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    Tunisie : attention danger !

    Par Ludovic Wolfgang ( 9 septembre 2013)
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    Alors que la mobilisation de masse reprend pour chasser le gouvernement d’Ennahda, la centrale syndicale UGTT s’allie au patronat et le « Front populaire » scelle un accord avec la droite libérale !

    Nouvelle phase et radicalisation des mobilisations populaires

    Après celui de Chokri Belaïd le 6 février, l’assassinat le 25 juillet d’un second dirigeant et député du Front populaire[1], Mohamed Brahmi (probablement par les mêmes islamistes radicaux), a relancé la mobilisation de masse dans tout le pays. Le jour même, la direction de l’UGTT, la puissante centrale syndicale, a appelé à une grève générale de quarante-huit heures, bien suivie malgré les vacances. Les manifestations des 6 et 13 août ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes exigeant la démission du gouvernement de la « Troïka », dominé par les islamistes d’Ennahda et dirigé par Ali Larayedh[2]. Beaucoup de manifestant-e-s demandent aussi la dissolution de l’Assemblée nationale constituante élue le 23 octobre 2011, totalement illégitime puisque son mandat était censé s’achever un an après et que la constitution en question n’a toujours pas vu le jour. Les appels à la désobéissance civile, les incendies de locaux d’Ennahda, les affrontements avec la police, les sit in et les actions de masse se sont multipliés dans tout le pays, notamment dans les régions, comme à Sidi Bouzid et à Sfax, bastions du soulèvement révolutionnaire de fin 2010-début 2011, où les gouverneurs (l’équivalent de préfets) ont même été empêchés par la foule d’entrer dans leurs bureaux ou forcés d’en sortir…

    Le 3 août, Ennahda a totalement échoué dans sa tentative de répondre à ce soulèvement populaire par une démonstration de force : alors qu’il avait fixé l’objectif d’un millions, il n’a rassemblé que 30 000 manifestants, selon la police (200 000 selon le chiffre fantaisiste des organisateurs), malgré des moyens considérables pour les faire venir de tout le pays, y compris en offrant 20 à 50 dinars par personne (à comparer au salaire minimal de 260 dinars). Par ailleurs, accusé de n’avoir rien fait pour retrouver et traîner en justice les assassins de Chokri Belaïd et de soutenir plus généralement les salafistes et les prétendues « ligues pour la sauvegarde de la révolution », qui sont en fait des milices islamistes violentes, le gouvernement doit faire face aux attaques des djihadistes d’Aqmi (Al Quaïda au Maghreb islamique) qui veulent profiter de la situation : ils semblent chercher à fomenter des attentats en ville, ont tué un officier en décembre à Kasserine, blessé une dizaine de soldats par des mines anti-personnel en mai et surtout égorgé début août huit miliaires dans les montagnes du Chaabi. À grand renfort de médias, le gouvernement a essayé de montrer sa détermination en envoyant l’armée pour une opération de grande envergure visant à déloger les djihadistes de ce maquis proche de la frontière algérienne, où ils se sont installés depuis des mois ; si elle n’en a en fait guère attrapé, les confessions des deux qui se sont rendus ont été passées en boucle à la télévision pour faire croire à l’efficacité du pouvoir et appeler à l’unité nationale contre le terrorisme.

    Face à la crise politique, le patronat et la droite néo-libérale prennent la tête de l’opposition… avec l’aide de l’UGTT et du Front populaire

    Le pays est donc plongé dans la crise politique. Faute d’accord sur le projet de constitution, l’Assemblée constituante est paralysée, d’autant plus qu’une soixantaine de député-e-s (dont ceux du Front populaire) ont décidé de boycotter ou de suspendre leur participation aux séances depuis l’assassinat de M. Brahmi. Le 22 août, le gouvernement a accepté le principe de sa démission, proposant la date du 29 septembre, mais à condition d’un accord avec l’opposition sur la composition d’un gouvernement provisoire, sur le projet de constitution et sur la date des élections. L’opposition a refusé en maintenant son exigence d’une démission immédiate du gouvernement et de son remplacement par un gouvernement « neutre », « apolitique » de personnalités « compétentes », chargé de terminer la constitution, d’organiser les élections et de gérer les affaires courantes.

