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Manifs étudiantes : «On n’est pas nombreux, mais on a l’espoir de faire reculer le gouvernement»
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Pour la troisième semaine consécutive, lycéens, étudiants et enseignants ont défilé à Paris pour dénoncer les réformes de l’accès à l’université et du baccalauréat. Une mobilisation bien plus faible que lors des dernières manifestations, déjà plutôt timides.
«Ça ne sert rien !» lance un étudiant lors du démarrage du cortège contre les réformes de l’accès à l’université et du baccalauréat, place de la Sorbonne, à Paris ce jeudi. Raccord avec ce cri du cœur, le découragement était de mise chez certains, alors que sous une pluie battante, à 12h30, seuls quelques milliers de personnes essayaient tant bien que mal de s’abriter. Pour la troisième semaine consécutive, lycéens, étudiants et enseignants ont défilé à l’appel de plusieurs syndicats, dont SUD-Education, SNES-FSU, CGT-Educ’action ou encore l’Unef. Si la mobilisation était en hausse le 6 février, le soufflet est rapidement retombé.
Aux cris de «la sélection, c’est dégueulasse, la réforme du bac, c’est dégueulasse», mais sans grand élan, les manifestants ont rallié Denfert-Rochereau dans un calme relatif, puisque quelques échauffourées ont émaillé du cortège en fin de parcours. Malgré le fait que la mobilisation peine indéniablement à prendre, les militants présents, majoritairement des étudiants, veulent encore y croire et espèrent encore peser sur les nouvelles modalités d’accès à l’enseignement supérieur et la réforme du bac annoncée, mercredi, par le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer. «On n’est pas nombreux, mais on a toujours l’espoir de faire reculer le gouvernement. Il est important que le bac demeure le seul critère pour accéder à l’université», insiste Camille, 22 ans, étudiante en philosophie à la Sorbonne. Comme la jeune femme, Jean, 19 ans, étudiant en histoire dans la même fac, a participé aux trois rassemblements. Il déplore : «Il y a énormément de résignation chez les jeunes. Beaucoup disent qu’ils sont contre ces mesures, mais ne viennent pas aux manifestations.»
«On se doit d’essayer, c’est notre avenir qui est en jeu»
Si certains étudiants estiment que la faible mobilisation est en grande partie la conséquence de mauvaises conjonctures météorologiques, Dominique Chauvin, professeur de maths dans un lycée de Seine-et-Marne, a une autre explication : «Les mesures s’enchaînent à une vitesse énorme, cela produit un étourdissement chez les gens. Ils commencent à comprendre un truc, puis ça passe à autre chose. Ils n’ont pas le temps de se mobiliser.» Alet Valero, professeur d’histoire contemporaine hispanique à l’université Toulouse-Jean-Jaurès, est, lui, perplexe : «Il y a un changement considérable, ça devrait mobiliser énormément de gens. Une fois que le verrou aura sauté, ce ne sera pas possible de revenir en arrière. Pour mobiliser d’avantage, il faut organiser des actions, expliquer ce qu’il en ressort dans les amphis.»
Les quelques lycéens ayant fait le déplacement gardent tout de même l’espoir chevillé au corps, comme Clémentine, 15 ans, en seconde dans un lycée parisien : «On a participé à toutes les manifestations, celle-là est bien moins forte, mais on va tout de même passer à la télé, Macron va bien voir ça à un moment ou un autre. Je ne sais pas si c’est assez pour faire plier le gouvernement, mais on se doit d’essayer, c’est notre avenir qui est en jeu.»




