[RSS] Twitter Youtube Page Facebook de la TC Articles traduits en castillan Articles traduits en anglais Articles traduits en allemand Articles traduits en portugais

Actualités et analyses [RSS]

Lire plus...

Newsletter

Twitter

Chronique du Kurdistan [1] : L’insurrection qui vient

Voir le lexique dédié à ces chroniques pour les acronymes, noms de partis, etc.
http://tendanceclaire.npa.free.fr/article.php?id=794 

Le Kurdistan est à feu et à sang. Les enterrements sont une réalité quotidienne en Turquie, Syrie et Irak. Le sang des martyrs nourrit la colère du peuple kurde. Partout la situation est quasi-insurrectionnelle, quand elle n'est pas déjà révolutionnaire comme au Rojava.

Situation irakienne

L'aviation turque bombarde les positions du PKK (Partie des Travailleurs du Kurdistan) en Irak, plus particulièrement le Mont Kandil sanctuaire du PKK. Cela a donné lieu au massacre de nombreux civils pris par les bombardements comme à Zergelê où 14 civils ont perdu la vie. Le PDK, Partie démocratique du Kurdistan, dirigé par le clanique Barzani a demandé au PKK de partir d'Irak. Le PDK contrôle la majeure partie des Peshmergas et du Kurdistan Irakien, ses liens avec la Turquie et les Etats-Unis sont connus depuis longtemps. Cela prépare-t-il une nouvelle guerre civiles entre Kurdes d'Irak comme dans les années 1990 ? La Guerrilla du PKK participe au combat aux cotés des Peshmergas contre Daech dans de nombreux fronts stratégiques du Kurdistan irakien comme à Shengal, à Maxmur au sud d'Erbil, la capitale du Kurdistan autonome, ou encore à Kirkouk. De plus le PKK est maintenant populaire dans une partie importante de l'armée kurde des Peshmergas suite à ses exploits militaires qui ont permis de sauver des dizaines de milliers de Yézidis du génocide ou de l'esclavage sexuel pratiqué par Daech pendant que les Peshmergas aux ordres du PDK ont détalé. Les idées d'Öcalan, leader du PKK, ont conquis des parts significatives de la jeunesse kurde irakienne qui rêve de renverser le joug féodal et corrompu du PDK.

Situation Syrienne

Les YPG/YPJ (unité de défense du peuple/unité de défense des femmes), émanation militaire du PYD (parti frère du PKK), ont enregistré de nouveaux progrès contre Daech, les chassant de la ville de Sarrin et d'Hassaké dans la même semaine. Sarrin permet une position défensive solide au sud de Kobani et Hassaké est la capitale provinciale du gouvernorat du même nom qui comptait 300 000 habitants avant la guerre. Deux victoires d'importance contre Daech, mais celles-ci sont noircies de nouveau par le soutien de l'armée turque à Daech. A Sarrin Daech a lancé une contre-offensive... juste après des vols de reconnaissance de l'armée turque. Des combattants de Daech déguisés en civil savaient parfaitement par où passer avant que l'un d'eux se fasse sauter sur des YPG. Les YPG ont fait une déclaration pour dénoncer la violation de leur espace aérien.

A Efrin, troisième canton isolé du Rojava entouré par la Turquie et de nombreux rebelles islamistes, dont le front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie). Ce dernier a attaqué  le canton d'Efrin ces derniers jours ainsi que des rebelles d'Azaz sous prétexte que ceux-ci avaient été entraînés par les américains. Prendre le contrôle d'Azaz c'est prendre contrôle de la principale route de ravitaillement entre la Turquie et les régions rebelles d'Alep. Les Etats-Unis ont bombardé le front Al-Nosra et la Turquie a ouvert ses frontières avec le canton d'Efrin... aux djihadistes d'Al-Nosra.

