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Mélenchon / Zamichiei (PCF)

Mélenchon PCF

Brève publiée le 20 septembre 2018

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

https://www.anti-k.org/2018/09/19/jean-luc-melenchon-a-bientot-camarades-reponse-de-igor-zamichiei-ce-du-pcf/

Jean-Luc Mélenchon: À bientôt, Camarades ! ! 

À bientôt, Camarades !

Dimanche s’est close la Fête de l’Humanité 2018. Le message essentiel des dirigeants communistes aura été de taper sur « La France insoumise » tout en lançant des appels à « l’union des gauches ». À l’inverse, pour nous,  les responsables insoumis, le souci essentiel était par-dessus tout d’éviter les incidents. Bref, à tout prix, éviter les images qui nuiraient aux relations sur le terrain entre des femmes et des hommes avec qui nous agissons le plus souvent au coude à coude. Car ce sont ces liens que certains veulent briser à tout prix.

Le groupe parlementaire a donc décidé d’éviter la cérémonie du discours de Pierre Laurent, devenu le haut lieu des provocations verbales. En effet, l’an passé, quatre mois après la présidentielle, ce discours avait été l’occasion d’une agression verbale assez odieuse pour que nos représentants s’en aillent en refusant de le saluer. Cette année, avant même la fête, la tête de liste de la direction du PCF aux européennes avait, de façon préméditée, invectivé de façon spécialement offensante le député insoumis Adrien Quatennens. En effet, pour mettre en cause sa position sur l’immigration, il avait évoqué contre lui le devoir d’accueil inconditionnel de son grand-père fuyant le nazisme. On ne peut faire pire pour rendre toute relation impossible. La grossièreté du procédé nous a conduit à penser qu’il s’agissait d’une volonté délibérée de l’actuel cercle dirigeant du PCF dont Brossat est devenu la vitrine. Ce cercle a multiplié les offenses ces trois dernières années pour sauvegarder ses alliances avec le PS. Ian Brossat est la figure emblématique  de cette stratégie aux côtés d’Anne Hidalgo à Paris. Nous savons que les européennes ont lieu 9 mois avant les municipales et celles-ci sont la véritable cible de l’équipe dirigeante actuelle du PCF.

Évidemment, l’absence au discours de Pierre Laurent n’avait rien d’un boycott de la Fête comme a voulu le faire croire Ian Brossat. Les Insoumis étaient nombreux dans les allées de la Fête. Leurs députés et porte-paroles ont honoré toutes les invitations qui leur avaient été adressées. En évitant le discours de Pierre Laurent au stand du CN du PCF, nous avons évité tous les incidents et les images désastreuses qui seraient allées avec. De la sorte nous avons aussi rendu service aux communistes de la Fête que des images de provocations auraient desservis, comme ce fut le cas lorsque notre stand avait été dégradé à deux reprises ou les accrochages filmés avec gourmandise à la sortie du discours de Pierre Laurent !  Il s’agit de sauver les dialogues futurs. Ces dialogues reprendront, un jour ou l’autre, quand cette page sera tournée par les communistes.

De ce point de vue, nous aussi nous attendons beaucoup du congrès communiste. Nous espérons que soit tournée la page des relations lamentables qui prévalent depuis trois ans. Car le Front de Gauche est mort de notre refus de la stratégie d’alliance à géométrie variable de la direction communiste actuelle. De notre refus des « primaires de toute la gauche ». Mort du refus du PCF de permettre les adhésions directes au Front de Gauche et les comités de base. De leur refus de rompre avec Tsípras après sa trahison. Collusion qui continue aujourd’hui encore, alors même que  le porte-parole de Syriza propose un front de Macron à Tsípras en Europe « face aux populismes ». De leur refus de dire si oui ou non leur politique européenne se fait à traités constants comme le disent Hamon et Brossat ou s’il acceptent la statégie de la désobéissance aux traités que nous proposons. Bref, il faut le rappeler : la fin du Front de Gauche n’a pas été une fâcherie personnelle mais une rupture politique sur des questions politiques.

