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    Après l’attaque meurtrière contre la flottille pour Gaza, tous ensemble contre l’État sioniste, pour les droits du peuple palestinien !

    Par Pauline Mériot (30 juin 2010)
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    L’attaque par l’armée israélienne de la flottille qui venait apporter à Gaza de l’aide humanitaire est un crime d’État contre des civils, commis qui plus est dans les eaux internationales. La démarche de ces militants inter-nationalistes avait pour objet de révéler au monde le terrible blocus dont est victime la bande de Gaza, véritable prison à ciel ouvert. Israël avait annoncé sa volonté d’interdire l’arrivée de toutes les aides à Gaza. L’agression était préméditée puis-que, avant même que la flottille n’ait atteint la « ligne rouge », elle a été prise d’assaut par l’armée sioniste. Bilan : une dizaine de morts.

    La situation dans la bande de Gaza est atroce : 500 000 Palestiniens y survivent dans des conditions inhumaines, privés de tout. Ainsi, selon l’OMS, le manque de médicaments par exemple, auquel s’ajoute l’interdiction de quitter le territoire pour aller se soigner en Égypte ou en Jordanie, aurait provoqué plus de 300 décès depuis 2007. C’est la punition que l’État sioniste lui impose pour avoir porté au pouvoir le Hamas en janvier 2006. Le soutien huma-nitaire était absolument légitime : ils venaient apporter tout simplement de quoi aider les Palestiniens à survivre (les navires transportaient 5 000 tonnes de matériaux de reconstruction, de fournitures scolaires et de matériel médical). C’était la plus grande tentative jamais lancée pour briser le siège israélien contre la bande de Gaza.

    http://tc-imc.serve.com/filesPalestine_resistance_not_terrorism.JPG

    Complicités impérialistes

    La complicité et la collabo-ration des États impérialistes permettent à Israël de mener sa politique. États-Unis et Union européenne lui apportent non seulement un soutien diplomatique, mais surtout ils lui sont un allié économique vital. Ils multiplient les accords de toutes sortes avec lui et viennent de l’intégrer à l’OCDE. La vente d’armes à Israël provient avant tout des États-Unis, de l’Union européenne (en second), avec la France à sa tête. Les pays impérialistes fournissent ainsi à l’État israélien les armes avec lesquelles il massacre le peuple palestinien. Au-delà de ses incan-tations, l’ONU leur sert de servile caution puisqu’elle accepte ces accords comme le prétendu droit de l’État sioniste à exister et à se « défendre » contre la résistance des Palestiniens.

    Dans un tel contexte, les gouvernements ont beau jeu de condamner du bout des lèvres cette dernière attaque, jugée « disproportionnée » par Nicolas Sarkozy. L’ONU demande une « enquête prompte, impartiale, crédible et transparente », donnant ainsi l’idée que les torts sont peut-être partagés. L’État israélien, quant à lui, plaide la légitime défense, avec à son appui une vidéo où l’on voit des ombres chinoises se battre. Il est évident qu’Israël a voulu attaquer la flottille pour montrer au monde en-tier ce qu’il adviendrait des militants qui s’opposeraient à sa politique et tenteraient de forcer le blocus.

    Qu’en est-il du soudain revirement de la Turquie ? Rappelons que depuis 1996, la Turquie et Israël sont signataires d’un accord de coopération militaire. Par exemple, cet accord permet à l’armée de l’air israélienne de s’entraîner sur le plateau anatolien, dans le cadre de manœuvres conjointes avec la Turquie. Ces liens viennent d’être sérieusement entamés. La Turquie a rappelé son ambassadeur d’Israël et a même annulé un match de foot prévu contre une équipe d’Israël. Mais il ne faut surtout pas se laisser émouvoir par ce soudain revirement turc. Car si l’État sioniste a pu aujourd’hui réaliser une telle démonstration de force, c’est parce qu’il connaissait la complaisance de ses alliés à son égard. Le gouvernement turc, qui collabore à la barbarie sioniste depuis des dizaines d’années, est aujourd’hui offusqué qu’Israël ait pu attaquer un bateau portant un drapeau turc !

    Israël bénéficie de beaucoup d’alliés, comme le prouve encore sa récente adhésion à l’OCDE, et elle sait que le soutien des forces impérialistes est une valeur sûre. Ce qu’elle craint le plus, c’est la résistance du peuple palestinien. Cet acte d’intimidation était nécessaire à la politique d’Israël, au risque de mettre en cause la collaboration avec la Turquie. Le message à donner aux soutiens à Gaza devait être clair, précis, malgré les potentiels dégâts collatéraux. L’opération de la flottille avait été très médiatisée et Israël devait en outre montrer à ses habitants qu’elle irait jusqu’au bout dans la punition aux Palestiniens. La Turquie a beau s’offusquer, elle ne rompra pas pour autant ses relations privilégiées avec l’État sioniste.

