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Chronique de la Campagne présidentielle 2027 – épisode 5
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Comme lors de la précédente campagne présidentielle (où nous avions publié 25 chroniques), nous publierons régulièrement une chronique de cette élection qui s’annonce cruciale pour l’avenir du pays. En commentant les faits marquants de la campagne, de notre point de vue qui est celui de communistes révolutionnaires ayant décidé de faire campagne pour la victoire de Mélenchon en 2027.
Vous pouvez retrouver notre première chronique ICI, la deuxième ICI, la troisième ICI, et la quatrième ICI.
Au sommaire
1- Glucksmann remporte largement la primaire « sociale-démocrate »
2- Mélenchon en progression malgré les attaques et les calomnies
3- La France Insoumise renonce à la nationalisation de Total
4- Projet de budget 2027 : le capital épargné, les travailleurs/ses frappés
5- Le Rassemblement national confirme son tournant néolibéral
6- Quelques éléments sur le programme d’Edouard Philippe
7- Brèves
1- Glucksmann remporte largement la primaire « sociale-démocrate »
Glucksmann a donc largement remporté (66,2 %) une primaire faite sur mesure pour lui. Elle était réservée aux militants du PS et de Place publique, et pour celles et ceux qui n’étaient pas adhérents, il fallait débourser 15 €. Ce sont donc probablement des riches très hostiles à LFI qui ont voté. Faure et Royal sont écrabouillés avec respectivement 14,4 % et 7,6 %. Maurel et Guedj réalisent un peu moins de 6 %.
Dans la dernière ligne droite, Faure et Royal ont sévèrement attaqué Glucksmann, en considérant qu’il incarnait une ligne centriste plutôt qu’une ligne de gauche. Maurel, qui pourtant avait rompu avec le PS sur la gauche (pour s’allier avec LFI, puis avec le PCF), a épargné Glucksmann. Le résultat de cette primaire marque l’échec cuisant de la stratégie de Faure qui croyait pouvoir l’emporter en effectuant un tournant à gauche après avoir rompu avec le programme du NFP et attaquer de façon abjecte LFI. C’était du carburant pour Glucksmann, qui a le mérite de la constance dans son hostilité à LFI et qui incarne un social-libéralisme en phase avec la sociologie des participants à cette primaire.
La victoire de Glucksmann est une bonne nouvelle pour LFI, même si on aurait aimé qu’il gagne de façon plus étriquée. Elle rend impossible une union de la « gauche non mélenchoniste » car les Ecologistes, Génération.s, Ruffin ou l’Après ne feront probablement pas le choix de s’allier à un tel personnage. Glucksmann va avant tout se disputer un électorat CSP+ macroniste avec Attal et Philippe. Dans un premier sondage effectué après le résultat de la primaire, Glucksmann gagne 3 points, mais il ne prend aucun point à Mélenchon. Dans un autre, il gagne jusqu’à 5 points, mais toujours sans rien prendre à Mélenchon. Glucksmann gagne du terrain chez les macronistes grâce à l’exposition liée à la primaire, mais cette dynamique pourrait refluer rapidement.
2- Mélenchon en progression malgré les attaques et les calomnies
Les sondages sont disparates, mais Mélenchon a dans l’ensemble progressé tout au long du mois de septembre, étant désormais en position de se qualifier au second tour, même si Attal se retire au profit de Philippe. Il se situe désormais entre 15 et 20% selon les instituts de sondage.
Nous allons nous arrêter quelques instants sur le dernier sondage présidentielle Cluster17, qui est sans doute l’institut de sondage le plus sérieux : il n’est pas entre les mains de milliardaires et il avait mieux prévu les résultats de la présidentielle 2022 que les autres instituts de sondage. Mélenchon est donné à 19 %, ex æquo avec Philippe (en l’absence d’Attal), Glucksmann étant 4e avec 12 %. Si on s’intéresse à la composition de l’électorat, Mélenchon est hégémonique chez les moins de 35 ans (47%), alors que Glucksmann et Philippe y font des scores très faibles. Plus on est vieux, plus on vote Philippe ou Glucksmann. L’électorat de Mélenchon est assez homogène selon le niveau de la profession, mais comme l’électorat de Mélenchon est jeune, plus on est pauvre, plus on vote Mélenchon. Le Pen est forte chez les ouvriers et les employés, mais sa progression de ces dernières années repose essentiellement sur le vote des retraités, et plus secondairement sur sa progression chez les cadres.


Un autre sondage Odoxa vient de sortir le 14 octobre sur un très gros échantillon de 12.000 personnes, et confirme celui de Cluster17. Mélenchon est en progression, à 18 %, devant Philippe.
