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Le PCF et l’élection présidentielle de 2022
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Les 10 et 11 avril, le PCF réunissait une Conférence nationale composée d’un millier de délégués. 66 % d’entre eux ont voté en faveur d’une candidature issue du PCF à l’élection présidentielle. Puis 73 % des délégués ont choisi comme candidat Fabien Roussel, le secrétaire national du parti. Les militants du PCF se prononceront par un vote les 8 et 9 mai. Ils auront le choix entre deux options : soit confirmer les positions de la Conférence nationale, soit privilégier une « stratégie partagée » avec d’autres forces de gauche – en clair, ne pas présenter un candidat du PCF.
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Un programme, deux candidats ?
Les décisions de la Conférence du PCF ne peuvent pas susciter d’enthousiasme chez les millions de jeunes et de travailleurs qui veulent remplacer Macron et sa clique, en avril 2022, par un gouvernement de gauche doté d’un programme radical. Personne n’imagine que le PCF remportera l’élection présidentielle. Dans la « gauche radicale », Jean-Luc Mélenchon est le seul susceptible d’accéder au deuxième tour. Or le PCF a sensiblement le même programme (réformiste) que la France insoumise. Dès lors, à quoi bon deux candidats ? N’est-ce pas un gâchis de forces pendant la campagne – et de voix le jour du scrutin ? Voilà ce que beaucoup de jeunes et de travailleurs se sont demandé, sans doute, en apprenant les décisions de la Conférence du PCF.
Pour se justifier, Fabien Roussel et ses camarades exagèrent les divergences entre le PCF et la FI. Le 12 avril, sur RFI, Ian Brossat (PCF) expliquait : « la gauche ne parle pas suffisamment de la question sociale – la question du pouvoir d’achat, celle de la répartition des richesses. […] La raison d’être de la candidature » du PCF, « c’est de parler de cette question-là ». Ian Brossat espère-t-il convaincre les masses que la FI ne s’intéresse pas à la « question sociale » ? Son argument est d’autant plus faible que sur le « pouvoir d’achat » et la « répartition des richesses », le PCF et la FI ont à peu près le même programme.
Impasse
Il y a au moins deux raisons qui expliquent la décision de Fabien Roussel et des dirigeants du parti qui soutiennent sa candidature.
D’une part, ils ménagent leurs rapports avec les appareils du PS et des Verts, dont l’adversaire principal, à gauche, est la FI. La direction du PCF cherche à soigner ses alliances électorales avec les Verts et le PS. Par exemple, nul doute que la maire de Paris, Anne Hidalgo, apprécie la position – sur la présidentielle – de son adjoint au logement, Ian Brossat.
D’autre part, face au déclin continu de leur parti, beaucoup de militants redoutent que le PCF soit « invisible » s’il n’a pas de candidat à la présidentielle. Fabien Roussel a été élu à la tête du parti, en 2018, en s’appuyant sur cette inquiétude. Il a promis que le PCF aurait désormais des candidats à « toutes les élections ». Si, virant de bord, la direction du parti soutenait la candidature de Mélenchon, cela aggraverait la crise interne du PCF.
Cependant, si elle est confirmée par le vote des militants, la candidature de Fabien Roussel aggravera, elle aussi, la crise interne du PCF. Beaucoup de militants communistes comprennent que le PCF risque de payer très cher cette candidature, car des millions d’électeurs de gauche la percevront comme une division injustifiable et un obstacle à la possible victoire de Mélenchon. Le PCF serait « visible », peut-être, mais surtout discrédité.
Réformisme ou communisme
Le fond du problème, cependant, n’est pas la tactique du PCF à la présidentielle. Le fond du problème et la raison centrale de l’affaiblissement de ce parti, depuis de nombreuses années, c’est son programme réformiste. La direction du PCF s’est adaptée au système capitaliste. Elle ne remet plus en cause la propriété privée des grands moyens de production. Son programme – comme celui de la FI – propose d’en finir avec les fléaux du capitalisme… sans exproprier les grands capitalistes. Or sur ce terrain-là, celui du réformisme, c’est désormais la FI qui domine la « gauche radicale » (« radicale » relativement au PS et aux Verts).
Dans les limites de son programme réformiste, la direction du PCF est condamnée à aggraver la crise interne de son parti – qu’elle ait, ou non, un candidat à la présidentielle. A l’inverse, si elle mobilisait pleinement le parti pour soutenir le candidat de la FI, tout en défendant un programme de rupture avec le capitalisme, elle limiterait la crise interne au PCF. Mieux : le PCF trouverait un puissant écho dans les couches les plus radicalisées de la jeunesse et du salariat. Il en sortirait renforcé.
Malheureusement, ce n’est pas du tout l’orientation que prend la direction actuelle du PCF. Pour notre part, nous soutiendrons la candidature de la FI à la présidentielle, tout en soulignant les limites réformistes de son programme. Nous interviendrons dans la campagne électorale pour y défendre les idées et le programme du marxisme révolutionnaire. Et nous appelons à nous rejoindre tous ceux qui veulent nous aider dans ce travail.