    En fait, cette dernière attaque s’inscrit dans une politique de répression meurtrière systéma-tique : dès le surlendemain, le mardi 1er juin, cinq militants palestiniens ont été tués par l’armée israélienne alors qu’ils tentaient de passer la frontière entre Gaza et Israël. C’est le lot quotidien de tous ceux qui tentent de défendre les droits du peuple palestinien.

    L’État sioniste « assouplit » le blocus de Gaza

    Le Premier ministre israëlien, Netanyahou, l’a dit : l’« assouplis-sement » du blocus est « la bonne décision pour Israël »... mais pas forcément pour les Palestiniens ! La « bonne solution pour Israël », c’est la solution qui permet de rattraper un peu le coup de l’agression de la flottille par un geste symbolique, qui ne coûte rien à l’État oppresseur. Une augmentation de 30 % des transferts de vivres et de biens ménagers est promise. Qu’en sera-t-il vraiment ? Mais même si cet « assouplissement » était mis en place, il ne changerait rien à la situation des Gazaouis. Israël ne prévoit évidemment pas de faire parvenir des matières premières, ni de leur permettre d’exporter des produits. Ce sont principalement ces restrictions qui causent le désastre dans la bande de Gaza et paralysent son économie. Il n’y aura même pas le matériel nécessaire à la reconstruction des bâtiments détruits par l’attaque de 2009. Les choses ne sont pas formulées aussi clairement, mais par exemple le ciment ou les barres de fer peuvent potentiellement servir d’armes et ne seront donc pas être livrées à Gaza. Ces mesures ont pour seul but de faire un effet d’annonce et de permettre à tous les États complices de réaffirmer leur soutien à Israël en toute impunité. Pire, ils pourront s’en servir pour faire croire qu’ils exercent une quelconque pression sur Israël qui permettrait d’améliorer les conditions de vie du peuple palestinien.

    http://www.kalamu.com/bol/wp-content/content/images/palestine%20resistance%2001.jpg

    Le résultat ne s’est pas fait attendre : Tony Blair parle d’un « très important pas en avant », mais n’oublie pas de préciser qu’il faudra « éviter l’entrée d’armes et de matériel de guerre à Gaza ». Bien sûr, l’Union européenne trouve le geste « insuffisant », mais elle salue quand même les efforts. Le ministre turc des affaires étrangères, Burak Ozugergin, parle lui aussi d’une « démarche positive mais pas suffisante ». Mais enfin, c’est quand même pour lui un bon prétexte pour pouvoir continuer sa collaboration avec l’État sioniste.

    Combattons l’État sioniste

    Il importe ici de revenir sur les bases de l’État sioniste. Le mythe de la culpabilité européenne suite à l’holocauste a bon dos. Lorsque Herzl s’adresse en 1897 au gouvernement français dans l’espoir d’obtenir son appui pour la fondation d’Israël, il écrit : « Le pays que nous nous proposons d’occuper inclura la Basse-Egypte, le sud de la Syrie et la partie méridionale du Liban. Cette position nous rendra maîtres du commerce de l’Inde, de l’Arabie et de l’Afrique de l’Est et du Sud. La France ne peut avoir d’autre désir que de voir la route des Indes et de la Chine occupée par un peuple prêt à la suivre jusqu’à la mort. » On est bien avant la tragédie de la Deuxième Guerre mondiale.

    Et depuis, ce projet a été mis en œuvre, comme Herzl en rêvait, avec la complicité impérialiste qu’il préconisait. En 1947, l’ONU partage la Palestine en deux grâce notamment a l’énorme pression des États-Unis qui, pour que la résolution 181 soit adoptée, ont menacé d’embargo, voire de représailles les pays de l’ONU s’étant abstenus sur le premier vote. Il faudra trois votes pour que les États-Unis arrivent à leurs fins. L’ONU donne alors une partie de la Palestine aux colons sionistes, sans consulter le peuple qui vit sur place. En 1948, les sionistes déclarent la naissance de l’État d’Israël. Entre-temps, par des actes de guerre, 900 000 Palestiniens ont été expulsés de leur propre pays, se retrouvant dispersés dans le monde, 15 000 ont été tués et des centaines de villages ont été rasés. Et on n’est alors qu’au début du processus : ce qui attend le peuple palestinien ne va cesser d’empirer. Depuis, les colonies sionistes s’étendent, des murs sont élevés, les check points se multiplient. Le territoire palestinien ne cesse de se réduire et plus de la moitié de la population est aujourd’hui expatriée.