Le divorce dure parce que rien de tout cela n’est réglé au PCF. Et parce que la ligne Brossat, pour trouver un accord avec Hamon, se construit sur une mise au ban des Insoumis sur la base de diffamations communes contre les Insoumis. Tout cela pour protéger la poursuite des alliances à géométrie variable. La nouvelle alliance qui se profile est un attelage des plus étranges si l’on tient compte de la ribambelle de déclarations identitaires entendues récemment. Benoît Hamon-Varoufakis-PCF ? Pourquoi pas ? Cela facilitera la clarification. Bien sûr, nous savons que cette coalition consacrera toute son énergie comme aujourd’hui à nous réserver tous les coups et à tout faire, comme à la présidentielle, pour empêcher notre succès. Mais ce nihilisme sans projet sera vite décrypté.

Rien ne le dit mieux que l’appel du député PS Carvounas. Celui-ci était le porte-parole de Manuel Valls un temps. Il comparait alors les communistes aux nazis. A présent, il appelle à une liste PCF/ PS/ EELV dans le noble projet de « ne pas disparaître ». Quel programme ! Où le peuple trouverait-il son compte dans ce sauvetage ? Les électeurs trancheront. Et alors le paysage sera solidement redessiné pour préparer sérieusement la conquête du pouvoir en 2022 au fil des élections locales. J’ai la ferme conviction que la voix des urnes fera le travail d’apurement qu’elle a commencé aux élections présidentielles. Nous espérons tout d’elle. Rien des combines et accords de sauvetage mutuel auxquels s’invitent entre eux nos agresseurs.

Pour nous, l’essentiel est ailleurs. Sur le terrain, ici et là dans les luttes, à l’Assemblée nationale, le plus souvent, les Communistes et les Insoumis marchent ensemble. D’autant plus facilement que souvent des Insoumis se disent communistes et que des Communistes se disent insoumis. C’est bien. « La France insoumise » est bien un label commun. Chacun en dispose pour mener à bien son travail en vue de l’insoumission de la société tout entière. Personne ne renonce à son identité. Cette façon de vivre en commun se fait sans discours ni négociations. C’est une coopération spontanée. Et quand cela ne se fait pas, cela tient davantage au comportement des personnes qu’aux divergences d’idées. Il ne s’agit pas de dire que les programmes sont les mêmes.

Résumons. Le but des communistes est la révolution socialiste, la propriété collective des moyens de production et le communisme. Ils amorcent un tournant écologiste qui nous réjouit. Le nôtre c’est la Révolution citoyenne, le partage des richesses, la planification écologique et la 6ème République. Ces deux projets ont des plages communes mais ils ne se confondent pas, cela va de soi. Mais cela n’empêche pas d’ici-là d’agir ensemble. C’est pourquoi nous attendons donc beaucoup du prochain congrès communiste.

Nous attendons d’avoir des interlocuteurs fiables qui tiennent parole, garantissent une ligne constante, renoncent à l’injure et à la trahison de la parole donnée dans leurs relations avec nous comme l’a fait pendant toutes ces années la direction communiste actuelle. Le reste est l’affaire des communistes et je ne m’en mêlerai point. Notre conviction est que des communistes sûrs d’eux-mêmes seraient des interlocuteurs plus fiables. Mais il va de soi que nous attendons aussi des clarifications sur les sujets brûlants que Brossat a mis à l’ordre du jour.

Par exemple, nous ne sommes pas d’accord pour que l’immigration soit le débat central de la prochaine élection comme l’a proclamé Brossat au nom du PCF. Ce serait servir la soupe à Macron et Le Pen. Et nous ne sommes pas d’accord pour renoncer à traiter les causes de l’immigration comme l’affirme Brossat contre Quatennens au nom du devoir d’accueil inconditionnel de son grand père juif fuyant les nazis. Nous ne sommes pas d’accord pour taire le fait que le patronat utilise la main d’œuvre sans-papier pour la maltraiter et la sous-payer dans le but de se procurer de la main d’œuvre peu chère et de peser sur le salariat organisé. En le disant, cela ne signifie ni que nous rendons les migrants responsables des bas salaires ni du chômage comme nous en accusent calomnieusement Besancenot, Hamon, Brossat.

