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Défoncer la finance néolibérale : principes et méthodes

Lordon

Lien publiée le 3 juin 2026

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Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

Préalable : « La finance néolibérale », pas « la finance » tout court. On dit souvent qu’on veut faire la peau « à la finance ». Lâcher le mot « finance », aussitôt arrive son cortège d’images liées : salles de marchés, costumes trois pièces ou traders débraillés, bonus en folie, cocaïne à gogo. Avec ça, on veut en finir. On a raison. Même si, en l’occurrence, dire « la finance » est une approximation — parfaitement recevable à des fins polémiques dans la période. En toute rigueur, cependant, il faut procéder avec « la finance » comme avec « le capitalisme » : en donner le concept, qui restera une abstraction, puis en examiner les réalisations historiques successives. La finance néolibérale est l’une de ces réalisations — mais qui n’épuise pas le concept. La finance, dans son concept, se définit comme l’ensemble des institutions et des procédés qui permettent à certains agents de dépenser plus qu’ils ne gagnent pendant un certain temps. Et c’est tout. Une finance est nécessaire pour amorcer une production, c’est-à-dire pour en réunir les moyens préalables quand on n’en a pas les moyens. En d’autres termes, la finance est le système de l’avance. Tel est son concept. Il n’est pas une organisation économique à division du travail suffisamment profonde qui n’ait besoin d’un système de l’avance. Même une économie communiste appellerait une finance — une manière d’organiser collectivement les avances : en l’occurrence hors tout marché, et sous la forme d’un système fédéral de caisses économiques.

Défoncer la finance néolibérale : principes et méthodes, par Frédéric Lordon (Les blogs du Diplo, 26 mai 2026)