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Avec un gilet jaune, une fille du peuple dans la ville de Castaner

Par Ludovic (22 novembre 2018)
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Forcalquier, la ville dont Castaner a été maire pendant 17 ans. L'intervieweur est Alex pour "Radio Zinzine" de la communauté alternative "Longo Maï", absente des barrages bien entendu, comme la plupart des militants, associatifs, syndicaux ou politiques. Une faute qui va peser lourd ces mois prochains, voire très lourd; "... Ça fait longtemps qu'il aurait fallu qu'on bouge ... "  dit-elle avec un sens politique peu partagé. Elle se sort des tentatives de déstabilisation sur l'origine politique des manifestants - une quête exotique aux fascistes- et elle fait face à la question bateau : "... vous êtes d'accord contre, c'est assez clair, contre quoi(sic), définir pour, là c'est plus compliqué, trouver un terrain d'entente..." C'est vrai que la réalité du monde est censée s'imposer à tous, à force d'être rabâcher à longueur de temps dans les médias, par toutes les structures du système, elle suinte de tous les rapports sociaux de domination;  lui demander en deux phrases qu'elles pourraient être sérieusement ses alternatives à ce monde là et quelles alliances seront nécessaires pour y parvenir est un procédé éculé du journalisme main stream qui doit toujours dire qu'il y a un ordre naturel des choses, qu'on ne peut que s'y soumettre, quoiqu'il se passe, quelles que soient les colères... Dévaloriser la contestation, discréditer la pensée radicale, tout un savoir faire.

https://www.anti-k.org/2018/11/18/avec-un-gilet-jaune-une-fille-du-peuple-dans-la-ville-de-castaner-video/

La jeune femme de la vidéo retrouvée au même endroit le lendemain s’appelle Carine - elle est aide à domicile - à l’un des 2 ronds points occupés cette ville de moins de 5000 habitants. On y respire comme une ambiance de mai 68 - pour ceux qui l’ont connu - que ne vient pas troubler la présence de quelques petits patrons qui viennent avec les autres pour « bloquer » avec camions et tracteurs ; ce qui change avec 68 où les mêmes venaient manifester contre nous, pour soutenir de Gaulle. La combativité surprend d’emblée, très vite on est passé des taxes sur les carburants, à la contestation générale de la politique injuste de la macronie, avec une détestation affichée de son petit roi. Il pleuvait samedi après midi, elles et ils sont restéEs jusqu’au soir: aide à domicile, employée de super-marché, aide-soignante, paysan, des jeunes, un artisan maçon, des chômeurs, des retraitéEs, etc. tout un petit peuple attaché au « tous ensemble » contre toutes les récupérations politiques a tenu le barrage filtrant toute la journée. Elles et ils y étaient encore dimanche matin de 7 heures à 20 heures et encore lundi jusqu’au soir, avec un rendez-vous pour mardi matin tôt, bien décidéEs à faire reculer le gouvernement. CertainE ont du voté FN, comme dans les cités ouvrières du département mais la quête exotique au fasciste de service est déçue. Pas de discussions à propos des partis et encore moins à propos des élections européennes.

Les manifestants ont vite appris à installer les barrages filtrants, organiser la sécurité, établir le rapport de force qui convient avec une gendarmerie très conciliante, auto-organiser l’occupation, installer le brasero, assurer le ravitaillement, il faut aussi tenir à l’écart ceux qui ont trop bu . Le stand pic-nic est alimenté gratuitement par le super-marché voisin, filtré mais non bloqué. Des tours de présence sont mis en place pour durer, tout le monde finit par se connaître, ils nous réclament de pouvoir tirer des tracts, une sono, une salle pour tenir des assemblées générales, ils font l’expérience de l’injustice de l’Etat, de la lutte collective, de la nécessaire solidarité pour le faire plier. Une expérience qui vaut beaucoup de discours et qui ne s’acquiert pas dans les campagnes électorales.

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