Quel sera l’impact du mouvement lycéen sur les intentions de vote ? Il est encore trop tôt pour le dire. Le mouvement lycéen est majoritairement approuvé par la population, mais le rôle de LFI est jugé largement de façon négative. Il faut dire que les médias mainstream martèlent que LFI encourage à la violence et « instrumentalise » les jeunes. Néanmoins, le caractère massif du mouvement et l’ampleur des violences policières (qui désormais ne peuvent plus être totalement ignorées par les médias) peuvent faire évoluer la conscience des gens vers les positions de LFI.
A Clermont-Ferrand, il y a eu une affluence exceptionnelle au meeting de Mélenchon ce dimanche 11 octobre. Plus de 10.000 personnes, dont un bon millier à l’extérieur. A Dijon, sans Mélenchon, c’est plus de 700 personnes qui ont participé à un meeting avec Clémence Guetté et Aurélie Trouvé lundi 12 octobre. Et le 14 octobre, c’est un millier de personnes qui assistait au meeting de LFI à Paris (sans Mélenchon également). La dynamique de la campagne ne faiblit pas, bien au contraire, comme en témoigne également l’afflux considérable de nouveaux militants depuis septembre dans les Groupes d’action.
Meeting de Mélenchon à Clermont-Ferrand
Et Mélenchon engrange de nouveaux soutiens.
Plus de 1 700 communistes ont signé une pétition pour soutenir la candidature de Mélenchon. Une conférence de presse a été organisée le 14 octobre, en présence de Manuel Bompard. On trouve parmi eux l’ancien ministre de la Fonction publique Anicet Le Pors (95 ans), le maire de Gennevilliers Patrice Leclerc, et beaucoup d’anciens maires ou députés. On trouve également les intellectuels Bernard Friot, Isabelle Garo ou encore les réalisateurs Robert Guédiguian et Alain Guiraudie.
Le mouvement citoyen « Victoires populaires », à l’origine de la « primaire populaire » qui avait rassemblé plus de 500.000 votants en 2022 (et qui avait abouti à la désignation de Christiane Taubira), a décidé de soutenir la candidature de Mélenchon lors de son AG extraordinaire du 6 octobre. Lire ICI le communiqué de « Victoires populaires ».
Le bureau national de Génération.s (mouvement fondé par Benoît Hamon) a décidé le 1er octobre, à une large majorité, l'ouverture des négociations avec la France Insoumise en vue de soutenir la candidature de Mélenchon. C’est une ligne qui est portée par Benjamin Lucas. C’est un coup dur pour Tondelier (qui pouvait espérer un soutien puisque les députés de Génération.s siègent dans le même groupe à l’Assemblée nationale). C’est aussi un coup dur pour Ruffin, dont la porte-parole pour la campagne présidentielle est Sophie Taillé-Polian, députée de Génération.s.
3- La France Insoumise renonce à la nationalisation de Total
Mardi 29 septembre sur France Inter, Manuel Bompard a indiqué que la nationalisation de Total ne figurerait pas dans le programme présidentiel de LFI. Pourquoi ce choix ? En avril 2026, Aurélie Trouvé avait porté une « proposition de loi visant à la nationalisation d’industries pétrolières en France ».
Nous avions discuté cette proposition de loi de LFI, en indiquant qu’il faudrait de notre point de vue nationaliser l’ensemble du groupe Total en prenant le contrôle de la tête de groupe qui se situe en France.
Manuel Bompard a expliqué que la nationalisation de Total n’était pas nécessaire puisque l’essentiel était de bloquer les prix pour soulager la population et que cela était parfaitement possible sans toucher à la propriété du capital. Comme pour la question de la dette publique, LFI sous-estime la réaction de nos ennemis, qui tenteront de contrecarrer la mise en œuvre du programme de LFI. Total aurait ainsi intérêt à exporter son pétrole raffiné en France dans des pays où le prix n’est pas bloqué. Il ne faudrait bien entendu pas laisser faire. Si un grand groupe doit être nationalisé, c’est bien Total : il produit un bien essentiel (l’énergie) dans une situation oligopolistique, et en outre, il faudrait avoir le contrôle de Total pour décider d’investissements massifs dans la bifurcation écologique et pour la décarbonation de notre économie.
4- Projet de budget 2027 : le capital épargné, les travailleurs/ses frappé.e.s
Dans la continuité des budgets 2025 et 2026, celui de 2027 promet de l’austérité pour les travailleurs/ses. Et le capital serait épargné une fois de plus.
Tout d’abord, il faut souligner les mensonges grossiers du gouvernement. Ainsi, le gouvernement fait croire que le budget de l’éducation sera en hausse en 2027 de 1,2 milliard. Mais c’est sans tenir compte de l’inflation, ce qui n’a aucun sens. Corrigé de l’inflation, le budget de l’éducation sera en baisse. Mais, comme le gouvernement nous prend pour des imbéciles, il va même jusqu’à nous expliquer que le budget de l’éducation est en hausse de 30 % depuis l’élection de Macron en 2017. Ne pas tenir compte de l’inflation sur 10 ans, bravo les champions ! En réalité, la dépense intérieure d’éducation par élève dans l’enseignement secondaire général a baissé de 8 % depuis 2009.