    C’est là que réside le problème principal posé par la politique de l’opposition. L’exigence de ce « gouvernement de compétences » et de ce processus électoral est le point commun à toutes les forces qui demandent la démission du gouvernement. Depuis fin juillet, elle est reprise par la centrale syndicale UGTT et l’organisation patronale UTICA, qui marchent main dans la main : au lieu de se battre contre le gouvernement et d’œuvrer à la converger des grèves dans l’objectif d’imposer les revendications sociales, l’UGTT avait multiplié depuis plus d’un an les initiatives pour un « dialogue national », avec la participation des forces politiques qui ne sont pas au pouvoir, des organisations de la société civile et de l’UTICA. C’est seulement depuis l’assassinat de M. Brahmi, face à la colère populaire qui s’est répandue comme une traînée de poudre, que la direction de l’UGTT exige la démission du gouvernement, auquel elle a lancé un ultimatum, tout en refusant la dissolution de l’Assemblée constituante (mais un tiers des membres de sa commission administrative se sont prononcés en ce sens lors de sa réunion du 29 juillet). L’UTICA est sur la même ligne : on lit dans Jeune Afrique que, suite à l’assassinat de M. Brahmi, « très vite, l'Utica fait sienne la position de l'UGTT : formation d'un gouvernement de compétences et maintien de l'ANC pour qu'elle finalise la Constitution et mette en place l'Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie), au plus tard le 23 octobre. Houcine Abassi, secrétaire général de l'UGTT, précise que les deux centrales "n"accepteront d'entamer un dialogue national que si le gouvernement est dissous". Bouchamaoui est plus pugnace : "Il faut un gouvernement de technocrates, compétents, sans agenda politique et aptes à gérer les dossiers techniques. L"intérêt du pays doit primer. J"ai envie de dire aux politiciens : "Reposez-vous et laissez-nous travailler" ». Que le patronat en ait assez d’une situation de crise politique et d’instabilité qui nuit à ses affaires, on le comprend. Mais qu’une centrale ouvrière noue avec lui un accord politique ne peut que conduire à la subordination de la classe ouvrière à la bourgeoisie et préparer le terrain d’un « pouvoir fort » seul à même de restaurer l’« ordre » — c’est-à-dire l’ordre nécessaire aux capitalistes locaux et étrangers.

    C’est ce qu’a bien compris le principal mouvement politique d’opposition, la coalition « Union pour la Tunisie », qui arrive en tête dans les sondages (avec 20,3% d’intentions de vote, contre 13% pour Ennahdha et 7,5% pour le Front populaire). Cette coalition est formée autour de Nidaa Tunes, le parti de droite néo-libéral de Beji Caïd Essebsi, ancien pilier du régime de Bourguiba, en relative disgrâce sous Ben Ali mais tout de même président de la Chambre des députés fantoches en 1990-1991 et surtout Premier ministre par intérim entre mars et octobre 2011, chargé à ce titre de canaliser le processus révolutionnaire dans la voie institutionnelle pour préserver le régime. Bien des anciens du parti de Ben Ali ont rejoint Nidaa Tunes et la France impérialiste le soutient chaudement : tous espèrent reprendre les choses en main à la faveur d’une victoire électorale. Les principaux autres partis de la coalition « Union pour la Tunisie », petites organisations issues de l’ancien PC ou de scissions droitières des courants maoïstes, ne servent que de cautions « de gauche » à Essebsi, sous couvert de défense de la laïcité et de lutte contre le danger islamiste, jugé principal.

