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Les Vénézuéliens pèsent les billets au lieu de les compter
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
(Les Echos) Le pays est victime d’hyperinflation. Le billet le plus élevé étant de 100 bolivars, les Vénézuéliens ont meilleur temps de peser les liasses plutôt que de compter les coupures.
Chaos monétaire au Venezuela. Dans le pays aux multiples taux de change , la monnaie perd tellement de valeur qu'il est de plus en plus difficile de compter les billets. A tel point que certains commerçants commencent à les peser, rapporte Bloomberg . Sur le marché noir, le bolivar a cédé près d'un tiers de sa valeur en octobre à 1.567 bolivars pour un dollar au premier novembre, selon le très populaire site dolartoday.com.
« Quand on commence à peser le cash, c'est un signe d'inflation galopante » explique Jesus Casique directeur d'une société de conseil en finance, cité par l'agence. Il n'existe cependant aucune statistique officielle, le gouvernement refusant de publier des chiffres. Les économistes en sont donc réduits au jeu des devinettes. Pour cette année, les estimations vont de 200% à 1.500%. D'après le FMI, l'inflation devrait atteindre 475% en 2016, puis 1.660% en 2017.
Les précédents historiques
Ces niveaux rappellent l'hyperinflation qui a frappé l'Allemagne dans l'entre-deux-guerres, mais aussi la Yougoslavie dans les années 1990 ou plus récemment le Zimbabwe. Dans ce dernier pays, les autorités avaient même introduit un billet de 100.000 milliards de dollars zimbabwéens pour éviter de se déplacer avec des brouettes de billets.
A l'inverse, le Venezuela rechigne encore à introduire des billets avec des valeurs faciales plus élevées. Pour le moment, le plus gros billet vaut 100 bolivars. Selon Bloomberg, les autorités auraient néanmoins secrètement lancé des appels d'offres pour la fabrication de billets de 500, 1.000, 5.000, 10.000 voire 20.000 bolivars.
«Pont aérien» monétaire
Cela pourrait permettre de mettre fin à la menace d'une pénurie de papier pour fabriquer les billets. Les autorités ont mis en place un « pont aérien » monétaire pour importer des coupures de l'étranger. La masse des billets en circulation ne cesse de progresser.
L'effondrement de la monnaie s'explique par la crise économique que traverse le pays aggravée par la chute des prix du pétrole représentant plus de 90 % de ses exportations. Le baril est passé de plus de 100 dollars en 2014 à environ 50 dollars. En janvier 2016, l'or noir est même passé sous la barre des 30 dollars . Un niveau qui ne permet pas au Venezuela de boucler son budget.
Crise politique
Actuellement, le Venezuela tente de résoudre une crise entre le pouvoir Chaviste, emmené par le président Nicolas Maduro, et l'opposition du centre et de la droite. Des discussions entre les deux doivent se tenir sous la houlette du Vatican. Ces négociations ont néanmoins du plomb dans l'aile, le président vénézuélien ayant rejeté jeudi un «ultimatum» à poursuivre le dialogue lancé par l'opposition. Celle-ci est divisée sur la question des discussions. Les antichavistes reprochent au président Maduro d'avoir plongé ce pays producteur de pétrole dans une grave crise économique en n'ayant pas su prévoir la chute des cours du brut, ni y réagir à temps.