Le gouvernement veut frapper durement les retraités : toutes les pensions de retraites au-dessus de 1 260 € seraient gelées. Cela concerne les deux tiers des retraités. L’abattement fiscal des retraités serait aussi baissé. Le gouvernement veut aussi geler toutes les prestations sociales hors minimas sociaux. Ce seront donc les plus pauvres qui seront les plus touchés, car ce sont eux qui touchent le plus de prestations en proportion de leur revenu. Le gouvernement veut aussi faire des économies sur les arrêts maladies et il demande aux « partenaires sociaux » de lui faire des propositions. Les indemnités journalières seraient aussi davantage fiscalisées.
Les ménages les plus riches n’ont pas grand-chose à craindre. Aucune taxe sur le patrimoine n’est envisagée. Le gouvernement compte permettre aux plus riches de payer moins d’impôts sur les donations. Seule mesure susceptible d’affecter les plus riches : une réforme de « l’apport-cession » qui permet d’avoir un report d’impôt sur les plus-values si on vend ses actions pour réinvestir. Ce dispositif est très concentré : 84 foyers fiscaux bénéficient des deux tiers de cette niche. Le gouvernement envisage une réforme qui permettrait de collecter seulement 500 millions d’impôts supplémentaires.
Les grandes entreprises bénéficieraient d’une réduction de la surtaxe de l’impôt sur les sociétés de l’ordre de 2,5 milliards. Le gouvernement envisage des petites taxes sur les gros profits des sociétés d’autoroutes et de CMA-CGM. Du coup, Rodolphe Saadé s’est fâché et envisage de réduire ses projets de navires sous pavillon français. Il est fort possible que le gouvernement recule… La seule mesure qui mettrait à contribution les entreprises serait le gel des allègements généraux de cotisations patronales, qui pourrait rapporter environ 3 milliards.
5- Le Rassemblement national confirme son tournant néolibéral
Marine Le Pen va-t-elle être affaiblie par la révélation des propos grossièrement antisémites de Bardella en 2013 ? Mediapart et d’autres médias par la suite ont apporté de multiples preuves, mais le RN continue à nier les preuves, adoptant une « défense trumpiste », espérant que cette affaire soit vite oubliée. Il bénéficie en ce sens de la mansuétude des médias mainstream qui sont vite passés à autre chose.
C’est dans ce contexte que le RN a présenté son contre-budget le 6 octobre. C’est la ligne Bardella, pro-patronale, qui triomphe, même si le personnage de Bardella est désormais sur la sellette. Le RN promet 140 Md€ de coupes budgétaires nettes d’ici 2032, avec un effort particulièrement fort dès 2028 afin de faire passer le déficit public sous la barre des 3 % du PIB. Comme tous les libéraux orthodoxes, le RN veut fixer une « règle d’or » dans la Constitution qui contraindrait les gouvernements à faire de l’austérité budgétaire. Dans un autre temps, Le Pen avait critiqué toute idée de « règle d’or » qui contraignait la souveraineté populaire...

Présentation du contre-budget du RN le 6 octobre
Le contre-budget du RN est un paradis pour les patrons et les plus riches : baisse de 20 Md€ des impôts de production, disparition immédiate de la surtaxe de l’impôt sur les sociétés pour les grandes entreprises, baisse de la flat tax sur les revenus du capital, nouvelles mesures pour faciliter la transmission des entreprises… Le RN a même enlevé de son programme la taxation des transactions financières. Le RN est l’ami du capital en général, et même du capital financier autrefois ciblé. Et il le prouve lors des discussions sur le projet de budget 2027, en s’opposant à la timide réforme proposée par le gouvernement du dispositif « apport-cessions » pour faire contribuer davantage les grandes fortunes.
Le RN garde quelques mesures sociales comme la baisse de la TVA sur l’énergie (pas question de mettre à contribution les raffineurs…) ou la gratuité du permis de conduire pour les jeunes. Elle s’attaque également à l’impôt sur le revenu (le plus juste car le plus progressif) en voulant en exonérer tous les jeunes, même les plus riches.
Les commentateurs bourgeois ont salué le programme pro-patronal du RN, mais ils ont aussi relevé les chiffrages fantaisistes du RN. La contrepartie de tous ces cadeaux au patronat sera une baisse massive des dépenses sociales et pour les services publics (le RN programme 200.000 suppressions de postes de fonctionnaires).
