans l'UE (Remain). Et il indique clairement qu'il défendra le « Remain ». Cette capitulation gravissime, qui aura de lourdes conséquences, est malheureusement saluée (!) par une partie (très minoritaire) de l'extrême gauche, en l'occurrence le groupe « Socialist Résistance » lié à la IV Internationale (ex Secrétariat unifié).

Lire la suite...

Télécharger en pdf Tweeter Facebook

International

La coalition « Non à la nouvelle loi sur la police de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (RNW) » contre le gouvernement régional

En Allemagne, on observe au moins depuis le G20 de Hambourg (juillet 2017) un renforcement rapide des dispositifs sécuritaires et de la répression contre les militant-e-s, les classes populaires et les non-blanc-he-s. Cela passe, entre autres, par une série de lois régionales sur la police qui suscitent des protestations massives. On est encore loin du niveau atteint en France, mais ce tournant sécuritaire n'en reste pas moins très significatif. À travers l'Europe, les dominant-e-s fourbissent leurs armes pour écraser toute révolte contre leurs projets, contre leurs profits. Lire la suite...

Télécharger en pdf Tweeter Facebook

Union européenne

L’extrême-droite européenne renonce à la rupture avec l’UE et l’euro pour gouverner

Partout en Europe, l'extrême-droite fait son beurre du rejet massif de l'Union européenne dans les catégories populaires et de l'incapacité de la gauche antilibérale ou anticapitaliste à porter ce rejet. L'extrême gauche refuse d'entendre ce rejet, ou pire, l'associe systématiquement au nationalisme et à la xénophobie. L'extrême droite peut se frotter les mains : aux yeux du prolétariat, elle incarne la seule opposition à l'Union européenne.

Lire la suite...

Télécharger en pdf Tweeter Facebook

Débats

Broad parties and anti-austerity governments: from defeat to defeat, learning the lessons of Syriza’s debacle

The NPA leadership, the majority of which is organically linked to the majority of the International committee of the Fourth international (ICFI), refuses to draw all the lessons from a way of building organizations that has continuously failed and led to political and organizational catastrophes in its national sections, with of course a very negative overall impact, for more than twenty years. The question is: what policy of the ICFI leadership is at the heart of such major and repeated failures, of utter disasters, even, in certain countries? After compiling a non-exhaustive list of the most significant among the regrettable and disastrous experiences of the past two decades, this contribution focuses on the latest tragedy to date: Greece. Lire la suite...

Télécharger en pdf Tweeter Facebook