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Le taux de syndicalisation se maintient à 11% en France
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Le taux de syndicalisation ne bouge pas en France, il reste à un faible niveau global de 11%. Mais si ce taux monte à 19,8% dans la fonction publique, il stagne à 8,7% dans le secteur marchand privé.
C'est presque étonnant et ça aurait pu être pire ! 11% de l'ensemble des salariés se déclaraient syndiqués en 2013 et 5% se disaient « sympathisants » d'une organisation syndicale, selon l'enquête « conditions de travail » récemment publiée par le service statistiques du ministère du Travail (Dares). Ainsi, depuis environ le milieu des années 1990, le taux de syndicalisation - certes faible - français n'a pas baissé malgré la part grandissante prise par le travail précaire et les nouvelles formes de travail indépendant qui n'incitent pas à la syndicalisation. Il faut cependant noter, sans réelle surprise, que le taux de syndicalisation varie énormément selon les secteurs. Ainsi, si 19,8% des salariés (agents et contractuels) de la fonction publique déclarent être syndiqués, ce taux tombe à 8,7% dans les entreprises et le monde associatif. De même, il monte jusqu'à 24% en Outre-Mer, ce qui s'explique en partie par un poids plus important de la fonction publique parmi les salariés de ces départements (37% contre 23% pour la moyenne nationale).
Il convient de rappeler que ce n'est pas le taux de syndicalisation qui fonde la légitimité des syndicats. En droit français, surtout depuis la réforme de 2008, cette légitimité est basée sur l'audience électorale lors des élections professionnelles. Le taux de participation a été de près de 43% en 2012 dans le secteur marchand et de 53%, fin 2014, dans les trois fonctions publiques.
Au total, selon les déclarations des huit principales organisations syndicales, le nombre des adhérents (salariés et retraités) en 2013 s'élevaient à 2.995.000 (2.600.000 si on exclut les retraités), c'est peu par rapport aux 23 millions de de salariés en France mais c'est toujours nettement plus que le nombre d'adhérents à un parti politique.
Transports, industrie et finance : les secteurs les plus syndiqués
Dans le privé, sans surprise, la Dares constate que le taux de syndicalisation progresse avec la taille de l'établissement. Ainsi, dans les établissements de moins de 50 salariés, ce taux ne dépasse pas 5%, alors qu'il grimpe à 11,5% dans les établissements compris entre 50 et 199 salariés et à 14,4% dans les plus grands.
Le secteur influe également beaucoup sur l'engagement syndical. Ainsi, si 18% des salariés des transports déclarent être syndiqués, ce taux passe à 12,2% dans l'industrie où est né le syndicalisme ouvrier. Les restructurations et la disparition d'anciens « bastions syndicaux » ont beaucoup fait chuter le taux de syndicalisation. Dans le secteur de la finance est de l'assurance, ce taux est de 12,9%. A l'autre bout de l'échelle, il n'est que de 4,1% dans l'hôtellerie/restauration qui emploie beaucoup de CDD et d'emplois saisonniers ce qui ne facilite pas, là encore, la syndicalisation. Dans la construction aussi, le taux est très faible (4%). Il faut dire que le secteur compte énormément de TPE/PME.
La France à la traîne en Europe
L'étude met bien en lumière que la stabilité de l'emploi favorise la syndicalisation. Tous secteurs confondus, les salariés à temps complet sont sensiblement plus syndiqués que ceux à temps partiel (12,3% contre 8,2%) Il en va naturellement de même selon la nature du contrat : ceux en CDI sont encartés pour 12,8% contre... 2,9% pour ceux en contrat durée limitée.
Au niveau européen, avec11% de syndiqués, la France se situe en queue de classement, avec la Lituanie et l'Estonie, et très loin des pays nordiques : la Finlande a le plus fort taux de syndicalisation en Europe avec 74%, devant la Suède et le Danemark. La moyenne européenne se situe à 23%. Des écarts qui sont d'abord le reflet de formes de syndicalisme et de régulation des relations du travail historiquement différentes. Ainsi, en France, à la différence des pays nordiques, il n'y a aucune incitation à se syndiquer puisque syndiqués et non syndiqués bénéficient des mêmes droits.
Le record : 49% de policiers syndiqués
Enfin, dans la fonction publique, les plus syndiqués sont les employés de l'Etat (24% contre 17% dans les hôpitaux et 16% dans les collectivités territoriales). Les gros bataillons de syndiqués se trouvent dans l'éducation-formation-recherche (24%), secteur qui emploie un salarié sur cinq des trois fonctions publiques. Mais le record absolu de taux de syndicalisation appartient aux... policiers qui sont 49% à être encartés.