6- Quelques éléments sur le programme d’Edouard Philippe
Édouard Philippe a inauguré en prime time la nouvelle émission politique de France 2 « l’Heure de vérité » le 8 octobre. Cela n’a guère passionné les foules : à peine 10 % d’audience, 1,674 millions de téléspectateurs, loin derrière TF1 (2,9 millions) et France 3 (2,5 millions) qui pourtant rediffusait un obscur téléfilm.

Il a confirmé ce qu’était son projet pour les retraites : un âge légal à 65 ans (il est aujourd’hui bloqué à 62 ans et 9 mois) et 45 annuités (43 aujourd’hui). Compte tenu du fait que l’âge moyen de début de la vie professionnelle est autour de 22-23 ans, cela voudrait dire qu’on ne pourrait partir à la retraite à taux plein qu’à 67 ans en moyenne…
Mais Édouard Philippe a d’autres punitions à infliger aux travailleurs au nom de la lutte contre le déficit public. Il compte par exemple supprimer 250.000 postes de fonctionnaires en 5 ans, taper une fois de plus les chômeurs (dont la durée d’indemnisation serait réduite à un an, contre 18 mois aujourd’hui) ou encore réduire drastiquement les dépenses de santé.
Édouard Philippe prétend ne pas manier uniquement le bâton, mais a des carottes à nous offrir. Si vous voulez gagner plus, c’est possible ! Il suffit alors de travailler plus. Un air de déjà vu… Les heures supplémentaires seraient totalement défiscalisées et désocialisées (aucune cotisation sociale sur ces heures). Autrement dit, il s’agirait d’assécher les ressources pour l’État et la Sécurité sociale, et donc pour les dépenses sociales et les services publics.
Mais la grosse annonce de Philippe, ce sont des aides pour les parents dès le premier enfant : il propose une allocation familiale unique de 350 € par mois, et une réduction d’impôt de 3 000 euros pendant les trois ans suivant la naissance de l’enfant. Sa cible est les classes moyennes qui paient l’impôt sur le revenu.
Enfin, Philippe fait un gros clin d’oeil à celles et ceux tentés par l’extrême-droite en s’engageant à diviser l’immigration par deux.
Il est peu probable que ces annonces suffisent à dynamiser la campagne de Philippe et à éviter la polarisation entre Mélenchon et Le Pen.
7- Brèves
La campagne des Écologistes : Alors que Sandrine Rousseau et d’autres militants écologistes voulaient que leur parti se prononce sur la stratégie présidentielle avant le 15 novembre, Tondelier a obtenu une large majorité (69%) au Conseil fédéral des écologistes pour un vote du 10 au 13 décembre. Il est probable que Tondelier défende la poursuite de sa candidature, alors que l’aile droite (très minoritaire) défendra le soutien à Glucksmann, et l’aile gauche le soutien à Mélenchon (dans le cadre d’un accord qui reste à négocier).
La campagne d’Attal tourne au fiasco. Sa tournée des « 1 000 bistrots » de septembre n’a attiré personne, alors même qu’il a payé des planches de charcuterie et de fromage pour attirer le chaland. 16 curieux à Lorient, 10 à Paris, 20 à Toulouse, 7 dans l’Hérault, où 600 personnes avaient été contactées... Il a tenté de rebondir avec un meeting à Lyon samedi 10 octobre. Prévu depuis juillet comme un grand moment de la campagne Attal, la salle de 3 000 places était à moitié vide alors même qu’il avait pris en charge une partie des billets de train des personnes venues de Paris et d’autres grandes villes… Il multiplie également les tweets agressifs à l’égard de Mélenchon pour essayer de faire parler de lui. Bref, Attal s’agite beaucoup dans l’indifférence générale.
Que se cache-t-il derrière le « phénomène Lisnard » ? Dans le dernier sondage de l’Ifop, il franchit la barre des 5 %, principalement au détriment de Retailleau. Il faut dire que Lisnard est sponsorisé par la sphère Bolloré pour promouvoir « l’union des droites » et un programme économique ultra-libéral libertarien. C’est très bien décrypté par le journaliste d’investigation Marx Endeweld.
Natacha Polony a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle le 14 octobre. Elle a également un site internet de campagne avec le slogan creux « Nous sommes la France ». Sa candidature se veut dans la continuité de celle de Chevènement de 2002, en rassemblant ceux qui veulent reconstruire et réindustrialiser le pays au-delà de la droite et la gauche. Elle est soutenue par le parti « République Souveraine » créé par Kuzmanovic, ancien cadre dirigeant de LFI jusqu’en 2019. Alors que ce mouvement prétend vouloir rompre avec l’UE, il s’apprête à soutenir une candidate qui n’a aucune intention de rompre avec l’UE, et qui défend un « souverainisme » aussi creux que réactionnaire. Polony (qui a dirigé la rédaction de Marianne) a dit il y a quelques années partager 90 % des idées de Zemmour…





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