Nous avons prévu de créer un statut de réfugié économique pour répondre au problème que posent les personnes dans cette situation sans sombrer ni dans l’expulsion générale ni dans le refus du contrôle. Nous nous prononçons pour la régularisation des travailleurs sans-papier et le même contrat de travail pour tous en opposition au statut de travailleur détaché. Nous ne sommes pas pour le droit de libre installation. En effet nous défendons la réalité des frontières parce que nous en avons besoin par ailleurs pour appliquer notre programme et faire du protectionnisme solidaire, de la relocalisation, de l’impôt universel, du contrôle des marchandises et de la douane. C’est une position de raison que la nôtre. Nous pensons qu’elle mérite d’être discutée en tant que telle et non disqualifiée par l’injure.

Du coup, nous attendons de nos contradicteurs que leurs positions soient clarifiées. Nous attendons qu’elles soient mises en mots comme une politique applicable au pouvoir et pas simplement une déclamation en vue de nous flétrir. Certes, aujourd’hui il semble qu’il suffise de nous insulter pour être dispensé de préciser ce que l’on défend soi-même. Il suffit de dire « LFI, c’est flou » sans jamais démontrer quoi que ce soit pour être aussitôt repris en boucle. Cela ne durera pas : le vrai flou est celui de nos contradicteurs. Il ne résistera pas à un débat sérieux. Nos positions sont argumentées. Elles forment un tout. Un document écrit les présente. Nos positions ne sont pas celles qui nous sont attribuées par des journalistes trop fainéants pour lire notre programme sur le sujet ou des politiciens trop éloignés de la vie institutionnelle pour avoir écouté nos oratrices et orateurs à la tribune de l’Assemblée nationale. Et l’amnésie sur la participation de chacun à la loi Valls sur l’immigration ne durera pas non plus, qu’on se le dise.

Bref, sur cette question, nous espérons que le congrès communiste donne des réponses claires car c’est à ce prix qu’un dialogue argumenté est possible. Mais est-il réellement souhaité ? Le niveau de violence verbale actuelle de l’équipe de Pierre Laurent montre que non. Peut-être parce que l’addition des flous dans les choix ne laisse plus que la hargne comme dénominateur commun et le report sur autrui des causes de son impuissance.  Nous sommes certains que les communistes  n’accepteront pas cette identité rabougrie et cette hargne si exclusive.

À bientôt camarades !


Réponse à Jean-Luc Mélenchon: camarade, revenons au débat de fond!

Mediapart – 18 SEPT. 2018 – PAR IGOR ZAMICHIEI – BLOG : LE BLOG DE IGOR ZAMICHIEI

Dans son billet de blog d’hier «C’est tant ! C’est trop !» dans la partie intitulée «à bientôt camarades» Jean-Luc Mélenchon se sent obligé de commenter la fête de l’Humanité et se livre à une nouvelle charge violente contre le PCF. J’y réponds par ce texte.

Pourquoi cette intervention de Jean-Luc Mélenchon ? D’abord parce que son absence à cette édition 2018 n’a pas empêché la fête de constituer un événement politique : une fréquentation record, avec la présence de centaines de milliers de personnes dans les débats et concerts et de personnalités de toute la gauche au discours de Pierre Laurent. Ensuite parce que Jean-Luc Mélenchon prend très au sérieux la candidature d’Ian Brossat aux élections européennes et s’inquiète désormais d’une possible concurrence du jeune élu communiste qui l’a parrainé à la présidentielle, incarne le renouvellement politique et porte un projet européen très offensif.

Ainsi, le premier responsable de France insoumise veut tenter d’imposer aux participants de la fête et aux médias sa propre lecture de cet événement, pour discréditer le message du PCF en cette rentrée politique et celui porté par notre candidat aux élections européennes. L’expérience me conduit à ne pas laisser sa violente charge sans réponse car l’actualité montre chaque jour que la répétition de mensonges par des personnalités médiatiques conduit malheureusement souvent nombre de personnes à penser que ce sont des vérités.

La réponse d’Adrien Quatennens au tweet d’Ian Brossat était évidemment un prétexte pour donner de l’audience à France insoumise. Monsieur Quatennens nous avait d’ailleurs confirmé sa présence au discours de Pierre Laurent après la publication de ce tweet. Il faut dire que le jeune député est un récidiviste de la polémique politicienne. Déjà l’année précédente, alors qu’il assistait au discours de Pierre Laurent, c’est lui qui a déclenché le cirque médiatique de la délégation FI prétendant que la direction du PCF « tape sans relâche » sur Jean-Luc Mélenchon, après des propos pourtant bien mesurés du secrétaire national du PCF. Quant à affirmer que les discours de Pierre Laurent sont un « haut lieu des provocations verbales », les militants et journalistes qui le connaissent et le suivent apprécieront le ridicule du propos !