    Dans cette mesure, renvoyer dos-à-dos, comme le font beaucoup d’organisations, agresseurs et agressés, c’est couvrir la politique raciste et meurtrière d’Israël. Les militants anticapitalistes ne peuvent qu’affirmer leur soutien inconditionnel à la résistance légitime du peuple palestinien et combattre pour la disparition de l’État raciste, au profit d’un seul État, multiethnique, laïque, démocratique et socialiste sur tout le territoire de la Palestine historique.

    Soutenons activement la lutte du peuple palestinien

    Seul un combat indépendant de la classe des travailleurs permettra d’en finir avec l’agression sioniste. Les organisations bour-geoises ou petites-bourgeoises locales, aussi radicales soient-elles, ne peuvent mener qu’un combat limité contre l’agresseur : pour que cette lutte aille à son terme, que les travailleurs y prennent toute leur place et se dotent d’un programme pour détruire le système en place. Mais la lutte pour son émanci-pation, le peuple palestinien ne saurait l’accomplir seul : il lui faut s’allier avec les peuples des pays voisins, tout particulièrement avec les travailleurs d’Israël eux-mêmes, qui doivent rompre avec le sionisme.

    Partout dans le monde, dès le soir de l’attaque, des milliers de jeunes, de militants, de travailleurs se sont réunis spontanément pour montrer leur solidarité avec le peuple palestinien. Cette mobili-sation qui a été impressionnante tant par son ampleur, que sa spontanéité et sa radicalité, ne s’est pour autant pas maintenue dans la durée.

    Répression de la manifestation juste après l’attaque de la flottille le 5 juin à Paris

    Face à la répression, la solidarité est notre arme. Si Israël peut aujourd’hui perpétrer ce type de crimes, c’est qu’il bénéficie de l’aide de ses complices impérialistes : par une mobilisation d’ampleur, dénonçons l’État sioniste et nos propres gouvernements. Il s’agit de mener une campagne de classe, qui doit être mise en œuvre par les organisations du mouvement ouvrier et passe notamment par des actions de boycott des cargaisons en provenance ou à destination d’Israël, à commencer par les exportations d’armes françaises, par le refus d’accords de coopération dans les universités, les municipalités, etc.

    Juste après l’agression sioniste, les dockers suédois ont décidé la mise en place d’un blocus des bateaux en provenance d’Israël. Il ne devrait prendre fin que le 29 juin. C’est un acte de réponse à l’attaque contre la flottille et contre le blocus de Gaza. Au port d’Oakland en Californie, le déchargement d’un bateau en provenance d’Israël a été retardé par l’action de l’International Longshore and Warehouse Union (ILWU, syndicat de dockers), qui a organisé un piquet de 700 ouvriers, militants, rendant impossible le déchargement. « Nous voulons vous envoyer le message clair que si vous commettez des actes de piraterie en haute mer, si vous allez attaquer des civils et les tuer de sang-froid, du genre exécution, si vous assiégez la bande de Gaza, si vous construisez un mur d’apartheid, nous n’aurons pas, ici dans cette ville, l’honneur de votre commerce israélien », a déclaré Jack Heyman, le membre du Conseil exécutif d’ILWU Local 10. Ce type d’action nous montre la voie. Ces ouvriers montrent leur solidarité au peuple palestinien opprimé, et c’est en tant qu’ouvriers qu’ils choisissent de l’exprimer.

    Face aux crimes de l’armée israélienne, nous apportons notre soutien inconditionnel à la lutte du peuple palestinien :

    • À bas l’État sioniste meurtrier et raciste !
    • Droits nationaux intégraux pour le peuple palestinien, notamment le droit au retour !
    • Arrêt immédiat de toute colonisation !
    • Levée du blocus de Gaza !
    • Libération de tous les détenus politiques palestiniens !

    Sanction suédoise exemplaire contre l’État israélien :
    Les dockers suédois mettent en place un blocus

    En raison de l’attaque contre la flottille humanitaire, le syndicat des ouvriers dockers suédois va démarrer un blocus des navires israéliens à partir du 15 juin. Monsieur B. Borg, président du syndicat a déclaré : « Nous voulons que les responsables soient traduits en justice, le blocus de Gaza doit être levé. »

    On ne sait pas combien de navires seront affectés, mais selon le syndicat cela concerne surtout les fruits en provenance d’Israël et les produits industriels exportés depuis la Suède. À la télé, M. Björn Borg dire qu’ils vont soulever la question avec l’Union internationale des ouvriers portuaires et demander la mise en place d’un blocus international.

    (Source : Fackförbund i blockad mot Israël, 3 juin 2010)


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