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Le Nicaragua dit non au grand canal
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
http://www.liberation.fr/monde/2014/12/22/le-nicaragua-dit-non-au-grand-canal_1168915
Menacés d'expropriation par ce chantier pharaonique, de nombreux paysans ont pris le risque de la dissidence à l’égard du tout-puissant Ortega.
L’ancien comandante sandiniste Daniel Ortega, aujourd’hui président du Nicaragua et désormais le meilleur ami des multinationales et des millionnaires de son pays, ne s’attendait sûrement pas à cela: alors que le premier coup de pioche vient d’être donné pour les travaux de son «mirifique canal» confiés à une firme chinoise, le petit pays centraméricain est en ébullition. Depuis septembre, on recense 15 marches paysannes contre ce projet mégalomaniaque qui prétend percer dans l’isthme une route de 278 kilomètres, dépasser en taille le canal de Panama, créer 50 000 emplois d’ici sa prétendue mise en œuvre en 2020 et, dans cette nation sous-développée où 42% de la population se situe sous le seuil de pauvreté, «résorber le fléau de la misère». Ni plus ni moins.
Pourtant, beaucoup de Nicaraguayens ne s’en laissent pas conter. Certains estiment que ce projet d’environ 40 milliards d’euros est une histoire à dormir debout dont le but non avoué est de développer des projets parallèles (ports en eaux profondes, complexes touristiques…) pouvant rapporter des millions de dollars à ses instigateurs, dans le grand mépris de la légalité. Dans le flot des rumeurs, des réactions rageuses se manifestent. Le 10 décembre, dans les rues de Managua, des milliers de paysans du sud du pays battaient le pavé pour dénoncer «un négoce privé entre la clique des Ortega et les Chinois». Un des leaders paysans, Orlando Rodriguez, n’hésitait pas à proclamer: «Ce que nous voulons? Le départ des Chinois. Le président Ortega est un capitaliste sauvage qui veut nous ruiner».

Alors que des techniciens et des ouvriers s’affairent à Brito, bourgade de la côte Pacifique là où doit commencer le percement -, une grande inquiétude se répand: qui sera touché par les expropriations? En juillet 2013, dans l’opacité la plus totale, Daniel Ortega a signé pour 40 milliards de dollars un accord sur cinquante ans (renouvelable une fois) avec le tycoon chinois Wang Jing, patron de la firme HKND, en vertu duquel les constructeurs ont toute latitude quant au tracé exact, à sa largeur et aux travaux herculéens que cela supposera. Dans cette «dictature molle», le journal d’opposition Elconfidencial.com estime qu’au total quelque 30 000 paysans -dont des centaines d’Indiens Ramas et Nahuas - seront expropriés au prix du cadastre (bien inférieur à celui du marché) et sans aucune possibilité de faire appel.
DÉSASTRE ENVIRONNEMENTAL
Dans ce contexte, de Rivas sur le Pacifique à Punta Gorda sur l’Atlantique, un vent de panique parcourt les populations riveraines. Rompant avec l’habituel silence des syndicats agricoles - totalement inféodés au parti au pouvoir, le Front Sandiniste de Libération Nationale, le FSLN -, de nombreux paysans ont pris le risque de la dissidence à l’égard du tout-puissant Daniel Ortega et de son épouse au poing de fer, Rosario Murillo. A l’instar d’un ancien commandant sandiniste, Victor Tirado, 74 ans, pour qui «Ortega a trahi son peuple en le bradant à des Chinois pour en tirer lui-même de juteux bénéfices».
Ailleurs, certaines voix isolées pointent du doigt le désastre environnemental qui se préparerait. Rival d’Ortega aux législatives de 2006, Eduardo Jarquin estime que la construction du Canal, «en plus d’en finir avec tout un écosystème, provoquerait la contamination, et la salinisation, du lac Cicibolca». Le lac, également appelé lac Nicaragua, est la plus grande réserve d’eau douce d’Amérique centrale avec ses 8624 kilomètres carrés. Le canal en projet le traversera sur plus de 80 kilomètres.




