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Congrès du NPA: Critique de la plateforme B (direction du parti)

Par Tendance CLAIRE (19 novembre 2022)
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Incohérence dans l’analyse de la situation, confusion programmatique et stratégique

L’analyse de la situation semble d’abord assez juste : d’une part, « des réactions importantes existent face aux ravages du capitalisme. Cycliquement, des explosions ont lieu aux quatre coins du monde : mobilisations féministes, LGBTI, pour le climat, contre la vie chère, contre le racisme et les violences policières » ; mais, d’autre part, il n’en reste pas moins que, « du point de vue des résistances, le rapport de forces nous est défavorable, c’est la classe dominante qui est à l’offensive ». Sur ce point, la pfB est plus réaliste que la pfC (voir la critique que nous en faisons).

Pourtant, la pfB prétend aussi que « la révolution est objectivement à l’ordre du jour », de sorte que seule « la situation subjective » ferait défaut... S’agissant d’une prétention à l’analyse de la réalité, un tel copié-collé du Trotsky des années 1930 est assez curieux et d’ailleurs non étayé. D’une part, le capitalisme a continué à développer les forces productives à l’échelle mondiale, même si, pour la première fois depuis 2008, la récession semble inévitable dans la période qui vient. D’autre part, la faible combativité globale des classes ouvrières et la crise générale de la conscience de classe participent de la « situation objective », car on n’a pas affaire avant tout à des luttes révolutionnaires trahies par les réformistes et les staliniens, mais bien à une insuffisance des luttes, même sur le plan de la résistance immédiate. La révolution n’est donc pas à l’ordre du jour au niveau mondial, même s’il y a des révoltes dans des situations particulières, mais pour le moment isolées et le plus souvent vaincues.

La pfB ne conclut pas de son « analyse » qu’il soit nécessaire (comme nous pensons pour notre part que c’est toujours le cas, même de façon propagandiste) de mettre en avant un « programme de transition » qui, partant des revendications immédiates, s’articule sur l’objectif de la prise de pouvoir par les travailleur/se-s. Un tel objectif obligerait à rouvrir sérieusement la discussion sur le projet même du NPA, à le refonder pour en faire un parti marxiste révolutionnaire, un parti défendant au quotidien des analyses marxistes, l’objectif de la révolution et une stratégie d’affrontements de classe les plus poussés possibles selon la situation. Pour la pfB, le projet ultime est au mieux d’« actualiser, nous réapproprier, l’hypothèse stratégique de la "grève générale insurrectionnelle", comme projet de blocage du pays puis de réappropriation de l’outil de production qui débouche sur un affrontement entre la légitimité du mouvement des masses et celle de la classe dominante ». Ce mélange confus d’anarcho-syndicalisme non assumé et de reprise de la ligne que Mandel développait dans un contexte précis (marqué par la période allant de la grève générale belge de 1960 à la fin des années 1970, en passant par Mai-juin 1968 !) en dit long sur l’état de faiblesse programmatique et stratégique dont fait preuve la direction du NPA.

Cela étant, même cette « hypothèse stratégique de la grève générale insurrectionnelle » n’est pas au cœur de la pfB. Il s’agit plus d’un rappel identitaire que d’une ligne concrète. En fait, la pfB n’a pas grand-chose à proposer, si ce n’est le soutien, la participation et l’initiative dans les luttes les plus diverses, pour leur auto-organisation et le front unique – tout ce avec quoi nous sommes bien d’accord, mais qui ne suffit pas à définir la ligne d’un parti s’il se prétend révolutionnaire.

S’adresser à la FI/UP, mais en restant extérieur, donc sans prise réelle

L’essentiel du texte de la pfB concerne en fait le positionnement du NPA par rapport à la FI/UP, d’une part, et son fonctionnement interne, de l’autre. Sur le premier point, il est exact que « le centre de gravité de la gauche française s’est déplacé du social-libéralisme de Hollande à l’anti-libéralisme de Mélenchon. L’existence d’une opposition au pouvoir, à gauche, et d’une critique visible du capitalisme néolibéral, peut redonner confiance, en particulier dans des secteurs qui ne sentaient pas représentés, et suscite des dynamiques militantes. [...] La FI polarise l’essentiel des militant·es les plus à même de construire un projet émancipateur, anticapitaliste, que ce soit dans la jeunesse, les quartiers populaires, les mouvements sociaux. C’est à partir de ce constat que nous devons envisager la période qui s’ouvre et les tâches pour notre parti. »

