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Récit du rassemblement pour Théo à Barbès
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
https://paris-luttes.info/recit-de-la-soiree-du-15-fevrier-7571
Mercredi 15 février, le rassemblement prévu à 18h à Barbès a été complètement cadenassé par la police. À 20h, pour ne pas en rester là, un rassemblement spontané s’est constitué à Ménilmontant, et celui-ci s’est transformé en manifestation sauvage. Un anarchiste du 93 raconte ce qu’il y a vécu.
Un nouveau rassemblement, pour Théo et toutes les victimes de la police, en solidarité avec Aulnay et tou-te-s les inculpé-e-s, avait lieu ce mercredi 15 février à 18h, à Barbès, dans le XVIIIe arrondissement, sans surprise sous haute surveillance policière.
Quelques centaines de personnes étaient présentes, mais toutes les tentatives de départ en manif sauvage ont échoué. Toutes les rues partant du croisement du métro Barbès-Rochechouart ont été bloquées par différentes sortes de flics anti-émeute, appuyés ici et là par des bacqueux aussi méprisables qu’haïssables.
Après une première tentative sur le boulevard Barbès (vite bloqué par des CRS protégés par des grilles), le rassemblement s’est dirigé à plusieurs reprises sur le boulevard de la Chapelle et sur le boulevard de Magenta, en vain. Des affrontements ont eu lieu avec la police, et si les flics ont mangé quelques projectiles, ils ont surtout réussi à chaque fois à nous repousser en chargeant comme des brutes et en usant pas mal de gazeuses et grenades lacrymogènes. Comme souvent, les lacrymos ont incommodé les manifestant-e-s, les passant-e-s et les habitant-e-s du quartier, sans disctinction.


Pendant tout ce temps, il y a eu quelques rares actions antipub et tags, et beaucoup de slogans criés : "Flics, violeurs, assassins", "Tout le monde déteste la police", "La police est raciste", "Siamo tutti antifascisti", "Justice pour Théo" ou encore "Pas de justice, pas de paix". Un feu a aussi été allumé sur le boulevard de la Chapelle, plus tard éteint par les flics eux-mêmes.
Ne réussissant pas à sortir de l’énorme nasse policière, la plupart des manifestant-e-s ont peu à peu essayé d’en sortir. Les flics ont laissé passer les gens au compte-goutte, bien souvent moyennant une palpation et une fouille des sacs. Des bacqueux ont parfois tenté des incursions pour choper des gens, mais à ma connaissance ils ont toujours foiré, grâce à la solidarité des manifestant-e-s et de certain-e-s habitant-e-s du quartier.
Le mot avait tourné qu’un autre RDV était donné à Ménilmontant, aux alentours de 20h, pour envisager quelque chose de plus enthousiasmant.
Là-bas, vers 20h, il devait y avoir environ 200 personnes, dont un peu plus de la moitié ont décidé de partir en manif sauvage, en prenant un chemin semblable à une des manifs sauvages du mardi 7 février. Direction les beaux quartiers, donc. On prend la rue Oberkampf, et l’ambiance monte progressivement. Des poubelles sont renversées, du mobilier urbain de toute sorte est placé en travers de la route pour empêcher les flics de nous suivre facilement.
À peu près les mêmes slogans qu’à Barbès sont criés (avec quelques autres du genre "Un flic, une balle, justice sociale" démontrant une certaine rage). Des tags apparaissent sur les murs ("Révolte pour Théo", "Mort au capitalisme", "Nik la police"). Sur un bus, une pub pour devenir gardien de prison est détournée à la peinture comme il se doit (à vos marqueurs et vos bombes de peinture, ça continue de recruter pour un des pires jobs qui existent sur cette planète...). Des caméras de vidéosurveillance sont repeintes, des journalistes et leurs caméras et appareils photo éloigné-e-s tant que possible.


Plus on avance, plus la détermination collective se fait sentir. Du matos de chantier traîne sur le chemin, de nombreuses vitrines prennent des coups : des banques, des agences immobilières, des magasins de luxe, tout ça sur la rue Oberkampf puis rue des Commines dans le IIIe et sur la rue de Turenne qui prend pas mal de coups... Une autoréduction du magasin de vêtements Melchior y a lieu sous les hourras des manifestant-e-s ! Les chemises volent au milieu de la manif sauvage.


Un peu avant 21h, les sirènes de police se font entendre et les premiers véhicules de flics apparaissent. C’est un peu la panique côté manifestant-e-s, ça se disperse dans tous les sens, et les flics arrivent en nombre d’un peu partout, en scooter, voiture ou fourgon. C’est vraiment chaud, a priori plusieurs interpellations sont à déplorer à ce moment-là. Les flics nous ont chassé-e-s jusque les quais de Seine et sur l’île Saint-Louis !

C’est à réfléchir pour les prochaines fois. La semaine dernière ça avait déjà été compliqué d’esquiver les flics dans ce quartier de bourges aux rues à moitié désertes. Cette fois, ça a été encore plus stressant. Ces quartiers, on ne les connaît pas, on n’y ressemble pas (certain-e-s encore moins que d’autres, d’ailleurs).
C’est génial de les attaquer, ils ne méritent que notre haine de classe et l’expression de notre colère. Mais penser à la fuite reste nécessaire. Se fondre dans la masse des gens est quand même plus rassurant que de devoir jouer à cache-cache avec la police dans des quartiers bourgeois...
Cela dit, c’est vraiment super de vivre ces moments ensemble.
Multiplions les moments de lutte et de rencontre, à Paris et partout en banlieue !
Pour Théo et tou-te-s les autres, contre les flics et la société raciste-capitaliste qu’ils protègent : rage et solidarité.
Un anarchiste du 93