    Or le Front populaire, qui regroupe les organisations de gauche tunisiennes (les principales étant issues du maoïsme ou du nationalisme arabe) a passé cet été un accord politique avec l’Union pour la Tunisie et donc avec la droite néo-libérale de Nidaa Tunes ! En effet, ils ont constitué ensemble le « Front de salut national » dont la principale revendication, désormais reprise par l’UGTT et l’UTICA, est la démission du gouvernement et la mise en place du fameux « gouvernement de compétences ». Ils demandent certes aussi la démission de l’Assemblée constituante, contrairement à l’UGTT et à l’UTICA, mais c’est une différence secondaire : l’essentiel est que tous sont désormais d’accord pour offrir au régime en crise une porte de sortie par la voie des institutions, d’une constitution sur laquelle le peuple n’aura même pas son mot à dire (le « Front de salut national » demande même qu’elle soit achevée par un petit groupe de juristes !) et des élections. C’est l’union sacrée contre Ennahda, mais aussi contre toute solution pouvant venir des travailleurs/ses eux/elles-mêmes.

    Rien ne peut justifier la collaboration de classe !

    Malheureusement, la direction de la Ligue de la Gauche Ouvrière (LGO, organisation amie du NPA, liée à la Quatrième Internationale-Secrétariat unifié) est pour le moment sur la même orientation que les autres partis du Front populaire. Elle croit même mener un combat de radicalisation… en demandant que le programme du « gouvernement de compétences » intègre des mesures sociales — comme si c’était possible de se mettre d’accord avec l’UTICA et la droite néo-libérale ! Au contraire, on ne peut que soutenir le parti Watad révolutionnaire (d’origine maoïste), qui a quant à lui dénoncé l’accord avec Nidaa Tunes et a été pour cela « suspendu » du FP[3]. On se réjouit également du vote de l’Assemblée générale de la section francilienne du Front populaire tunisien, qui condamne fermement l’accord[4]. La question est grave et menace de scissions les organisations du FP. Ainsi le dirigeant et ex-porte-parole de la LGO, Jalel Ben Brik, a-t-il claqué la porte et annoncé qu’il comptait créer une nouvelle organisation révolutionnaire. Les militant-e-s de base du PT, notamment de son secteur jeune, du PPDU et nos camarades de la LGO sont nombreux/ses à être désorienté-e-s par cette alliance contre nature.

    Malgré les sérieuses ambiguïtés de sa charte de fondation, qui refusait déjà de fixer l’objectif du pouvoir des travailleurs/ses et semait la confusion en proposant une stratégie institutionnelle dans une logique de « révolution par étapes », le Front populaire s’était en tout cas clairement constitué en septembre 2012 sur la base du rejet ferme et symétrique d’Ennahdha et de Nida Tunes, les deux faces de la réaction. Aujourd’hui, tout le monde comprend le risque que cette opération, qui se veut une subtile tactique pour mobiliser les masses, profite avant tout aux plus forts, c’est-à-dire à Nidaa Tunes, qui n’hésitera pas à se retourner demain contre ceux qui l’aident objectivement aujourd’hui dans sa course au pouvoir. De fait, sur la place du Bardo à Tunis, c’est Nidaa Tunes, non le Front populaire, qui est hégémonique, grâce à ses moyens supérieurs, mais aussi au piège où se sont enfermés les dirigeants du FP au nom de l’alliance.

