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Un chercheur de disparus abattu au Mexique
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Leader d'une communauté paysanne, Miguel Angel Jiménez recherchait les corps enfouis des victimes de la violence dans l'Etat de Guerrero, dont 43 étudiants enlevés en 2014.
Certaines personnes ont le don de détecter une nappe d’eau souterraine dans la campagne. Miguel Angel Jiménez, lui, savait où creuser pour trouver des cadavres. Après la disparition de 43 élèves instituteurs, le 26 septembre 2014, dans la ville d’Iguala, les parents avaient sollicité ses services. Il avait sillonné les montagnes de l’Etat de Guerrero et mis au jour les restes de dizaines de victimes. Les 43 n’en faisaient pas partie : ils ont très probablement été réduits en cendres. Samedi, c’est lui qui a été exécuté. Son corps a été retrouvé dans un taxi, avec une balle dans la tête.
Miguel Angel Jiménez était un leader communautaire du village de Xaltianguis, à une cinquantaine de kilomètres d’Acapulco, station balnéaire jadis fréquentée par les stars d’Hollywood avant de devenir l’une des villes les plus dangereuses du Mexique. Dans les zones rurales où l’Etat est absent, les paysans se sont organisés depuis 2012 en patrouilles d’autodéfense, pour riposter au racket des cartels de la drogue (et parfois des policiers corrompus). Jiménez était à la tête d’une de ces «polices rurales», légalement inscrites auprès du ministère de la Défense et autorisées à s’armer. Ce qui a entraîné des dérives : certaines se sont alliées au crime organisé, où sont en guerre entre elles. Des témoignages signalent que Miguel Angel Jiménez avait été menacé par des villageois de Xaltianguis qui avaient fait sécession et créé un groupe d’autodéfense concurrent.
Certains des disparus d’Iguala venant de son village, Miguel Angel Jiménez avait réuni une équipe de recherche, en marge de l’enquête de la justice dont les failles ont été nombreuses. Aidé par les familles, il avait déterré les restes de 129 personnes, qu’il a remis aux autorités pour identification. La justice de Guerrero n’a jamais entrepris une telle démarche, malgré des centaines de plaintes pour disparitions. Un nombre notoirement sous-évalué, puisque beaucoup de familles renoncent à recourir à la police, qu’ils soupçonnent d’être complice des trafiquants. Les défenseurs des droits de l’homme citent le chiffre de 20 000 disparus dans tout le Mexique.




