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Le gouvernement n’a pas voulu anticiper la remontée du Covid-19
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

En France, mais aussi partout en Europe, le covid repart à la hausse. L’OMS en fait aujourd’hui l’épicentre de l’épidémie, et s’inquiète du risque de 500 000 morts supplémentaires en Europe cet hiver. Mais face à cette remontée prévisible, le gouvernement n’a pas voulu anticiper.
Pendant la période automnale, le couple humidité-baisse des températures favorise la persistance en aérosol du virus, alors que la pluie et le froid favorisent la vie en intérieur et ne poussent pas vraiment à ouvrir les fenêtres. Le variant delta est presque deux fois plus contagieux que son prédécesseur. Et si unE vaccinéE risquait 12 fois moins de transmettre le covid qu’unE non-vaccinéE (étude Pasteur), ce n’est plus que quatre fois moins avec le delta, même si la vaccination reste efficace à 90 % face aux risques d’hospitalisation et de mortalité. Les conditions d’une reprise épidémique étaient connues. Et le gouvernement ne l’a pas anticipée. Avec le pass sanitaire, c’est même le contraire qui s’est produit. Même le très officiel comité scientifique s’est ému que le pass apparaisse « comme une protection absolue contre la contamination ».
Des chiffres pas si rassurants
En comparaison de certains pays européens peu vaccinés, où la mortalité explose, comme en Europe de l’Est ou en Russie (8 000 décès en une semaine), le gouvernement français vante ses chiffres de vaccination. Mais derrière les « bons » chiffres français se cache une réalité plus inquiétante. Alors que dans de nombreux pays européens, Autriche, Danemark, Espagne, Irlande, Islande, Malte, Norvège, Portugal, la couverture vaccinale frôle les 100 % pour les plus de 80 ans, elle est de seulement 87 % en France. Et c’est malheureusement dans cette tranche d’âge que l’incidence du covid augmente le plus. Le pass sanitaire, que nous avons critiqué aussi pour cette raison, n’a fait progresser la vaccination que de quelques pourcents. Et c’est dans les quartiers les plus pauvres, les plus éloignés du système de santé, que les taux de vaccination sont les plus bas, alors que diabétiques, obèses ou hypertenduEs y sont les plus nombreux. Cette politique autoritaire a été bien incapable de vacciner tous ceux et toutes celles qui sont les plus fragiles face au covid, comme elle est bien peu efficace pour convaincre celles et ceux qui en ont réellement besoin et chez qui la baisse de l’immunité vaccinale est d’ailleurs la plus rapide, personnes âgées, immunodéprimées, d’aller faire leur troisième dose…. Si l’on ajoute à cela le scandaleux déremboursement des tests covid, qui rend plus difficile le suivi épidémique et l’isolement des malades, et les volte-face sur les masques en intérieur, plus indispensables, puis de nouveau nécessaires, tout faux pour le gouvernement !
L’hôpital public à l’agonie
Alors qu’il aurait fallu renforcer le sytème hospitalier face à la remontée hivernale attendue, la politique d’austérité et de restructuration s’est poursuivie. Les personnels épuisés fuient l’hôpital public pour sauver leur peau, perdant espoir que cela change un jour. 20 % des lits sont fermés faute de personnels, 1 300 élèves infirmierEs ont démissionné cette année. Alors qu’il n’y a pas eu de grippe l’an passé, le retour en force de toutes les maladies virales montre qu’il est probable qu’il n’en sera pas de même cette année. L’épidémie de bronchiolite fait déborder les services de pédiatrie. Face à la grippe associée au covid, il n’est pas sûr que l’hôpital soit en mesure de tenir ! Défendons l’hôpital public, une prévention et une vaccination bâtie avec les populations. Le pouvoir sur nos vies passe par le chemin des luttes, avec plusieurs dates de mobilisation dans la santé, sur lesquelles nous reviendrons prochainement.




