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Démantèlement structurel et social de l’AP-HP
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
SOURCE : Le site de la CGT Cochin
DEFICIT 2017 A LA HAUSSE, plus de 200 millions, gel de 600 postes…
Nouveau tour de vis en 2018
Mercredi 21 février le Directeur général M.Hirsh a réuni les organisations syndicales représentatives pour leur présenter les modalités de régulation budgétaire 2018 à l'aide d'un document remis sur table.
Ces dispositions précédemment présentées à la CME sont catastrophiques.
Il ne s'agit ni plus ni moins de l'intensification de la politique d'austérité et de l'étranglement budgétaire impulsé par Bercy, le ministère et l'ARS, le Directeur Général, main dans la main avec le gouvernement Macron.
Nous avions un EPRD (Etat Prévisionnel des Recettes et Dépenses) 2018, construit sur une hypothèse d'un déficit de 174 M€ avec une progression d'activité de 2,5% en volume pour 1,5% en recette, avec une hypothèse de baisse de tarifs de -1%...
« Nous nous sommes trompés sur l'activité qui n'est pas au rendez-vous, je n'ai pas vu le ralentissement de l'activité en 2017 » avoue M.Hirsh.
Ce que notre organisation syndicale avait déjà évalué. Comment poursuivre une activité, avec toujours et encore moins de moyens, assurée par ailleurs essentiellement depuis nombre d'années par le dévouement des personnels ? C'était prévisible au regard du sous-effectif chronique, de la dégradation de la qualité d'accès et d'accueil aux soins, des attaques sur les conquis sociaux tout azimut, des intrusions du privé lucratif, etc. .
La récompense du dévouement des agents n'est pas au rendez-vous, bien au contraire ! Car nous subissons : la diminution des indemnités de nuit, la hausse tarif crèche, la suppression de NBI et de primes, une diminution drastique de la formation, des promotions professionnelles, l'attaque sur les soins gratuits, le gel du point d'indice, l'augmentation de la CSG, etc…
Le déficit attendu pour 2017 est supérieur à 200 M €, chiffre encore provisoire autour de 219 millions d'Euros...
Les nouvelles économies attendues pour 2018 sur les effectifs – moins 23 millions – sont l'équivalent d'environ 600 ETP. Ces chiffres pourraient être revus à la baisse ou à la hausse avec les tutelles en avril 2018.
Les mesures prônées par le Directeur général sont :
- Un renforcement des mesures d'austérité GH par GH
- Mesures à 0,5 % du gel de la masse salariale
- Mise en réserve de 1% de la masse salariale pour les services centraux et généraux
- Economies sur la biologie, les médicaments, et projets d'externalisation des fonctions supports, de suppressions d'emplois de personnels administratifs et techniques.
- Injonctions de mutualisations voire de surpressions d'activités.
- Ressources supplémentaires sur la facturation des chambres individuelles
- Taux de recouvrement des factures, chasse au « gaspillage hôtelier », chasse aux doublons des prescriptions biologiques ou des médicaments et chasse aux factures irrecouvrées.
Certaines mesures se mettent déjà en place :
Pour le PNM :
- Réduction des remplacements des congés annuels
- Non remplacement des départs de certaines catégories du PA, PT
- Dans le cadre de l'augmentation de l'activité ambulatoire : suppression des effectifs de nuit, révision à la baisse de l'adéquation personnels / patients (ratio soignant/soignés)
Pour le PM :
- Suppression de certaines lignes de garde
Mutualisation des marchés et suppression ou réduction du gardiennage et sécurisation des sites.
Ce qui ne figure pas sur cette potion amère appliquée à notre institution c'est l'intensification du démantèlement des hôpitaux et les cessions d'actifs qui se poursuivent.
L'USAP CGT dénonce le véritable objectif poursuivi par les tutelles et le Directeur Général :
Le démantèlement pur et simple du premier CHU d'Europe, symbole international de santé et service public, de statut particulier auquel sont attaché des conquettes sociales. L'APHP est un contre-pouvoir de service public au sein de l'IDF et de la capitale face à l'ARS qui veut privatiser des pans entiers de la santé publique.
L'USAP CGT dénonce un plan social insupportable consistant à remettre en cause la cohésion sociale, les droits pour des personnels qui y oeuvrent au quotidien sans aucune reconnaissance institutionnelle.
Nous dénonçons ces mesures d'austérité présentées par le Directeur général qui vont encore nous mettre la tête sous l'eau alors que nous sommes déjà très éprouvés par les restrictions sociales et budgétaires. Ces mesures vont durablement remettre en cause l'offre et la qualité des soins.
C'est une mise en danger des patients...
200 M€ de déficit ramené au budget de l'APHP de 7,5 milliard d'euros, c'est une goutte d'eau…
Comment justifier une telle destruction sociale et structurelle sur la base de la dette, fabriquée par les tutelles elle-même et le désinvestissement de l'état :
- L'obligation d'emprunts aux banques plutôt qu'à la caisse des dépôts et consignation
- L'obligation de payer la taxe sur les salaires de 400 millions d'euros, alors que le gouvernement poursuit sa politique d'exonération des cotisations patronales.
L'USAP-CGT, devant ce nouveau tour de vis du Directeur Général, a exigé une information et une consultation des membres du Conseil de surveillance…
Les conséquences sont intolérables dans un contexte déjà insupportable.
L'USAP mettra tout en oeuvre pour défendre les intérêts des patients et des personnels
L'USAP dénonce le véritable objectif poursuivi : le démantèlement structurel et social de l'APHP et un plan social à tiroirs pour atteindre un objectif commandité par le gouvernement Macron. Celui-ci a une seule
conception : celle de l'hôpital entreprise, de la privatisation et de la marchandisation de la santé.
USAP CGT le 22 / 2/ 2018




