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Hollande au grand capital : "nous avons libéralisé l'économie, ouvert les marchés à la finance et aux privatisations. Il n'y a rien à craindre"
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Dans des déclarations publiées en début de semaine dans des journaux comme The Guardian, International Herald Tribune et The Financial Times, le candidat socialiste à l'élection présidentielle se défend de toute agressivité à l'égard du monde de l'argent et dit vouloir se rapprocher sur ce thème de la position du président américain Barack Obama.
L'élu socialiste affirme aussi que la France de 1981, date de l'arrivée au pouvoir du socialiste François Mitterrand, qui avait convié des communistes au gouvernement, n'a rien à voir avec celle de 2012, où "il n'y a plus de communistes".
"La gauche a été au gouvernement pendant quinze ans au cours desquels nous avons libéralisé l'économie, ouvert les marchés à la finance et aux privatisations. Il n'y a rien à craindre", ajoute François Hollande, qui sera à Londres le 29 février.
Dans un communiqué rageur où il rappelle qu'il compte "132.000 adhérents" et "10.000 élus", le Parti communiste français (PCF) ironise : "Cela a le mérite d'être clair, les électeurs de gauche apprécieront".
Dans son premier grand meeting, le 22 janvier au Bourget, François Hollande avait désigné le "monde de la finance" comme son principal adversaire, réaffirmant sa volonté de taxer les transactions financières et de réajuster la fiscalité au détriment des Français les plus aisés.
Selon The Guardian, François Hollande a déclaré qu'il n'était pas "agressif" ni considéré en France comme quelqu'un de très à gauche en matière de la régulation de la finance. Il a dit vouloir se rapprocher à cet égard de la position exprimée par Barack Obama devant le Congrès américain.
"On pourrait dire qu'Obama et moi avons les mêmes conseillers", a-t-il dit, ajoutant que son souhait de voir la finance mieux régulée était conforme à la volonté de "l'opinion publique" européenne et des autres candidats à l'élection présidentielle, y compris le président Nicolas Sarkozy - dont l'officialisation de candidature est attendue incessamment.
GÉNUFLEXIONS
François Hollande a rendu hommage à Tony Blair, un homme "tellement intelligent qu'il n'avait pas besoin d'être arrogant". Mais il a aussi reproché à l'ancien Premier ministre britannique d'avoir "succombé à l'idée dominante selon laquelle les marchés pourraient s'autoréguler et à la notion selon laquelle les marchés et le libéralisme pouvaient être facteur de croissance (...) On a vu les conséquences."
Pour Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, les "génuflexions" de Hollande devant la City "font du mal à la gauche".
Jean-Luc Mélenchon, candidat à la présidentielle sous l'étiquette Front de gauche, note de son côté une certaine arrogance chez son adversaire socialiste. "Il y a de la part de François Hollande une attitude hautaine à l'égard du reste de la gauche qui commence à être assez insupportable", a déclaré à la presse à Paris l'eurodéputé, crédité de 7% à 9% des intentions de vote.
Eric Coquerel, son conseiller spécial, s'interroge : "Pensait-il que les électeurs de gauche ne savaient pas lire l'anglais ? En tous les cas, ses propos, s'ils ne les désavouent pas, sont désespérants".
Quant à l'ancienne ministre communiste Marie-George Buffet, elle fait un lien entre la prestation de François Hollande et celle de la star américaine Meryl Streep, qui campe l'ex-Premier ministre britannique conservateur Margaret Thatcher dans un film attendu en salles mercredi en France, "La Dame de fer".
"Ce n'est pas parce que Meryl Streep redore la beauté de Margaret Thatcher qu'il faut se laisser séduire par les sirènes du libéralisme. La gauche ce n'est pas ça", écrit-elle dans un communiqué.




