Agenda militant
Ailleurs sur le Web
![S’abonner au flux RSS [RSS]](images/rss.jpg)
- Discours du 14 juillet à Paimpont - Jean-Luc Mélenchon (15/07)
- Le capitalisme des abysses (14/07)
- Réguler l’IA ? Non ! (14/07)
- Les années géorgiennes de Raphaël Glucksmann : un avant-goût de guerre (14/07)
- Iran, États-unis : qui gagnera la guerre des propagandes ? (14/07)
- David Harvey : quel marxisme pour le 21e siècle ? (14/07)
- Lordon : IA krach ? (10/07)
- Sortir de l’anti-impérialisme moral pour désoccidentaliser la France (09/07)
- Éric Coquerel sur France info (09/07)
- La dynamique de Mélenchon s’amplifie (09/07)
- L’Organisation communiste de France soutient la candidature de Mélenchon (09/07)
- "L’Europe n’est pas démocratique" : quand Badinter lâchait une bombe en off (08/07)
- Houria Bouteldja : “La campagne 2027 va être déstabilisée” (08/07)
- Désastres des data centers : voyage au-delà du pire (08/07)
- "Canicule : la fabrique d’une défaite", avec Clément Sénéchal et Harold Bernat (06/07)
- La climatisation est-elle l’apanage des réacs? (06/07)
- Le droit à la fraîcheur (06/07)
- LES FRONTS POPULAIRES : LE CAUCHEMAR DES FASCISTES (05/07)
- "Non au délit de Palestine" : plus de 200 personnalités apportent leur soutien à Rima Hassan (05/07)
- Mélenchon à "Dimanche en politique" (05/07)
- LES MÉDIAS CONTRE MÉLENCHON : 15 ANS À DIABOLISER LA GAUCHE (04/07)
- Inacceptable, la sanction de l’Université Lyon 2 contre Julien Théry porte un coup majeur à la liberté des universitaires (03/07)
- Ce que peut le théâtre (03/07)
- Campagne "Pas de volets, pas de loyer !" (03/07)
- Lénine et l’arme de la statistique (03/07)
Liens
SNCF: ces trois grèves qui ont permis aux cheminots de gagner
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Les syndicats de la SNCF ont appelé à une grève de deux jours toutes les semaines du 3 avril au 28 juin. Depuis 1953, la compagnie ferroviaire a été marquée par plusieurs grèves des cheminots, qui voulaient défendre leur statut. Petit rappel historique.
Vous prenez souvent le train ? Nul doute que vous avez scruté avec anxiété le planning des jours de grève envisagés à l'échelon national par les syndicats de la SNCF. Une forme de mobilisation assez inédite puisqu'elle prévoit deux jours d'arrêt de travail par semaine du début avril à la fin juin.
L'objectif est de faire reculer l'exécutif sur son projet de réforme qui prévoit, entre autres, la fin du recrutement au statut de cheminot et l'ouverture à la concurrence. De grandes grèves à la mobilisation exceptionnelle avaient, par le passé, fait changer d'avis le gouvernement ou la direction de la SNCF.
1953 : le gouvernement Laniel laisse tomber sa réforme des retraites
Investi en juin 1953, le Premier ministre Joseph Laniel prône la rigueur budgétaire, d'autant que la guerre coloniale en Indochine contribue à plomber les finances. Le 11 juillet, écrit Le Monde diplomatique, "les députés lui accordent pour trois mois l’habilitation à légiférer par décrets-lois en matière économique et sociale. Ils autorisent notamment l’exécutif à modifier les conditions d’avancement et de départ à la retraite des fonctionnaires et personnels des services publics".
Il est notamment question, détaille le mensuel, d'un blocage des salaires et "d’un recul de deux ans de l’âge de départ, du basculement d’agents dits 'actifs' –"roulants" de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF) (...) autorisés à partir plus tôt– dans la catégorie des 'sédentaires'."
Le gouvernement compte sur la démobilisation due aux congés du mois d'août pour faire passer le texte sans heurts. Pour la forme, les fédérations de fonctionnaires appellent à une grève de 24 heures, mais elles vont rapidement se faire déborder. Ils sont 2 millions de grévistes le 7 août, et 4 millions le 13 août. Ni les décrets de réquisition ni l'armée ne réussiront à briser le mouvement. Le 25 août, un accord entre les syndicats et le gouvernement se traduit par l'abandon de tous les décrets envisagés.
Hiver 1986-1987 : la direction de la SNCF doit retirer sa grille salariale "au mérite"
A l'époque, Jacques Chirac gouverne à Matignon, François Mitterrand préside à l'Elysée et la Ve république connaît sa première cohabitation. La direction de la SNCF affronte alors la plus longue grève qu'elle ait connue contre un de ses projets. Les arrêts de travail vont durer 29 jours contre le projet de modification de la grille des salaires, qui diminue considérablement la part d’avancement à l’ancienneté. Mi-décembre, les cheminots de Paris-Nord se mettent en grève contre ce projet de grille des salaires "au mérite", jugée arbitraire. Le lendemain, la grève devient nationale.
Début janvier, 90 des 94 dépôts ferroviaires sont en grève. Quelque 90% du personnel roulant et 70% des sédentaires cessent le travail. Le trafic des trains est totalement paralysé en pleines fêtes de fin d'année, se remémore Le Figaro. La grève s'achève mi-janvier. Le mouvement a coûté très cher à la compagnie. Selon le gouvernement de l'époque, cité dans un rapport du Sénat, l'entreprise a perdu près de 950 millions de francs. Mais au terme d’un mois de grève, les cheminots ont obtenu le retrait de cette nouvelle grille qu'ils rejetaient.
1995 : Alain Juppé recule sur les régimes spéciaux des cheminots
A l'Elysée, Jacques Chirac a succédé à François Mitterrand, et son Premier ministre Alain Juppé présente à l'Assemblée à l'automne un plan destiné à "boucher" le trou de la Sécurité sociale. Le plan en question prévoit, entre autres, la fin des régimes spéciaux de retraites, dont celui de la SNCF, et un projet de restructuration de la compagnie publique ferroviaire, avec la fermeture de gares et de lignes non rentables.
Fonctionnaires et transports publics se mobilisent. Le 24 novembre, rappelleLe Parisien, les cheminots entament "une grève générale et reconductible". Le 29 novembre, il n'y a plus ni métro ni train, mais Alain Juppé entend encore rester "droit dans ses bottes".
Le 7 décembre, il nomme un médiateur pour mettre fin au conflit avec la SNCF. Et quatre jours plus tard, le Premier ministre annonce qu'il ne touchera pas aux régimes spéciaux. Le conflit se termine sur la démission du président de la SNCF Jean Bergougnoux, qui paie symboliquement les pots cassés.




