Agenda militant
Ailleurs sur le Web
![S’abonner au flux RSS [RSS]](images/rss.jpg)
- Mathilde Panot au grand oral de BFMTV (06/09)
- "ON NE POURRA PAS TOUT SAUVER" : préparez-vous à choisir - Jean-Marc Jancovici (06/09)
- Mélenchon à la GRande Braderie de Lille (05/09)
- Lordon : IA, le mur (04/09)
- À QUOI RESSEMBLERAIT LE MONDE SANS CAPITALISME ? (04/09)
- Manu Bompard sur France Info ce vendredi (04/09)
- Les deux racismes qui ont assassiné Jason Arday (04/09)
- États-Unis : de l’explosion des inégalités économiques à la crise de la reproduction sociale (02/09)
- Septembre chaud (01/09)
- NON à la candidature Roussel, OUI à l’alliance de la gauche radicale ! (01/09)
- Lordon : Le frigo, l’euro et le plan B (31/08)
- 5 rapporteurs spéciaux de l’ONU dénoncent le harcèlement judiciaire et politique subi par Rima Hassan (31/08)
- Marine Le Pen peut-elle encore perdre l’élection présidentielle ? (31/08)
- Après le Liban, Netanyahou veut-il porter la guerre en Syrie ? (31/08)
- Les Islandais rejettent une reprise des négociations d’adhésion à l’UE (31/08)
- Chantage à l’exil fiscal : pourquoi les plus fortunés ne quittent presque jamais la France (30/08)
- Manuel Bompard, invité du Grand Jury dimanche (30/08)
- Mouvement anti-CPE en 2006 : comment et pourquoi a-t-il éclaté ? (29/08)
- Combiner les théories féministes de la reproduction et l’économie : les modes de reproduction (29/08)
- Le Berger d’Alep, de Stéphanie PEREZ (27/08)
- "2027: peut-on encore y croire?" avec Rémi Lefebvre, Aude Lancelin et Harold Bernat (27/08)
- Le grand fossé de l’accès aux soins en France : quand la santé devient un privilège (26/08)
- BRICS : le mythe d’une alternative pour le Sud global (26/08)
- Est-ce la fin du socialisme à Cuba ? (24/08)
- Noël Godin, le comique belge et célèbre "entarteur", est mort à l’âge de 80 ans (24/08)
Liens
Pologne, mars 1968
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
https://npa2009.org/idees/histoire/pologne-mars-1968
En 1956, c’est l’Octobre polonais : une mobilisation des masses plébiscite à la tête du parti au pouvoir son ancien secrétaire général, W. Gomulka, exclu en 1948 et emprisonné en 1951. Dès 1957, Gomulka entreprend de « normaliser » le pays, mais la gauche d’octobre poursuit la critique du régime bureaucratique. Les emprisonnements, en 1964, de ses porte-parole, J. Kuron et K. Modzelewski, ainsi que des militants trotskistes L. Hass et K. Badowski, n’ont pas mis fin à sa lutte. Bien que normalisé, le régime bureaucratique est en crise.
« Indépendance sans censure »
C’est dans ce contexte que le 16 janvier 1968 le ministère de la Culture annonce que la représentation des Aïeux du grand poète polonais Adam Mickiewicz, dénonçant l’occupation tsariste de la Pologne, ne pourra plus être jouée après le 30 janvier. Ce jour-là le public applaudit l’acteur qui dit « Je connais la liberté que donnent les Moscovites… ». À la fin du spectacle les cris « indépendance sans censure » sont scandés et plusieurs centaines de personnes partent en manifestation, à l’initiative des étudiants de la gauche oppositionnelle. La police intervient, arrête 35 personnes.
Le lendemain, les étudiants lancent une pétition contre la censure des Aïeux et « la politique qui s’écarte des traditions progressistes de la nation polonaise » : 3 000 signatures à Varsovie et plus de 1 000 à Wroclaw. Le 29 février une assemblée générale de l’Association des écrivains de Varsovie vote une résolution contre la politique culturelle du régime et les écrivains dénoncent « une dictature des ignorants ».
Mobilisation étudiante et répression
Le régime réagit brutalement. Les dirigeants de l’opposition de gauche étudiante, A. Michnik et H. Szlajfer, sont exclus de l’université par le ministre. Le 8 mars les étudiants de l’université de Varsovie adoptent une résolution : « Nous ne permettrons à personne de piétiner la Constitution, […] de nous priver du droit de défendre les traditions démocratiques et indépendantistes de la nation polonaise. Nous ne nous tairons pas face à la répression ». La police intervient brutalement contre leur meeting, mais ils partent en manifestation. Le lendemain l’École polytechnique rejoint la grève. Des assemblées générales, des grèves étudiantes se répandent à Cracovie, Wroclaw, Gdansk, Poznan, Lodz, Torun, Lublin et Katowice. Des lycéens rejoignent les manifestations. Le 28 mars, une déclaration du mouvement étudiant exige la liberté d’opinion, d’organisation, la suppression de la censure, la transparence de la vie publique, le contrôle social des biens d’État et le respect des droits constitutionnels.
Le régime répond par la répression : 2 700 arrestations, 262 procès, condamnations des militants de l’opposition de gauche. Six facultés sont dissoutes, plusieurs milliers d’étudiants suspendus de leurs droits, le parti est nettoyé (8 000 exclusions), des dizaines d’universitaires et hauts fonctionnaires licenciés. Le régime entreprend une campagne antisémite à la suite de laquelle plus de 15 000 personnes quittent le pays.
À Paris, les JCR organisent une manifestation devant l’ambassade de Pologne, le 22 mars, exigeant la libération de Kuron et Modzelewski, de nouveau arrêtés en mars 1968, et de leurs camarades. Et la Lettre ouverte au Parti ouvrier polonais, écrite par ces deux opposants, est publiée en France, en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Italie… et même au Japon ! Une tentative de ressusciter l’internationalisme sans tenir compte des « rideaux de fer ».
Jan Malewski




