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Pass sanitaire. Les salariés dont le contrat sera suspendu n’auront pas le droit au chômage !
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Dans un entretien accordé au JDD à propos du passe sanitaire, Elisabeth Borne a confirmé qu'à partir du 30 août, un employé privé de salaire par la suspension de son contrat de travail “n'aura pas droit aux allocations chômage” non plus.

Ce dimanche, à la veille de l’élargissement du pass sanitaire aux hôpitaux, bars, restaurants, avions et TGV - en plus des lieux culturels et de loisirs où il était déjà en vigueur -, Elisabeth Borne a annoncé au JDD que pour un salarié de ces dits secteurs présentant un défaut de pass sanitaire, la suspension du contrat de travail et donc du salaire, « ce n’est pas une rupture du contrat, donc il n’aura pas droit aux allocations chômage ».
Validée ce jeudi par le Conseil Constitutionnel, la loi concernant la gestion de la crise sanitaire prévoyant l’extension du pass sanitaire et la vaccination obligatoire des soignants constitue une attaque sociale sans précédent. Elle prévoit notamment la suspension immédiate du versement du salaire pour tous les travailleurs de ces secteurs qui n’auront pas été vacciné entièrement ou qui ne pourront pas présenter de test Covid de moins de 72h effectué par un professionnel de santé. Une façon de pousser ces travailleurs à démissionner sans quoi ils seraient alors dans l’impossibilité d’exercer toute activité rémunérée.
Jusqu’ici il pouvait persister un doute quant à la réalité de cette dite suspension de salaire, tant les conséquences sociales d’une privation totale de revenu de quiconque pour des motifs sanitaires était inimaginable. La Ministre du Travail précise dans son entretien au JDD qu’a partir du 30 août, tout salarié soumis à l’obligation qui présenterait un défaut de pass sanitaire sera bel et bien privé purement et simplement de tout revenu, y compris du droit au chômage et donc de tout moyen de subsistance. Ni salaire, Ni allocation chômage, ni aucune forme d’indemnité avant ou après avoir dû démissionner.
Tandis que 35% de la population soit plus de 20 millions de personnes n’a pas encore reçu de première dose en France, le gouvernement, dans son approche “pédagogique” et “rassurante” comme le disait hypocritement la ministre au JDD, leur laisse donc un sursis d’à peine 3 semaines à compter d’aujourd’hui pour se faire vacciner, sans quoi il les plongera du jour au lendemain dans la précarité.
Cette mesure cherche à contraindre ceux qui demeurent méfiants face à la vaccination au lieu de convaincre pédagogiquement. De plus, c’est une double peine pour les précaires car ce sont précisément ces populations qui seront sanctionnés après avoir été consciemment mis à l’écart de la campagne vaccinale du gouvernement. Comme le note Jérôme Martin de l’Observatoire de la transparence dans les politiques du médicament dans Basta Mag : « il existe des facteurs sociaux qui sont des freins à la vaccination, y compris dans la volonté ou pas de se faire vacciner ; car l’accès à l’information est aussi inégalement réparti. La Seine-Saint-Denis est un des départements les moins vaccinés [...] parce que c’est une population qui, du fait notamment des revenus, aussi parfois à cause de la barrière de la langue, de l’exclusion de certains étrangers de la couverture maladie, est confrontée à des inégalités dans l’accès au vaccin. On connaît ces inégalités, elles sont parfaitement documentées. Les collectivités territoriales ont tenté de compenser cela, mais les moyens donnés par l’État ont été totalement insuffisants pour y faire face. »
Bien que le Conseil Constitutionnel a retoqué la loi à propos de la rupture anticipée des CDD et des contrats d’intérim, les travailleurs embauchés sous ces contrats précaires qui n’auront pas été convaincu du vaccin dans les prochains jours, sans droit au chômage, se verront donc dans l’obligation de démissionner immédiatement sans aucune garantie de retrouver un emploi en pleine crise économique. Cette mesure est une attaque sans précédent envers le droit du travail, démontrant que le passe sanitaire est une mesure libérticide avant d’être un moyen d’endiguer l’épidémie.
Macron s’enfonce dans sa gestion autoritaire de la crise à travers un chantage social inédit. Ayant lui-même nourri une grande partie de la défiance de la population avec sa stratégie sanitaire désastreuse et répressive, le gouvernement veut culpabiliser et faire payer à des millions de travailleurs ses propres échecs face à l’épidémie.
Avec une mobilisation qui s’élargit chaque weekend contre ce pass autoritaire, il est maintenant urgent de mettre sur pied notre propre stratégie sanitaire par en bas pour répondre à l’autoritarisme du gouvernement. C’est-à-dire imposer une véritable campagne vaccinale fondée sur une pédagogie qui réponde aux inquiétudes, élaborée démocratiquement par la population et les professionnels de santé eux-mêmes, accompagnée de moyens pour la santé et de vraies mesures de prévention organisée par les travailleurs pour briser les chaînes de transmission du virus.
Afin de lutter contre les attaques liberticides et antisociales du gouvernement, et pour exiger des moyens pour résolution de la crise sanitaire : nous devons lutter dans la rue contre l’autoritarisme de Macron !




