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L’opposition vénézuélienne explose
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
https://www.editoweb.eu/nicolas_maury/L-opposition-venezuelienne-explose_a12889.html
La Table de l'unité démocratique (Mesa de la Unidad Democrática, MUD), la soit-diant opposition démocratique à Nicolas Maduro, vient d'exploser après l'annonce de la candidature d'Henri Falcón - article et traduction Nico Maury

Au Venezuela, les inscriptions des candidats pour la présidentielle anticipée du 22 avril se sont terminées ce mardi soir.
Le président Nicolas Maduro, candidat à sa réélection, s'est officiellement inscrit dans l'après-midi. En face, la coalition d'opposition, la MUD, a assuré dès la semaine dernière qu'elle ne participera pas à l'élection. Et pourtant Henri Falcón (directeur de campagne de l'opposant Henrique Capriles contre Nicolas Maduro lors de la présidentielle de 2013) sera présent dans la course présidentielle.
Il a avec lui une partie des forces de l’opposition issue de la MUD : l'Avancée Progressiste (AP), le parti Mouvement vers le Socialisme (MAS) et le Parti Social-chrétien COPEI.
Un camouflet pour Rex Tillerson et la diplomatie européenne qui faisait du boycott des présidentielles un alibi pour décréter de nouvelles sanctions contre le Venezuela.
D'autres candidatures viennent s'opposer à Nicolas Maduro : Javier Bertucci (Maranatha Venezuela), Francisco Visconti (Frente Amplio Nacional Bolivariano), Reinaldo Quijada (Unité Politique Populaire 89) et le chef d'entreprise Luis Alejandro Ratti.
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(Libération) L'ancien chaviste est le seul prétendant de poids face au sortant archifavori. L'opposition a choisi de boycotter le scrutin présidentiel en mai.
Le président socialiste du Venezuela, Nicolás Maduro, a officialisé mardi sa candidature à l’élection présidentielle anticipée fixée au 22 avril, mais repoussée jeudi à «la deuxième quinzaine de mai». Malgré son impopularité (les sondages le créditent de 30% d’opinions favorables), il est quasiment certain de triompher lors de ce scrutin boycotté par la majorité de l’opposition, la coalition MUD (Table d’unité démocratique), ayant décidé de ne pas participer au vote pour dénoncer un «simulacre d’élection». En avançant la date du scrutin prévu pour décembre, le pouvoir a cueilli à froid l’opposition au moment où elle étalait ses divisions. Avec ses principaux leaders mis hors jeu par des condamnations judiciaires, la MUD n’a pas le temps de trouver un candidat de consensus. Il est peu probable que le nouveau délai modifie sa décision.
Jeudi, seuls quelques adversaires potentiels s’étaient manifestés, dont deux pasteurs évangéliques qui aspirent à imiter le prédicateur ultraconservateur Fabricio Alvarado, favori du second tour de la présidentielle au Costa Rica, le 1er avril. Sans la moindre chance d’y parvenir. Il s’agit de Javier Bertucci, qui se proclame «la lumière au milieu des ténèbres», et de Luis Alejandro Ratti, un homme d’affaires réputé proche du chavisme.
«Cheval de Troie»
Le seul candidat à avoir un poids dans le débat politique vénézuélien est Henri Falcón, militaire à la retraite, avocat, gouverneur de l’Etat de Lara jusqu’en octobre, et ancien maire de Barquisimeto, la quatrième ville du pays. Lui aussi ancien chaviste qui a pris ses distances en 2010, il a créé le parti Avancée progressiste (AP), la seule formation de la MUD a ne pas suivre la consigne de boycott des urnes. La décision de Falcón, 56 ans (un de plus que Maduro), est mal vécue par le reste de la coalition. Elle le qualifie de «cheval de Troie» du régime bolivarien, qui fait le jeu de Maduro en crédibilisant son élection.
Le fait que les prétendants en lice ont tous des liens (présents ou passés) avec le chavisme fait soupçonner des candidatures suscitées par le régime pour donner un semblant de légitimité à un scrutin joué d’avance. Une grande partie de la communauté internationale a émis des doutes sérieux sur l’honnêteté de l’élection présidentielle. La chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a appelé lundi le Venezuela à garantir «des élections crédibles», en brandissant la menace de nouvelles sanctions de l’UE. Mardi, le ministre des Affaires étrangères du Venezuela, Jorge Arreaza, a indiqué avoir demandé au chef de l’ONU, Antonio Guterres, d’envoyer des observateurs pour surveiller le bon déroulement du scrutin. Maduro a lui-même lancé un appel à José Luis Rodríguez Zapatero, ancien chef du gouvernement espagnol.