Une remarque sur la méthode de Jean-Luc Mélenchon. Dans son texte, il oppose « le cercle dirigeant du PCF » aux députés et adhérents communistes en affirmant simultanément : « nous attendons beaucoup du congrès des communistes ». La ficelle est un peu grosse : à deux mois d’un congrès du PCF, il s’agit de diviser les communistes. Ce procédé n’est pas nouveau, il l’a déjà utilisé à maintes reprises depuis les municipales de 2014 à l’occasion desquelles il faisait déjà le tri entre les communistes qui selon lui adhéraient à sa stratégie dite d’autonomie et les autres (procédé également utilisé l’année dernière pour tenter de diviser les syndicalistes et de prendre le leadership du mouvement social). Vaine tentative ! Le PCF a toujours été autonome des autres forces politiques depuis sa création en 1920, sachant promouvoir son propre programme dans les alliances électorales. Et les communistes n’ont jamais laissé, fussent leur débats internes vigoureux, un autre parti affaiblir leur unité.

Les raisons de cette tentative de discrédit du PCF et la méthode de Jean-Luc Mélenchon étant démasquées, venons-en au débat de fond, concernant les raisons de la fin du Front de gauche et l’enjeu des élections européennes.

La fin du Front de gauche découle principalement de la volonté hégémonique du Parti de gauche, attitude que France insoumise a confirmée depuis, ainsi que de l’incapacité de nos deux forces à permettre une intervention populaire durable.

« La stratégie d’alliances à géométrie variable » du PCF selon Mélenchon a permis des politiques sociales qui ont forgé le modèle social français et continuent d’innover aujourd’hui. C’est vrai au plan national, notamment avec l’alliance des communistes aux gaullistes après la guerre, dans les gouvernements de 1944 à 1946, qui ont compté plusieurs ministres communistes dont notre camarade Ambroise Croizat, créateur de la Sécurité sociale. C’est vrai aussi dans les municipalités à direction communiste, dont l’action au service des intérêts populaires a pris au fil des décennies l’épaisseur d’un « communisme municipal », qui continue aujourd’hui de produire des innovations sociales, écologiques et démocratiques. C’est vrai enfin dans les municipalités à direction socialiste auxquelles nous participons, comme à Paris, dans laquelle des dizaines de milliers de familles des catégories populaires peuvent encore vivre grâce à l’action d’élus comme Ian Brossat, qui a tant fait pour le logement social et contre la spéculation immobilière, comme le démontre à nouveau son combat contre la multinationale AirBnB.

Quant à penser que « les adhésions directes au Front de gauche » auraient permis l’investissement populaire, c’est d’une part ne pas avoir compris que les succès du Front de gauche ont reposé sur la diversité de ses forces. C’est d’autre part sous-estimer les problématiques de l’engagement politique : comment penser que le manque de confiance dans la politique et dans l’action collective puisse être résolu magiquement par une carte d’adhésion unique à un front de forces ? Construire cette confiance exige de développer des actions de proximité et de solidarité, de travailler à l’obtention de victoires locales concrètes, qui montrent que l’action collective peut changer la vie ou encore de transformer nos organisations pour que la parole populaire puisse s’y exprimer et participer à égalité avec les autres aux décisions démocratiques. C’est un défi de constance politique et d’humilité à mille lieues de proclamations et de coups de mentons, qui peuvent susciter un temps l’engouement électoral mais ne déboucheront jamais sur une participation durable du peuple à la vie politique. Au passage, à propos de « la voix des urnes », Jean-Luc Mélenchon affirme « nous espérons tout d’elle », confirmant ainsi que l’implication citoyenne au-delà du vote n’est pas pour lui une priorité, alors que l’histoire du mouvement ouvrier montre l’inverse : c’est grâce à l’intervention populaire que les grandes avancées se réalisent et sans elle les expériences de gouvernements de gauche ne tiennent pas leurs promesses.

