[RSS] Twitter Youtube Page Facebook de la TC Articles traduits en castillan Articles traduits en anglais Articles traduits en allemand Articles traduits en portugais

Newsletter

Ailleurs sur le Web [RSS]

Lire plus...

Twitter

Hausse des dépenses militaires : attention danger !

Par Gaston Lefranc (18 janvier 2017)
Tweeter Facebook

Article pour l’Anticapitaliste du 19 janvier 2017

https://npa2009.org/actualite/economie/hausse-des-depenses-militaires-attention-danger

Depuis la chute du bloc soviétique, la part des dépenses militaires (dans le PIB ou dans les budgets publics) avait chuté dans le monde, surtout dans la décennie 1990…

Aux États-Unis, les dépenses militaires représentaient environ 6% du PIB dans la phase terminale de la guerre froide dans les années 1980 sous Reagan. Elles ont ensuite chuté à 2,9% en 2000. Après le 11 septembre 2001, les États-Unis se sont réarmés (4,6% du PIB en 2009) puis ces dépenses ont baissé à nouveau avec la crise (3,3% en 2015).

En France, le budget de la Défense a diminué de 20% depuis 25 ans et les dépenses militaires représentent dorénavant 2,1% du PIB (contre 4% dans les années 1980).

En progression, mais pas partout

Depuis 2015, les dépenses mondiales d'armement progressent (+1% en 2016), mais de façon différenciée : elles stagnent dans les vieux pays impérialistes, alors qu'elles progressent fortement dans les pays « émergents » d'Asie qui connaissent une forte croissance, ainsi qu'en Europe de l'Est et au Moyen-Orient.

Les États-Unis réalisent 40% des dépenses militaires mondiales. Leur part dans le PIB diminue, mais cela pourrait changer radicalement avec Trump... En Europe, les dépenses militaires allemandes devraient augmenter de 7 milliards entre 2011 et 2020 contre 3 milliards pour la France. En outre, les déclarations de Trump considérant que les États-Unis payaient trop pour la défense de ses alliés pourraient pousser les dépenses européennes à la hausse.

Mais c'est surtout en Asie que les dépenses militaires explosent. La Chine a augmenté ses dépenses militaires de 130% au cours des 10 dernières années. L'Inde vient de voter un budget militaire en hausse de 8% et est dorénavant devant la Russie et l'Arabie Saoudite, numéro 3 derrière les Etats-Unis et la Chine. En Inde et en Chine, la part des dépenses militaires est stable dans leur PIB (autour de 2%), et c'est donc leur forte croissance qui leur permet de développer leur arsenal militaire. Au Japon, malgré la dépression économique, le budget de la défense est en hausse en 2017 pour la cinquième année consécutive (+1,4%) sous l’impulsion du premier ministre nationaliste, Shinzo Abe. Le budget militaire dépasse désormais 1% du PIB.

En revanche, la Russie et l'Arabie saoudite (après les avoir doublé en 10 ans) diminuent leurs dépenses militaires : la chute des prix du pétrole y est pour beaucoup.

Vers une montée des tensions ?

La hausse des dépenses militaires est évidemment une bonne nouvelle pour les capitalistes de l'armement qui vivent des commandes publiques. Mais elles sont globalement une « charge » puisqu'elles se font au détriment de la production de biens d'investissement qui permettent un élargissement de la production.

Alors que l'armée est au service de la classe dominante, l'enjeu pour les capitalistes est que les travailleurs/ses financent ce surcroît de dépenses d'armement. C'est largement ce qui se passe : la hausse des prélèvements pèse avant tout sur les ménages salarié-e-s pour des dépenses d'Etat qui profitent toujours plus aux capitalistes alors que les dépenses sociales sont bloquées.

Dans un capitalisme en crise, la hausse des dépenses militaires des puissances « émergentes » et les annonces de Trump laissent augurer une montée des tensions. La Chine ou l'Inde veulent se donner les moyens d'avoir des prétentions politiques à la hauteur de leur puissance économique, et les États-Unis sont déterminés à conserver leur hégémonie malgré leur affaiblissement économique. Cette configuration est porteuse à moyen terme de conflits militaires, et les armes produites n'ont pas forcément vocation à seulement impressionner l'adversaire.

Ce système devient de plus en plus barbare : il impose non seulement des politiques d'austérité de plus en plus dures, mais désormais également une hausse des dépenses les plus nuisibles pour l'humanité. Combattre pour le détruire et le remplacer par un système où les travailleurs/ses seront aux commandes est plus que jamais nécessaire.

Télécharger au format pdf

Ces articles pourraient vous intéresser :

Economie

Développer une analyse marxiste de la crise face au postkeynésianisme hégémonique dans la "gauche radicale"

Le réformisme a une très grande faculté à se renouveler en surface pour nous vendre la même camelote. Alors que nous sommes à nouveau plongé·e·s dans une crise sévère du capitalisme (dont le déclencheur est le Covid mais dont les racines sont bien plus profondes), des économistes postkeynésiens nous expliquent qu’ils et elles ont trouvé la solution magique pour sortir de la crise, réduire les inégalités et atteindre le plein-emploi dans le cadre du capitalisme : créer suffisamment de monnaie pour financer les dépenses publiques qui permettront de « garantir un emploi » à chacun·e. La théorie à la mode est la « théorie monétaire moderne » (Modern Monetary Theory - MMT en anglais) qui prétend fonder scientifiquement ce type de proposition politique. Lire la suite...

Télécharger en pdf Tweeter Facebook

Economie

À propos de la crise du bitcoin

Après avoir atteint des sommets, le bitcoin a perdu la moitié de sa valeur en un peu plus d’un mois. Elon Musk, patron de Tesla, avait mis le feu aux poudres en annonçant qu’il ne serait plus possible de payer ses véhicules en bitcoin, et c’est surtout l’État chinois, qui semblait jusqu’ici favorable au bitcoin, qui a interdit aux institutions financières du pays de proposer à leurs clients des services liés aux « cryptomonnaies ».
  Lire la suite...

Télécharger en pdf Tweeter Facebook

Histoire

40ème "anniversaire" du 10 mai 1981: la nécessité de tirer toutes les leçons de l’échec de la politique de relance de la gauche

Nous avions déjà essayé de comprendre pourquoi la politique de keynésienne de relance avait échoué, conduisant au « tournant de la rigueur » de 1983, présenté comme une « parenthèse » (par Jospin) qui ne s’est jamais refermée depuis. L’immense espoir de « changer la vie » soulevé par l’élection de Mitterrand a été très vite douché, marquant le début de la rupture de la gauche avec les milieux populaires. Lire la suite...

Télécharger en pdf Tweeter Facebook

Colombie

Colombie : La Révolte de la Dignité

La Colombie, pays de 50,34 millions d’habitant-e-s et 1,143 millions de km2, est gouvernée par Alvaro URIBE et son ventriloque, Ivan DUQUE, actuel président. La Colombie est aussi gérée de façon officieuse par Luis-Horacio ESCOBAR, cousin de URIBE et personnalité de l’ombre du monde de la drogue. Récemment, Riano BOTIA, ex-agent du CTI, services secrets colombiens, actuellement exilé au Canada, a déclaré devant la Cour Pénale Internationale que URIBE et son cousin ESCOBAR sont à l’origine de l’exportation de 10 tonnes de cocaïne vers les États-Unis et le Mexique et responsables d’au moins une centaine d'assassinats. Lire la suite...

Télécharger en pdf Tweeter Facebook