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Standard and Poor's place la Grèce en défaut partiel
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
(Les Echos) Comme elle l'avait annoncé, l'agence de notation financière Standard and Poor's a annoncé, lundi soir, qu'elle abaissait la note long terme de la Grèce de CC à SD (défaut partiel). Cette décision est motivée par le fait, a expliqué l'agence dans un communiqué, de l'introduction rétroactive de clauses d'actions collectives par le gouvernement grec sur les titres d'Etat devant faire l'objet d'une réduction de 53,5 % de leur valeur nominale et d'un échange par de nouveaux titres. L'accord intervenu entre le gouvernement grec et ses créanciers privés, officialisé la semaine dernière, a conduit Standard and Poors à prendre cette décision.
Toutefois, si l'échange de dette se concrétise, « nous considèrerons sans doute que la défaut sélectif aura été traité et relèverions le rating souverain de la Grèce dans la catégorie CCC », a ajouté l'agence. « Si un nombre suffisant de créanciers obligataires n'acceptait pas l'offre d'échange, nous pensons que la Grèce serait confrontée à un défaut de paiement pur et simple et immiment », a encore indiqué Standard and Poor's, expliquant cette dernière considération par le fait que le pays manque d'un accès au marché et qu'il ne pourrait sans doute pas compter sur des financements publics supplémentaires.
Un peu plus tôt dans la journée, l'agence Moody's, dans une note hebdomadaire, avait jugé que le risque d'un défaut de paiement de la Grèce restera élevé même après l'accord de restructuration de sa dette obtenu la semaine dernière. «L'annonce du 21 février sur un soutien à la Grèce est un important pas en avant, mais le risque de défaut reste élevé, même après que cet échange sous la contrainte (de titres de dette) aura été mis en oeuvre», a estimé l'analyste Sarah Carlson. «La charge de la dette grecque restera lourde pour plusieurs années, et le pays ne devrait pas être en mesure d'accéder au marché privé (de la dette) après la fin du second plan d'assistance», a-t-elle souligné. «Le résultat des élections, attendues en avril, constitue également un risque politique et de mise en oeuvre» des mesures, a ajouté l'agence, qui indique qu'elle développera son analyse sur ce point «dans les prochains jours».
Standard & Poor's a également annoncé lundi avoir revu à la baisse la perspective du Fonds européen de stabilité financière (FESF), à « négative » contre « en développement » jusqu'à présent, mettant en avant la moins bonne qualité de la signature de certains pays y apportant leur garantie. L'agence, qui avait ramené mi-janvier la note d'émetteurs à long terme du FESF de AAA à AA+, explique dans un communiqué que la révision à la baisse de la perspective reflète entre autres les perspectives négatives de la France et de l'Autriche, deux Etats qu'elle a privés le mois dernier de leur note suprême « triple A ».
« Nous ne prévoyons plus que les Etats membres du FESF apportent les soutiens de crédit supplémentaires assurant que ses instruments de dette à long terme soient exclusivement soutenus par des garanties d'Etats membres garants du FESF notés ‘AAA' par Standard & Poor's ou par des titres liquides notés ‘AAA' », ajoute-t-elle. Le déclassement de la perspective implique que S&P pourrait réduire la note du FESF dans les deux ans à venir.




