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Succession de Lepaon à la CGT: Martinez en difficulté
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
EXCLUSIF - Thierry Lepaon a présenté son projet de future direction pour la CGT. Il propose que Philippe Martinez, le numéro un de la fédération de la métallurgie, lui succède. Mais le Comité confédéral national pourrait ne pas valider la nouvelle équipe.
Bien que discrédité après les révélations sur son train de vie, Thierry Lepaon a obtenu la semaine dernière de la commission exécutive (CE) de garder la main sur le choix de l’équipe de direction qui va succéder à l’actuelle qu’il a contrainte à démissionner avec lui. On s’attendait à ce que la manoeuvre provoque une tempête. Cependant l’orage ne devait exploser a priori que ce mardi, lors de la réunion du Comité confédéral national qui a le dernier mot sur le sujet. Le secrétaire général sortant démissionnaire de la centrale s’attendait à faire valider sans trop de difficultés sa proposition ce lundi devant la CE dont les deux tiers lui étaient a priori acquis. Cela n’a pas été le cas et le scénario d’un échec devant le parlement de la centrale apparaît donc envisageable. Thierry Lepaon n’a en effet obtenu qu'une courte majorité, de 28 voix pour contre 24 (18 contre et 6 abstentions).
Une liste savamment dosée
Toujours - trop - sûr de lui, c'est avec l’inconscience qui le caractérise que Thierry Lepaon a présenté ce lundi matin à la CE la future équipe qu’il a composée avec l’aide de deux proches et de celui qu’il a désigné comme son successeur, Philippe Martinez , le secrétaire général de la fédération de la métallurgie. Parce qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même outre le métallo, deux des trois autres membres du groupe qui a travaillé avec Thierry Lepaon, parmi ses plus proches soutiens, ont aussi été inscrits sur la liste du futur bureau confédéral.
Pascal Fournet, trop impopulaire, n’a pas réussi à passer. Colette Dyunslaeger, la numéro un sur le départ des Postes et télécommunications, est proposée au poste clef de trésorière, et Philippe Texier, « coordinateur de la direction confédérale », parmi les huit autres membres du bureau au côté de Virginie Gensel-Imbrecht (secrétaire générale de la fédération de l’énergie), Grégory Roux ( membre du bureau fédéral des cheminots), Alain Alphon-Layre (ex-dirigeant de la région Languedoc-Roussillon), Michèle Chaix (ex-Commerce et bureau confédéral sous Bernard Thibault), Pascal Debay (secrétaire général de l’Union départementale de Meurthe-et-Moselle), Nathalie Metché (membre de la fédération des services publiques) et Christine Carlier (responsable de l’union locale de Lille).
Coup de tonnerre de la fédération de la santé
Cette composition avait été savamment dosée sur deux plans. D’abord, dans l’intérêt de Thierry Lepaon qui a clairement gardé la main, puisque seuls deux personnes sur les dix ont demandé sa démission, Nathalie Metché et, même si c’est sur le tard, Philippe Martinez. Cela devait assurer au futur ex-numéro un de la CGT un maintien tranquille à la commission exécutive et un sérieux pouvoir d’influence si ce n’est de nuisance. Ensuite, pour tenter de garantir le passage sous les fourches caudines du parlement, avait été construit un savant équilibre censé garantir le soutien de grosses fédérations : énergie, PTT, métallurgie... Mais pas les services publics, car sa représentante y est allée sans obtenir l’accord de sa structure.
Le coup de tonnerre a été l’annonce de la décision prise par la fédération de la santé, deuxième de la CGT, contre l’avis de sa secrétaire générale très « proche » de Philippe Martinez, de refuser de voter sur une proposition émanant de Thierry Lepaon. A l’unisson, donc des services publics, du textile, de la construction, du verre-céramique, des finances, de l’Union des fonctionnaires, des organismes sociaux, de l’Union départementale du Nord... La liste est longue, très longue. Autant dire qu’obtenir la majorité des deux tiers nécessaire pour désigner les membres du bureau confédéral au CCN apparaît difficilement plausible.
Reste à savoir si Philippe Martinez résistera au séisme. Il a déjà prévenu que si cela casse, « il retournera avec ses syndicats », selon des sources internes.




