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    Terrorisme d’extrême droite à Trappes : le racisme et l’islamophobie tuent

    Par Luc Raisse (26 octobre 2026)
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    L’attentat de Trappes, qui a tué Pengo Bossio Wangi, un jeune homme noir, et blessé cinq autres personnes, dont un homme qui est toujours dans un état critique, résulte d’une puissante campagne raciste menée depuis des années par l’extrême droite, prétendant que les immigré.e.s et leurs descendant.e.s seraient responsables de tous les maux de la société. Cette campagne est relayée aussi, de plus en plus, par la droite « classique » et une partie de « l’extrême centre », dont la politique au pouvoir intègre la chasse aux migrant.e.s, leurs expulsions massives, les violences policières impunies contre les personnes immigrées ou d’ascendance immigrée, etc. Cette campagne et cette politique ont produit toute une atmosphère raciste, qui contamine un nombre croissant de gens, radicalisant certains jusqu’à les pousser à l’acte. En tirant au fusil mitrailleur sur des personnes noires et arabes, un vendredi, aux abords de deux mosquées, tout en épargnant explicitement les personnes blanches, le terroriste Kevin T. a tiré les conséquences ultimes d’une propagande appelant à s’en prendre aux personnes racisées et musulmanes. Ces fascistes et leurs semblables (l’armée israélienne s’en étant même fait une spécialité) n’hésitent même pas à prendre pour cibles des enfants : le terroriste de Trappes a tiré huit balles sur une jeune fille de 12 ans, qui lutte toujours pour survivre.

    Malgré la maladresse de sa formulation, qui a semblé oublier les actes du terrorisme islamiste antisémite des dernières années (et que le RN s’est empressé de relever), Emmanuel Macron a eu raison de dire qu’il s’agit d’un acte terroriste et raciste ; mais il a tu le fait que ce crime est aussi islamophobe, comme le lui a reproché à juste titre le maire de Trappes, Ali Rabeh (membre du parti de gauche Génération.s). Or c’est bien l’islamophobie qui est au cœur de la propagande d’extrême droite depuis que celle-ci a changé de stratégie en faisant passer au second plan son racisme biologique et son antisémitisme (bien que ceux-ci existent toujours dans ses rangs, comme le montrent les propos de ses membres sur les réseaux sociaux publics ou privés, y compris ceux du jeune Bardella, comme Mediapart l’a établi récemment... sans que cela empêche le congrès du RN de le réélire à la tête du parti, avec un score de dictateur à 98,8% !). C’est cette islamophobie qui avait déjà conduit d’autres fascistes à perpétrer des crimes, comme l’assassinat d’un jeune homme, Aboubakar Cissé, en pleine prière à la mosquée de Grand-Combe dans le Gard le 25 avril 2025, ou l’attaque terroriste contre la mosquée de Bayonne le 28 avril 2019, perpétrée par un ex-candidat du RN (incendie et tir sur deux hommes, grièvement blessés). De ce point de vue, l’acte de Kevin T. n’est pas le premier attentat raciste non antisémite des dernières années, même s’il est le premier à avoir lieu au fusil en pleine rue. Sans compter les innombrables agressions plus ou moins graves de personnes racisées et notamment musulmanes commises quotidiennement, des insultes aux ratonades. Et sans oublier non plus les violences policières, elles aussi quotidiennes, qui ciblent avant tout les jeunes hommes des quartiers populaires, avec à la clé des dizaines de morts au cours des dernières années : la police tue bien plus souvent que les terroristes.

    Toute la journée de vendredi, on a vu les intervenant.e.s des chaînes d’extrême droite dépité.e.s du fait que cet attentat ait été commis par un des leurs, et qu’ils ne puissent pas, pour une fois, accuser les « islamistes ». Pourtant, certains ont explicitement refusé de suivre Macron sur la qualification pourtant minimale de cet acte comme terroriste et raciste. Ces gens-là portent en fait une lourde responsabilité, dans la représentation – plus ou moins explicitement formulée – des musulman.e.s comme des ennemi.e.s intérieur.e.s de la nation, et notamment contre la ville de Trappes, dont Bardella avait dit en 2022 dans l’émission Touche pas à mon poste qu’elle était « éminemment une République islamique en miniature ». Vendredi, sans la moindre honte, des intervenant.e.s de Cnews ont même osé répéter une autre formule du même Bardella (daté quant à elle de 2021), selon laquelle Trappes serait « capitale européenne du djihad ». Il y a par ailleurs des membres ou proches du RN qui ont osé se réjouir publiquement de l’attentat de Trappes, comme Ozcan Gunaydin, admirateur assumé de Pétain et candidat du RN aux municipales à Tourcoing, qui a cru bon de plaisanter sur les réseaux sociaux : « Au moins, c’est certifié que la pratique du MMA n’arrête pas les balles. » (C’est une référence au fait que Pengo Bossio Wangi, tué par le terroriste fasciste, était un pratiquant assidu de ce sport de combat.). Une minute de silence aura-t-elle lieu à l’Assemblée nationale, comme cela avait été le cas pour la mort du militant fasciste Quentin Deranque ?

    Loin de calmer l’extrême droite, l’attentat de Trappes risque fort de la stimuler. D’ores et déjà, sur un autre plan, mais dans la même logique de violences croissantes de leur part, des groupes fascistes se sont coordonnés dans de nombreuses villes pour attaquer des manifestant.e.s lors de la journée de mobilisation de samedi 24 octobre – sous les yeux de la police qui n’a rien fait pour les en empêcher, ni pour les interpeller ensuite, alors même qu’ils étaient à sa portée. Il est donc indispensable et urgent de renforcer les services d’ordre de nos organisations et de nos manifestations, comme la protection des quartiers populaires par leurs habitant.e.s, car on ne peut évidemment pas compter pour cela sur la police.

    Dans l’immédiat, nous appelons toutes et tous à participer aux nombreuses manifestations prévues pour rendre hommage aux victimes de Trappes, contre le racisme et l’islamophobie. En particulier, soyons nombreux aux rassemblements de ce

    Lundi 26 octobre en fin de journée

    (Paris, 19h, Place Stalingrad, et partout en France)

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