    Des camarades de la LGO et du NPA tentent de justifier cette orientation en faisant valoir qu’il n’y a pas de processus d’auto-organisation de masse en Tunisie et en prétendant qu’il faut bien apporter une réponse immédiate à la question du pouvoir ; or le Front populaire est bien plus faible que Nidaa Tunes et il ne peut postuler au pouvoir… Mais cette logique essentiellement parlementaire ne peut mener qu’à une impasse catastrophique ! L’indépendance de la classe ouvrière est un principe sur lequel on ne transige pas. Il n’y a aucun raccourci, aucun chemin de traverse si l’on veut régler la question du pouvoir dans l’intérêt des masses. Les organisations du mouvement ouvrier n’ont pas à trouver une réponse institutionnelle à la crise du régime, mais à mobiliser les masses par tous les moyens et à défendre leurs idées propres, quel qu’en soit le résultat immédiat. Rien ne dit que cela ne puisse donner des résultats considérables en termes de construction : même tel qu’il est, en n’ayant guère organisé de campagnes et de mobilisations, le Front populaire, fondé depuis un an à peine, a réussi à se faire connaître à une échelle large, il rassemble des milliers de militant-e-s syndicaux (qui pèsent chacun-e bien plus socialement que dix adhérents lambda de Nidaa Tunes réunis) et même les 7,5% d’intentions de vote dont il est crédité dans les sondages sont importants si on les compare à ses faibles moyens et à sa médiatisation limitée. Dès lors, il serait sans doute possible de progresser à un rythme beaucoup plus rapide en menant une politique correcte, des campagnes au plus près des travailleurs/ses — ce qui n’est malheureusement pas le cas parce que, depuis le début, le Front populaire mise avant tout sur une stratégie électorale.

    En tout cas, il ne sert à rien de se lamenter sur le manque d’auto-organisation et la lassitude d’une partie des masses, qui ne font que refléter les tergiversations, voire le renoncement au combat révolutionnaire des organisations depuis deux ans. On en serait pas là si le combat politique pour la poursuite du processus révolutionnaire avait été réellement mené après la chute de Ben Ali, au lieu de participer à la « Haute instance pour les objectifs de la révolution » et à la mascarade de l’Assemblée constituante ; si l’UGTT avait organisée des grèves au lieu de les entraver avec sa stratégie de dialogue national et son accord avec le patronat ; si les militant-e-s du Front populaire avaient mené un vrai combat politique dans l’UGTT en combattant frontalement cette orientation ; si les occasions d’affrontement avec le pouvoir avaient été saisies après la répression des manifestant-e-s de Siliana par les chevrotines de la police en septembre 2012, après l’attaque du siège de l’UGTT par les milices islamistes le 4 décembre 2012 ou après l’assassinat de Chokri Belaïd le 6 février 2013…

    Mais le plus remarquable est justement que, malgré ces hésitations et ces renoncements des organisations, les masses continuent de faire preuve d’un niveau d’activité et de courage admirables, en se soulevant à Siliana, en participant massivement à la grève générale et aux manifestations après l’assassinat de Chokri Belaïd et encore cet été depuis l’assassinat de M. Brahmi. Si les dernières manifestations semblent moins nombreuses, c’est le signe que la lassitude et la confusion risquent de s’installer justement parce qu’aucune autre solution politique réellement ouvrière et populaire n’est proposée et que la confusion règne avec l’alliance contre-nature entre le Front populaire et des bourgeois de l’ancien régime honni.

    L’étau de l’alternative entre poursuite du processus révolutionnaire et risque de contre-révolution se resserre

    Le danger contre-révolutionnaire guette du côté d’Ennahda, qui joue la montre pour placer ses hommes dans tout l’appareil d’État et pourrait être tenté par une solution autoritaire, d’autant que l’expérience de son ami Morsi en Égypte lui confirme que le compromis avec ses adversaires « laïcs » n’est pas aisé, voire très risqué. Mais le danger n’est pas moindre du côté de Nidaa Tunes, qui montre certes aujourd’hui un visage « démocratique » pour gagner les élections… mais matera demain les travailleurs/ses avec d’autant plus de facilité qu’il leur aura été présenté comme un recours.