Concernant les élections européennes, Jean-Luc Mélenchon affirme : « Nous ne sommes pas d’accord pour que l’immigration soit le débat central de la prochaine élection » et s’acharne sur un soi-disant « refus de dire si oui ou non leur politique européenne se fait à traités constants, comme le disent Hamon et Brossat ».

L’interview donné par Ian Brossat à l’Humanité le 5 juin dernier balaie ces deux mensonges. À la question de savoir quelles ruptures il portera dans la campagne, il répond : « D’abord, nous voulons en finir avec une Europe qui met en concurrence les salariés en proposant, face au dumping social, un salaire minimum européen et une clause de protection des salariés en France. Les services publics forment un autre pilier absolument fondamental de notre projet. Nous défendons, en écho à la bataille du moment sur la réforme ferroviaire, un moratoire sur les directives de libéralisation et l’abrogation du traité budgétaire. L’Union européenne a également failli sur l’accueil des migrants. Bon nombre de ceux qui composent les campements de rue à Paris sont dits « dublinés ». L’État français leur explique qu’ils vont devoir retourner en Italie parce que leurs empreintes y ont été enregistrées en premier. On marche sur la tête. Les gouvernements européens jouent au ping-pong avec des vies humaines. L’Union européenne doit prendre ses responsabilités et organiser une prise en charge digne de l’ensemble des réfugiés. »

Ainsi chacun constatera qu’Ian Brossat commence par porter des propositions contre la mise en concurrence et pour le développement des services publics et développe ensuite l’enjeu de la politique migratoire. Chacun constatera également qu’il appelle à l’abrogation du traité budgétaire. Dans la même interview, notre candidat dénonce tous les traités, dont celui de Maastricht, que les communistes n’ont pas voté, rappelons-le, contrairement à Jean-Luc Mélenchon. Nous n’avons donc aucune leçon de radicalité à recevoir. Quant à l’immigration, la position d’Ian Brossat affirmant un accueil inconditionnel des migrants fait honneur à la gauche et la fierté de tous les communistes. Et nous nous félicitons que la constance de notre camarade sur cet enjeu, comme celle d’autres personnalités de gauche, ait fini par conduire Jean-Luc Mélenchon à désavouer Djordje Kuzmanovic, dirigeant de FI, dont la rhétorique flirte depuis longtemps avec les propos de l’extrême droite.

Les élections européennes vont déterminer le sort de l’Europe alors qu’une montée identitaire nous renvoie aux heures les plus sombres de notre histoire. Emmanuel Macron et les forces d’extrême droite essaient de faire de leur opposition médiatique l’enjeu de l’élection. Or, non seulement les politiques néolibérales ont conduit à faire progresser l’extrême droite mais cette progression conduit désormais les dirigeants néolibéraux a céder de plus en plus de terrain aux politiques xénophobes. Toutes ces forces sont unies par les liens sacrés du marché et agissent au service des intérêts financiers d’une minorité. L’enjeu des élections européennes est de savoir si nous pouvons faire progresser une alternative crédible portant, comme l’affirmait récemment Ian Brossat au Monde« une Europe ouverte, multiculturelle, sociale », l’ambition de « créer des droits pour les peuples et non leur en ôter, s’attaquer de plein fouet aux inégalités sociales plutôt que les conforter, organiser l’accueil des migrants plutôt que refouler les navires de sauvetage ». Nous tendons la main à toutes les forces de gauche qui veulent discuter avec nous sur ces bases. Nous nous sommes adressés dès janvier dernier à France insoumise, bien avant la mise à disposition de la candidature d’Ian Brossat, dans une lettre restée sans réponse, et nous continuons d’affirmer notre disponibilité pour un rassemblement, tant l’attente d’unité est forte à gauche et contribuerait, si elle se faisait sur des bases solides, à faire reculer l’Union européenne des multinationales. Mais nous refusons de rester inactifs devant le danger qui s’annonce. Nous sommes en campagne sur nos idées communistes, avec notre candidat, pour refonder l’Europe au service des intérêts des peuples européens.

Camarade Mélenchon, revenons au débat de fond !

Igor Zamichiei, membre du comité executif national du PCF