Pourtant, la pfB ne propose aucun changement dans sa politique à l’égard de la FI/UP ! « Il s’agit d’assumer et de poursuivre notre orientation unitaire », non de la modifier. « Là où il existe des structures dynamiques, militantes, ouvertes, nous les rejoignons, pour y mener notre politique de combat unitaire et y faire vivre nos perspectives révolutionnaires. Dans d’autres endroits, nous poussons à la création ou au renforcement de cadres de discussion et d’élaboration d’une politique de front unique pour préparer les affrontements à venir sur les terrains des salaires, des retraites, de l’urgence climatique ainsi que de la lutte contre l’extrême droite. » D’une part, il y a ici une nouvelle confusion entre la politique de front unique en général, qui ne concerne évidemment pas que la FI/UP, et la politique particulière à l’égard de la FI/UP. D’autre part, celle-ci n’a rien de nouveau s’il s’agit seulement d’aller discuter avec ses militant-e-s, et tout le monde sait que cette position d’extériorité ne peut en influencer que très peu. Pour notre part, nous considérons que la dynamique de la FI/UP a franchi un seuil qualitatif avec la présidentielle et justifie d’y participer pleinement, non pour s’y dissoudre, mais pour y constituer un courant communiste révolutionnaire (voir https://tendanceclaire.org/article.php?id=1833). Mais la direction du NPA ne veut ni défendre réellement le programme du communisme révolutionnaire, ni participer audacieusement à la FI/UP, mais juste continuer à défendre des idées « anticapitalistes », ni vraiment révolutionnaires, ni vraiment réformistes, donc difficilement audibles. Et, tout en prétendant que « le NPA n’est pas une fin en soi » et en ayant même la lucidité, sévère mais juste, de se qualifier elle-même de « direction sclérosée », elle ne propose en fait aucun changement de cap !

Pour surmonter la crise du NPA, la direction sortante propose de ne surtout rien changer... sauf le droit des minorités !

La pfB prétend vouloir « un parti révolutionnaire large » et « un courant marxiste révolutionnaire ouvert ». Très bien ! Mais, ajoute-t-elle, « les conditions pour fonder une nouvelle organisation qui pèse beaucoup plus politiquement que le NPA, qui compte beaucoup plus de militants, bref qui permette de franchir un saut qualitatif dans la construction du parti, ne sont toujours pas réunies ». Peut-être, encore que, pour le savoir, il faudrait essayer, non tant en regardant du côté de petits courants existants (comme Ensemble) qu’en misant sur les milliers de militant-e-s de la FI qui pourraient être gagné-e-s aux idées révolutionnaires...

Mais n’est-ce pas paradoxal de regretter d’un côté l’impossibilité de construire un parti révolutionnaire qui pèse plus que le NPA et de proposer de l’autre de se débarrasser des autres courants du NPA, soit la moitié de ses militant-e-s ? Car telle est bien la proposition la plus concrète de la pfB ! Au lieu de faire le bilan de sa propre responsabilité dans l’état actuel du NPA, qu’elle dirige pourtant depuis sa fondation, la direction sortante accuse les minorités ! Le constat est sans appel : « direction sclérosée, réflexes d’appareils de chaque groupe, faiblesse de la centralisation du travail concret, formation et débats théoriques très faibles ». Mais cela n’aurait rien à voir avec la politique menée depuis des années ! Le problème principal, ce serait que « les fractions poussent à un isolement sectaire et identitaire en ne voyant dans les autres organisations non-révolutionnaires du monde ouvrier que des adversaires politiques à combattre en tout temps et en tout lieu et en prolongeant cette vision dans les désaccords internes. Toute tentative d’actualiser nos acquis programmatiques pour répondre à des questions nouvelles est ainsi taxée de réformisme voire de trahison. » Pourtant, personne n’a empêché les camarades de proposer des « tentatives d’actualiser nos acquis programmatiques » ! Y aurait-il à la tête du NPA des génies incompris-es ? Les méchantes minorités auraient-elle vraiment le pouvoir de paralyser l’élaboration des dirigeant-e-s juste en les « taxant de réformisme » ? Serait-ce là encore une taxe injuste pesant sur la majorité opprimée ?...

En fait, la pfB est tentée par la fuite en avant bureaucratique, qui est hélas une « solution » bien connue pour les directions aux abois. Sous prétexte de « centralisme démocratique » (notion qui ne figure pas dans les textes fondateurs et n’a jamais été discutée au NPA), on nous ordonne de choisir entre « acter la séparation qui existe déjà de fait » (cela rappelle le fameux « vous vous êtes mis vous-mêmes en dehors du parti », par lequel tant d’exclusions ont été justifiées...) et « mettre en place des meures capables de reconstituer un vrai parti », c’est-à-dire « limiter les structures organisationnelles concurrentielles à celles du NPA et l’expression publique systématique de micro-partis qui n’ont d’appartenance au NPA que l’utilisation de son logo » – en un mot faire taire les tendances et fractions qui, aujourd’hui, s’expriment de fait publiquement. Comme tout le monde sait que les minorités n’accepteront pas un tel diktat, la direction du NPA ferait le choix, si elle allait jusqu’au bout de son chantage, de faire exploser le parti. Espérons que les délégué-e-s au congrès, y compris élu-e-s sur la pfB, en décideront autrement !

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