    Il est donc urgent de rompre l’accord du « Front de salut national ». Les révolutionnaires du Front populaire qui le dénoncent ont raison. Il est crucial d’élaborer, avec les travailleurs/ses et les jeunes en lutte, un véritable programme politique indépendant, fondé sur l’annulation de la dette, la répudiation des accords avec l’UE et le FMI, l’expropriation sans indemnité ni rachat et la nationalisation sous contrôle ouvrier des grandes entreprises étrangères et tunisiennes, l’embauche des chômeurs, le développement des régions déshéritées, la défense et l’extension des acquis démocratiques, des droits des femmes et de la laïcité… Cela pose comme central l’objectif du pouvoir des travailleurs/ses à tous les échelons. Le combat au sein de l’UGTT est également décisif : au lieu de se plier à la règle antidémocratique du « consensus » qui prévaut actuellement, le combat politique peut être mené dans toutes ses structures pour rompre l’accord avec l’UTICA, pour lancer des grèves et permettre ainsi à la classe ouvrière, aujourd’hui largement paralysée en tant que telle, de jouer un rôle central dans les événements. Il est également possible de mener le combat pour construire dans l’UGTT une majorité favorable au pouvoir des travailleurs/ses, qui ne pourrait que s’appuyer sur elle étant donné son poids social et son rôle politique traditionnel dans le pays. Pour gagner les masses au programme révolutionnaire, il n’y a pas d’autre solution que de participer la mobilisation permanente sur une base d’indépendance de classe, de mener des campagnes politiques sur des revendications précises et d’aider à la mise en place de structures d’auto-organisation.

    Beaucoup de choses vont se jouer en ce mois de septembre et dans les semaines suivantes. L’enjeu est majeur, de portée internationale : la discussion politique la plus franche entre révolutionnaires du monde entier est indispensable. Une intervention impérialiste en Syrie se prépare. En Égypte, l’armée a pour le moment repris le contrôle de la situation, qui était redevenue révolutionnaire, en se faisant passer aux yeux des masses révoltées comme recours contre les Frères musulmans et en leur faisant subir un massacre atroce destiné en fait à terroriser toute la population. Avec l’assassinat de M. Brahmi, le centre de gravité des processus révolutionnaires arabes est repassé en Tunisie : c’est là que se joue aujourd’hui leur avenir immédiat.


    [1] Lancé en octobre 2012, le Front populaire regroupe la gauche tunisienne. Ses deux composantes les plus fortes sont deux partis issus du maoïsme, le Parti des travailleurs (PT, ex-PCOT, dirigé par Hamma Hamami, désormais porte-parole du Front populaire) et le Parti des patriotes démocrates unifiés (PPDU, dont Chokri Belaïd était le dirigeant). Il y a aussi le Watad révolutionnaire (scission de gauche du précédent), plusieurs partis nationalistes arabes (de tradition nassériste, comme celui de Mohamed Brahmi, ou baathiste), la Ligue de la Gauche Ouvrière (LGO) trotskyste, le parti écologiste, l'association RAID (équivalent d’ATTAC), ainsi que des individus dits « indépendants ». Le Front populaire compte une dizaine de sièges à l’Assemblée constituante et est crédité de 7,5% des intentions de vote dans les sondages ; mais surtout, ses militant-e-s sont surtout nombreux/ses et influent-e-s dans la centrale syndicale UGTT à tous les niveaux.

    [2] On appelle “Troïka” le gouvernement par intérim constitué après l’élection de l’Assemblée constituante en octobre 2011 (un peu remanié après l’assassinat de Chokri Belaïd en février 2013) parce qu’il est une coalition entre trois partis : le parti islamiste Ennahda (proche des Frères musulmans comme Morsi en Égypte et l’AKP turc), qui était arrivé largement en tête avec 37% des suffrages (mais moins de 20% des voix potentielles, étant donné l’abstention de 45%) ; le CPR (Congrès pour la République) du président Moncef Marzouki (8,7%) et Ettakatol (7%), parti dit de “centre gauche”, membre de l’Internationale « socialiste » où il a remplacé à la veille de sa chute… le parti de Ben Ali.

    [3] Cf. Jules Crétois, “Tunisie : brouille au sein du Front populaire”, http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article29482

    [4] http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article29644


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