Situation en Turquie

La Turquie a connu des changements politiques intérieurs importants depuis les dernières élections législatives. L'AKP, parti au pouvoir sans partage depuis 13 ans, et son leader autoritaire, Erdogan le sultan, ont subi une défaite à ces élections. Ils se retrouvent obligés de former un gouvernement de coalition soit avec les ultranationalistes turcs du MHP ou les kémalistes laïques du CHP qui dans les deux cas ne sont pas la tasse de thé des islamistes de l'AKP. Le HDP, formation électorale de gauche radicale et pro-kurde, a bloqué l'accession au pouvoir d'Erdogan avec ses 13% principalement obtenus dans les régions kurdes. Pris dans cette configuration Erdogan a fait le choix de la guerre: il cherche à provoquer des élections anticipées en août et obtenir de nouveau la majorité absolue au parlement. Pour cela il draine les voix des ultranationalistes en rompant le processus de paix avec le PKK et en réprimant violemment l'ensemble du mouvement kurde. La police a lancé une vague d'arrestations ciblant principalement ce qu'elle identifie comme l'extrême gauche en Turquie et plus marginalement des djihadistes de Daech. La police a déjà arrêté plus de 1000 personnes. En allant toujours plus loin, La police turque a lancé une procédure pour soutien au "terrorisme" contre Demirtaş, leader du HDP ainsi que contre la plupart des parlementaires pro-kurde du HDP. L'immunité parlementaire les protège pour la plupart mais certains ont déjà fui le pays, d'autres ont déjà été arrêtés. De violents combats ont éclaté entre la guérrilla et l'armée turque; de nombreux morts sont déjà tombés de chaque coté et pleuvent par dizaines quotidiennement. La PKK a fait sauter un gazoduc et pris pour cible de nombreux convois militaires.

Face à la tentative de décapitation du mouvement révolutionnaire turc et kurde. La population se soulève chaque jour dans toute la Turquie. A Istanbul les quartier alévi (minorité religieuse importante en Turquie) et kurde voient chaque jours des confrontations violentes entre des manifestants et la police qui a déjà fait des morts de chaque coté. Les quartiers sont bouclés, à feu et à sang, et les drapeaux rouges flottent sur les barricades. 

Le Kurdistan Nord, situé en Turquie, est au bord de l’insurrection généralisée. Chaque jour la moindre ville kurde voit ces manifestations virer à l'émeute. Des flots de cocktails Molotov et de gaz lacrymogène ont englouti les rues où chaque jour des policiers et des émeutiers tombent dans ces affrontement de plus en plus meurtriers. Une part importante des kurdes n'attendent qu'une chose: l'ordre d’insurrection du PKK et de leur leader Apo c'est à dire Öcalan. La très grande majorité des Kurdes ne croit pas en l'Etat turc et encore moins en l'AKP qui conduit le pays droit vers la guerre civile.

Pour en savoir plus:

Télécharger au format pdf

Ces articles pourraient vous intéresser :

Tribune libre

Comprendre le Rojava… ou pas.

Il y a quelques mois, paraissait "Comprendre le Rojava dans la guerre civile syrienne" de Raphaël Lebrujah. Le titre est explicite, et la tâche, de faire comprendre le Rojava en deux-cents pages, est ambitieuse. Le Rojava suscite beaucoup d'intérêt dans la gauche révolutionnaire, et il est difficile de trouver des informations fiables dans un flot continu d'informations souvent erronées, quelquefois farfelues, mais toujours invérifiables... L'ouvrage de R. Lebrujah, que les soutiens français des YPG-YPJ connaissent bien, a été encensé par la critique pro-Rojava. Rien d'étonnant, puisque le livre est un plaidoyer pour le Rojava, pour ses combattants et pour son projet politique. [...] Dans ce désert informatif, tout ouvrage consacré au projet politique émancipateur des YPG-YPJ ne peut qu'être le bienvenu.

Lire la suite...

Télécharger en pdf Tweeter Facebook