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Enfin la sortie de crise ? Décryptage des derniers chiffres de la conjoncture
Suite à la publication des derniers chiffres de croissance par l'INSEE le 13 mai, ou plutôt en les anticipant une fois de plus (1), le gouvernement a entonné le refrain, déjà plusieurs fois joué, de la sortie de crise. Selon l'INSEE, la croissance au 1er trimestre 2011 par rapport au trimestre précédent a été de 1%, soit un taux de croissance annualisé (en rythme annuel) de 4% (2). Selon Christine Lagarde, « tous les clignotants sont au vert », et « les moteurs de la croissance sont, pour certains d'entre eux, à leur meilleur niveau depuis 30 ans ». Qu'en est -il réellement ? Propagande ou réelle sortie de crise ?
Regardons l"évolution des principaux agrégats économiques. La croissance du PIB est la plus forte depuis le 2ème trimestre 2011. Pourtant, la croissance de la consommation est modérée (+0,6%), la balance commerciale s'est à nouveau dégradée, et l'investissement des entreprises a certes fortement augmenté, mais moins par exemple qu'au 2ème trimestre 2010.

En fait l'essentiel de la croissance du 1er trimestre 2011 s'explique par la reconstitution des stocks. La variation des stocks explique 70% de la croissance (3). Par définition, la variation des stocks est un phénomène provisoire, et cette forte hausse (d"ailleurs très mal prévue par l"INSEE) aura pour contrepartie une baisse lors des prochains trimestres. Autrement dit, au delà des variations trimestrielles liées à la variation des stocks, la croissance reste très faible.

Pendant que la croissance de la zone euro remonte (+0,8% au 1er trimestre 2011) – avec toujours de très grandes disparités entre les pays d'Europe – la croissance des USA replonge. Nous observons depuis plusieurs années des cycles conjoncturels décalés entre les USA et l'UE. C'est aux USA que le PIB a plongé en premier en 2007, s"est redressé en premier début 2009, et on peut anticiper que le fléchissement de la croissance aux USA anticipe ce qui va se passer dans l'UE ces prochains mois. La forte reprise aux USA fin 2009 a été sans lendemain, et tant aux USA que dans l'UE, il n'y a pas eu de reprise durable de l'accumulation du capital. Aucune condition n'est réunie pour que cette reprise apparaisse comme par miracle ces prochains mois. Il faudrait pour cela en passer par une très forte dévalorisation du capital (par la guerre ou une vague immense de faillites), ce que les gouvernements cherchent à tout prix à éviter, en intervenant massivement pour venir au secours des capitalistes.

Il n"y a donc pas de solution à la crise, qui améliore la situation des travailleurs, dans le cadre du système. Par conséquent, les perspectives que nous tracions dans notre texte sur la crise présenté au congrès (4) restent toujours d'actualité.
1) Fillon a en effet crié victoire dès le 12 mai au soir (en annonçant une croissance « au delà de 0,8%), alors que la loi prévoit que personne n'a le droit de violer « l"embargo » sur la publication des chiffres
2) C'est le taux de croissance sur un an si la croissance se maintenant à ce rythme (1%) lors des 3 trimestres suivants. Le taux de croissance sur un an est donnée par la formule (1+0,01)×(1+0,01)×(1+0,01)×(1+0,01)=1,0406 soit une croissance de 4,06%
3) La contribution de la variation des stocks à la croissance du PIB est de 0,7 (pour une croissance de 1%)
4) http://www.npa2009.org/content/position-4-notre-r%C3%A9ponse-r%C3%A9volutionnaire-%C3%A0-la-crise






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